Je ne m'aime pas suffisament pour me parer de millions de vertus, je sais toutefois me reconnaître quelques qualités. Parmi celles-ci, je dirais qu'il y a la tolérance. La compréhension de ce qu'est l'autre même si c'est parfaitement antinomique avec ce que je suis profondément.
Il me semble que dans l'ensemble, si je suis une vraie pipelette capable de me moquer gentiment mais pas d'attaquer en règle, je suis vraiment capable d'accepter que mes amis soient complètement différents de moi. Je ne les aime pas parce que ou malgré le fait qu'ils sont différents mais je les aime comme ils sont c'est tout.
- Il ne me viendrait pas à l'esprit de courir un marathon ou de faire du sport 5 jours par semaine, est-ce que je regarde mes amis comme des détraqués pour autant ?
- Je suis plutôt du genre pas du tout encline à aimer être ivre pour m'éclater, savoir que mes potes ne savent pas où ils habitent certains soirs quand je les quitte ne m'empêche pas de les revoir.
- Si un jour j'ai des enfants, je sais que je n'aurai pas envie de les allaiter trop longtemps, est-ce que je suis choquée de savoir que pour certaines amies, il s'agit là de plus que d'un simple geste alimentaire ?
- Je ne crois pas en Dieu, j'ai peu de respect pour les instances cléricales et pourtant parmi mes amis se trouvent des personnes croyantes et pratiquantes avec qui j'ai des discussions trèscalmes et constructives.
Eh bien ce qui me peine, c'est que parfois, je me prends des remarques tout à fait malaimables sous prétexte que mon mode de vie n'est pas celui de mon entourage : lire la presse people, avoir la télé, regarder la nouvelle star (ou pire, regarder TF1), ne pas être saoule, aimer Lorie, ne pas détester les américains... C'est NUL ! C'est POURRI ! C'est de la MERDE !
Alors j'entends déjà claironner les : "mais tu t'en fous, assume ce que tu es, tu les emmerdes."
Oui, j'entends bien.
Mais.
A la 30.000ème fois, ou alors les jours de fatigue, se prendre ce style de remarque, ça m'agresse. Au sens 1er du terme. Sincèrement, je trouve ce type d'attitude violent.
Et vous savez ce qui me heurte le plus ? C'est que les gens qui me jugent le plus vsystématiquement sont en fait ceux qui s'élèvent le plus fort contre tous ces bien-pensants arriérés. Je n'ai pas la patience ou les bons mots pour argumenter alors je me tais la plupart du temps mais j'aimerais être en mesure de leur montrer le paradoxe absolu de leur attitude à mon égard...