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vendredi, 27 juin 2014

les bulles

La magie de ces sphères translucides et irisées qui prennent vie sous le souffle qu'il faut savoir doser si on ne veut pas qu'elles meurent avant même d'être nées.

On oublie trop le pouvoir hypnotique et merveilleux de ces fragiles créations de savon.

J'aime observer les enfants experts ou débutants. Parce que tous, chaque fois, ont sur le visage la fierté des bulles créées. Elles s'envolent et ils sourient, ils rient, ils sautillent, ils courent après. On tente de les attraper ou au contraire, on les regarde voguer sur les courants d'air selon que le moment est à l'excitation ou à la contemplation.

Parfois, elles créent l'explosion de rire merveilleuse des tout-petits. Le rire spontané et encore sans limite qui fait monter aux joues un sourire complice irrépressible. Le son qui prend aux tripes, qui crée du bonheur et de la sérénité. Le son qui fait croire que tout peut aller bien encore puisque la spontanéité et l'abandon sont encore là. Ces fous rires, ce sont mes moments de vie préférés. Absolument rien jusqu'à présent n'a réussi à m'émouvoir à ce point.

Et les bulles sont capables de ça.

Alors comment ne pas comprendre l'incompréhension et la colère de l'enfant qui n'a plus de bulles ?
Comment ne pas partager la frustration de cette absence de magie ?

Je la comprends très bien parce que j'ai toujours des bulles à naître pas loin de moi. Au milieu des livres chez moi et derrière le téléphone au bureau.

Oui, comment ne pas comprendre quand il s'agit de mon anti-stress préféré ?

Mieux que le mutisme ou le jet de clavier sur le bureau, les moments où je fais des bulles disent à mes voisins mon besoin d'évacuer.
Ces instants de concentration extrême pendant lesquels je souffle à travers la membrane de savon emprisonnée sur le bâton rose que je tiens à la main me recentrent et m'apaisent. Je suis entièrement fixée sur l'explosion de bulles que je souhaite créer. Et mon cerveau est alors hermétique quelques instants à tout agacement extérieur. Parce que tout ce que je souhaite à l'instant où je souffle -fort mais pas trop- c'est que la beauté des bulles viennent modifier le prisme de ma vision de mon environnement que je trouve si moche à ce moment-là.

Alors je souffle et je sens que même si tout n'est pas réglé, je suis un peu plus légère. J'ai expulsé dans les bulles une partie des grrumbl. La magie des bulles fait son œuvre, comme si j'avais 3 ans.

Ou deux et demie.

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lundi, 30 décembre 2013

Sourires intérieurs

Londres. Maman. Mes sœurs.

Trois fois par an, on se parle. Chaque fois, on se dit sans le dire combien on compte, par le biais d'anecdotes, de détails futiles du quotidien et de sincères encouragements et marques de confiance.

La manucure au bureau.

Je l'observe, minuscule et chevelue, et parfois, spontanément, elle me sourit, pas comme un sourire aux anges, comme si elle me reconnaissait. Bien sûr que ce n'est pas le cas, mais comme moi je souris juste en pensant à elle, j'aime imaginer qu'elle fait pareil.

La sonnette de la porte d'entrée pour moi alors que je ne suis pas chez moi.

Regarder Arthur à la télé sur mon canapé, la tête un peu intriguée par ce qu'il se passe à quelques numéros de là. Espérer que tout se passe bien en profitant de la pizza et des macarons, chacune sous un plaid et devant son propre écran. Comme d'hab, juste sur un canapé différent.

Le simple fait que my twin existe.

Comme chaque fois, je suis à la fois impatiente et intimidée à l'idée de la voir. Ils m'attendent chez eux, le train est un peu en retard, ça m'inquiète. Et pourtant, une bouteille de champagne plus tard, on est tranquillement en train de lister nos villes de France préférées en grignotant du fromage et de la pâte de coing maison.

Bientôt la piscine sur le toit.

J'ai enfin trouvé le chemin vers l'auto-protection, celui qui me permet de cesser de me torturer quand je dois choisir entre me préserver d'une situation qui me rend malade et ma compassion naturelle pour mon entourage. Je crois que petit à petit, je deviens aussi importante à mes yeux que les autres.

Le Madidon Square Garden. Enfin.

