lundi, 30 décembre 2013

Sourires intérieurs

Londres. Maman. Mes sœurs.

Trois fois par an, on se parle. Chaque fois, on se dit sans le dire combien on compte, par le biais d'anecdotes, de détails futiles du quotidien et de sincères encouragements et marques de confiance.

La manucure au bureau.

Je l'observe, minuscule et chevelue, et parfois, spontanément, elle me sourit, pas comme un sourire aux anges, comme si elle me reconnaissait. Bien sûr que ce n'est pas le cas, mais comme moi je souris juste en pensant à elle, j'aime imaginer qu'elle fait pareil.

La sonnette de la porte d'entrée pour moi alors que je ne suis pas chez moi.

Regarder Arthur à la télé sur mon canapé, la tête un peu intriguée par ce qu'il se passe à quelques numéros de là. Espérer que tout se passe bien en profitant de la pizza et des macarons, chacune sous un plaid et devant son propre écran. Comme d'hab, juste sur un canapé différent.

Le simple fait que my twin existe.

Comme chaque fois, je suis à la fois impatiente et intimidée à l'idée de la voir. Ils m'attendent chez eux, le train est un peu en retard, ça m'inquiète. Et pourtant, une bouteille de champagne plus tard, on est tranquillement en train de lister nos villes de France préférées en grignotant du fromage et de la pâte de coing maison.

Bientôt la piscine sur le toit.

J'ai enfin trouvé le chemin vers l'auto-protection, celui qui me permet de cesser de me torturer quand je dois choisir entre me préserver d'une situation qui me rend malade et ma compassion naturelle pour mon entourage. Je crois que petit à petit, je deviens aussi importante à mes yeux que les autres.

Le Madidon Square Garden. Enfin.

Cette sensation tenace d'avoir enfin renoué avec les Noëls que j'aime. Ceux avec des grognons, trop à manger, des fois rires, de la complicité, des tantes en froid, des traditions maintenues, un oncle alcoolisé, des nouveaux à table, des parties de mime, de l'amour, des chants de Noël toute la journée.

Les fous rires qui reviennent peu à peu.



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dimanche, 07 juillet 2013

les perles de petites joies

 

Grignoter des cerises directement dans l'arbre entre deux verrines créées sur le moment, pour rendre dînatoire cet apéritif avec la voisine qui semble vouloir durer. Découvrir son jardin et la regarder sourire et s'animer alors qu'elle semblait si triste plus tôt dans la journée.

En à peine plus d'une heure, on a réussi à parler voire débattre de la peine de mort, de l'évolution des performances scéniques de M et des endroits où il fait bon vivre, tout ça alors qu'on ne s'était jamais vu avant. Comme ça, sans temps mort mais sans précipitation non plus.

Je respire par le ventre et je pars réaliser les défis que je me lance. Ça marche, ça avance, ça fait augmenter le cliquet de ma sérénité. (Si si je râle toujours, ne vous inquiétez pas c'est toujours moi!) J'ai réussi de belles choses, vécu des expériences uniques.

De la pastèque au clair de lune d'un soir très frais, en parlant de soi et des autres, un petit caillou de plus sur le chemin de notre jolie histoire. Vue sur le sacré cœur et bienveillance des hôtes comme un cadeau supplémentaire.

Pendant qu'il joue à la console, je regarde boardwalk empire. Pendant qu'elle cherche sur internet des info sur secret story, je lui demande ce qu'elle veut pour le petit dej de demain. Me voila à jouer à la maman pendant 2 jours avec ces enfants qui ne sont pas les miens mais que j'aime presque comme si.

Le chinois, la communication, les outils informatiques... toutes ces formations comme autant de moyens de rencontrer les autres. Les autres comme 15 ans plus ou moins jeunes que moi, comme scénaristes ou informaticiens, comme mariés ou jamais casés, comme jamais d'accord. Comme autant de regards extérieurs sur moi pour m'assurer que j'ai raison de ne plus transiger avec moi.

Il me semble que j'ai trop bu, pas au point cependant de dire que je suis saoule, mais juste avant, quand je peux m'extraire intégralement du moment sans plus craindre le jugement des autres. De toute façon, mon cerveau est épuisé de passer par toutes ces langues que je maîtrise plus ou moins bien, je vais plutôt renifler mon whisky.

dimanche, 28 avril 2013

Petits mais costauds

De la crème fouettée maison, accompagnée de fous rires, de promotion canapé et de gens bienveillants. L'improvisation d'un samedi soir parfait. Je sais pas si on a le droit de le dire si vite, si tôt, dans une relation mais je crois que je vous aime.

Le vieux jeu sorti du placard. L'équipe de choc. On a parié et on a perdu, tout ça à cause du cri du poulet. Mais qui connait le cri du poulet ?

Je danse sur la glace, dans la patinoire éclairée par les spotlights et emplie à la machine à fumée. Je patine sans me tenir à la rambarde, je découvre cette personne nouvelle et je souris très grand.

Penser au kiwi et sourire. Irrépressible.

Rouler à 240km/h, pas comme si j'étais poursuivie, pas comme si je voulais arriver la première à destination. Juste pour partir nulle part, en écoutant la musique très fort, dans le silence assourdissant de nos pensées divergentes.

Björk, un sandwich à dix euros, l'hypnose du concert, du babillage sans conséquence. L'amour. C'est tout.

Les parisiens, ces connards. La générale. Son sourire un peu rêveur, beaucoup ailleurs. Des petits gâteaux. Une chute par jour. Ses encouragements l'air de rien. Le silence, profond et limpide, pendant la remontée vers la prochaine piste.

Sortir de chez le coiffeur, se trouver pas mieux et puis apprivoiser ce nouvel air. Et l'aimer.

Les blagues que seules les copines de la fac peuvent comprendre, avec toujours cette alchimie quand on se voit, qui fait que je ressors reboostée pour des jours.


Je n'ai strictement aucune idée du moment où je reprendrai le contrôle, peut-être jamais, probablement que c'est bien.

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jeudi, 27 décembre 2012

On avance

Disney Channel et BFFTLEWY.

Marcher dans la rue vide, qui résonne et raisonne de tout ce calme, sous le toit de lumières éphémère. Parler comme d'habitude de choses très profondes, l'air de rien, alors que la dernière fois remonte à un an.

Rouge. Comme mon vernis, mes lunettes, mon rouge à lèvres.

Mon neveu nouveau a dix petits jours, il est joli comme un poupon, il sent bon et il râle à peine. Et je l'ai serré dans mes bras pendant toute une soirée, son corps doux et léger abandonné dans le sommeil.

Sourire. Juste parce que ça aide à voir les choses plus jolies.

Elle. Qui n'a pas de surnom, je n'y parviens pas. Qui me secoue aussi fort qu'elle le peut chaque fois que je chouine. Qui est heureuse pour moi et triste avec moi. Et qui me donne les clefs de la sérénité dans le chaos.

Le train, la neige, l'inattendu.

M'autoriser à me moquer ouvertement, le laisser m'inviter parce que ça compte plus pour lui que pour moi, retrouver nos vieux automatismes, découvrir de nouvelles choses, savoir désormais avec certitude qu'il sera toujours là.

72 idéogrammes.

Je perds le contrôle et refuse de prendre les décisions que je pourrais prendre, je regarde, j'attends. Je ne lance plus de lignes ni de bouées. Je ne sauve plus, je n'interviens plus. Je vais laisser faire et voir venir. C'est très nouveau, un peu inquiétant. Il y aura sûrement des ratages. Mais peut-être qu'elle est là, la solution pour me trouver, pour une fois.


Je vais bien.

 

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