lundi, 29 mai 2006
Adieu Cannes, bon débarras
Dimanche. 28 mai. C'est l'heure de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes. Une 59ème édition bien consensuelle avec un jury ayant accompli le minimum syndical en dévoilant un palmarès sans ambition et surtout très politiquement correct.
On commence avec les prix d'interprétation. Cette année ce sont des prix collectifs qui ont été remis. Oh quelle surprise, ce sont les équipes de comédiens de Volver et d'Indigènes qui reçoivent la consécration... même si la qualité des acteurs est indéniable, faut-il remettre des prix collectifs faisant office de lots de consolation pour les oeuvres qui n'obtiennent pas la Palme d'Or (histoire de ménager la susceptibilité des réalisateurs) ?
Viennent ensuite le Grand Prix du Jury et la Palme d'Or : on prend les mêmes et on recommence. Oh ! Ken Loach en roi de la soirée, quelle originalité !
Seul moment intéressant de la soirée: la présentation de Vincent Cassel, qui casse les codes instaurés par des actrices midinettes, obligées de faire la roue devant un parterre de "futurs employeurs potentiels".
Faut-il renouveller le festival, évènement plus médiatique et publicitaire qu'artistique ? On serait en droit de le croire. Certaines choses m'agacent de plus en plus : les longs plans lors de la cérémonie de clôture sur les "égéries" de L'Oréal qui parraine l'évènement, les lauréats tout juste satisfaits de leur sort, les producteurs qui sortent des films de manière à ce qu'ils soient présentés en compétition (pratique courante chez Almodovar, Loach et Von Triers). Les célébrités qui montent les marches ne font plus rêver. Même si je parle ici de lieux communs il faut quand même reconnaître que les stars hollywoodiennes ont laissé la place à des personnes ordinaires, justes satisfaites de gravir les quelques marches rouges de l'entrée du palais des festivals. Cannes la majestueuse est devenue au fil du temps Cannes la vulgaire. Adieu Cannes et malheureusement à l'année prochaine.
08:40 Publié dans Cinéglu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 12 avril 2006
Francis Weber est-il la doublure des constructeurs automobiles ?
En me rendant ce samedi après-midi à la séance de 15h de "La doublure" -énième film franchouillard de Jacques Weber avec en vedette François Pignon - je me suis dis : "je vais passer un bon moment de détente avec un cinéma bon marché et pas trop compliqué".
Certes le film est plutôt satisfaisant : dialogues parfois subtils, situations cocasses, acteurs convaincants (enfin je parle surtout de Daniel Auteuil car les autres font office de fades passe-plats). Bref un agréable moment de cinéma même si la morale gauche caviar de l'histoire _seuls les gens pauvres sont vraiment heureux_ plombe l'ensemble. Mais une chose m'a réellement gêné dans le film: la publicité.
Oui je parle publicité car on pourrait difficilement qualifier le matraquage de marques automobiles pratiqué par le réalisateur de simple clin d'oeil (ouh alors lourd clin d'oeil !). Ils y passent tous ou presque et sont cités sans retenue dans les dialogues (style "vous trouverez une audi noire dans la cour") : citroën, bmw, audi... des gros plans sur deux porshe et ferrari, une vel satis bénéficiant d'un long traveling... c'en est trop. Il aurait peut-être été préférable de faire un film sur les voitures, ce qui aurait sans doute coûté moins cher. Le sponsoring du cinéma est certes utile lorsqu'il est dosé avec parcimonie mais là c'est du foutage de gueule. Pour le prochain Weber, que diriez-vous d'un film "électro-ménager" ou "servettes hygiéniques" ?
15:05 Publié dans Cinéglu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 15 février 2006
Les bronzés sont ridés
En allant voir les Bronzés 3 : Amis pour la vie, je n'avais pas d'a priori quant au contenu du film. De l'avis général, cette oeuvre majeure
du cinéma français était un moment agréable de divertissement où le cerveau n'était pas mis à rude épreuve (et c'est tant mieux). Je devais donc me joindre aux 7 millions de spectateurs prêts à aider les producteurs à rentabiliser le film qui doit atteindre impérativement 10 millions d'entrées.
Confortablement installé dans la salle, le film commence. Le film est encore jeune, les acteurs ont vieilli et c'est peut-être cela qui m'a le plus dérangé. Pendant 1h38, Patrice Leconte nous offre une superbe carte postale de Sardaigne côté mer (larges plans sur la méditerranée grâce à d'haletantes courses en jet ski) et côté terre (les routes de cette magnifique région ne seront plus un secret pour vous).
Quant au fond, rien de bien nouveau sous le soleil italien. Les gags sont connus et parfois même éculés (le marivaudage était beaucoup plus incisif à la fin des années 70). Si les acteurs assurent s'être beaucoup amusés on peut en douter quand on voit le résultat. Seul le couple Balasko/Jugnot tire son épingle du jeu en couple de beaufs vraiment convaincant (sauf pour la fin que je ne vous ferais pas l'affront de dévoiler). En ce qui concerne les autres, c'est plat, sans saveur et on se demande même si tout le battage autour du film était nécessaire. Oui c'est un évènement, mais surfer sur la nostalgie n'a pas que des bons côtés surtout au cinéma. Mais qui sait, peut-être que ces Bronzés-là deviendront culte... dans 20 ans ?
21:45 Publié dans Cinéglu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