Cette sensation tenace d'avoir enfin renoué avec les Noëls que j'aime. Ceux avec des grognons, trop à manger, des fois rires, de la complicité, des tantes en froid, des traditions maintenues, un oncle alcoolisé, des nouveaux à table, des parties de mime, de l'amour, des chants de Noël toute la journée.

Les fous rires qui reviennent peu à peu.



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dimanche, 07 juillet 2013

les perles de petites joies

 

Grignoter des cerises directement dans l'arbre entre deux verrines créées sur le moment, pour rendre dînatoire cet apéritif avec la voisine qui semble vouloir durer. Découvrir son jardin et la regarder sourire et s'animer alors qu'elle semblait si triste plus tôt dans la journée.

En à peine plus d'une heure, on a réussi à parler voire débattre de la peine de mort, de l'évolution des performances scéniques de M et des endroits où il fait bon vivre, tout ça alors qu'on ne s'était jamais vu avant. Comme ça, sans temps mort mais sans précipitation non plus.

Je respire par le ventre et je pars réaliser les défis que je me lance. Ça marche, ça avance, ça fait augmenter le cliquet de ma sérénité. (Si si je râle toujours, ne vous inquiétez pas c'est toujours moi!) J'ai réussi de belles choses, vécu des expériences uniques.

De la pastèque au clair de lune d'un soir très frais, en parlant de soi et des autres, un petit caillou de plus sur le chemin de notre jolie histoire. Vue sur le sacré cœur et bienveillance des hôtes comme un cadeau supplémentaire.

Pendant qu'il joue à la console, je regarde boardwalk empire. Pendant qu'elle cherche sur internet des info sur secret story, je lui demande ce qu'elle veut pour le petit dej de demain. Me voila à jouer à la maman pendant 2 jours avec ces enfants qui ne sont pas les miens mais que j'aime presque comme si.

Le chinois, la communication, les outils informatiques... toutes ces formations comme autant de moyens de rencontrer les autres. Les autres comme 15 ans plus ou moins jeunes que moi, comme scénaristes ou informaticiens, comme mariés ou jamais casés, comme jamais d'accord. Comme autant de regards extérieurs sur moi pour m'assurer que j'ai raison de ne plus transiger avec moi.

Il me semble que j'ai trop bu, pas au point cependant de dire que je suis saoule, mais juste avant, quand je peux m'extraire intégralement du moment sans plus craindre le jugement des autres. De toute façon, mon cerveau est épuisé de passer par toutes ces langues que je maîtrise plus ou moins bien, je vais plutôt renifler mon whisky.

dimanche, 28 avril 2013

Petits mais costauds

De la crème fouettée maison, accompagnée de fous rires, de promotion canapé et de gens bienveillants. L'improvisation d'un samedi soir parfait. Je sais pas si on a le droit de le dire si vite, si tôt, dans une relation mais je crois que je vous aime.

Le vieux jeu sorti du placard. L'équipe de choc. On a parié et on a perdu, tout ça à cause du cri du poulet. Mais qui connait le cri du poulet ?

Je danse sur la glace, dans la patinoire éclairée par les spotlights et emplie à la machine à fumée. Je patine sans me tenir à la rambarde, je découvre cette personne nouvelle et je souris très grand.

Penser au kiwi et sourire. Irrépressible.

Rouler à 240km/h, pas comme si j'étais poursuivie, pas comme si je voulais arriver la première à destination. Juste pour partir nulle part, en écoutant la musique très fort, dans le silence assourdissant de nos pensées divergentes.

Björk, un sandwich à dix euros, l'hypnose du concert, du babillage sans conséquence. L'amour. C'est tout.

Les parisiens, ces connards. La générale. Son sourire un peu rêveur, beaucoup ailleurs. Des petits gâteaux. Une chute par jour. Ses encouragements l'air de rien. Le silence, profond et limpide, pendant la remontée vers la prochaine piste.

Sortir de chez le coiffeur, se trouver pas mieux et puis apprivoiser ce nouvel air. Et l'aimer.

Les blagues que seules les copines de la fac peuvent comprendre, avec toujours cette alchimie quand on se voit, qui fait que je ressors reboostée pour des jours.


Je n'ai strictement aucune idée du moment où je reprendrai le contrôle, peut-être jamais, probablement que c'est bien.

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