mercredi, 28 octobre 2009

100 choses que je sais faire

Suite de la liste commencée il y a un moment ...

 

50. Faire sourire les grincheux
51. Etre odieuse avec mes proches
52. Lire plusieurs livres en même temps
53. Rêvasser sans raison
54. Prendre soin des enfants
55. Me convaincre que je vais tout rater
56. Des chignons sans matériel ou presque
57. Inventer des histoires
58. Choisir le pire moment pour bricoler
59. Rassurer mes copines de classe
60. Etre en retard sans raison
61. Ecrire
62. Lire
63. Jouer à chat perché
64. Retrouver mon chemin
65. Préparer un biberon
66. Utiliser la fonction mark up de word
67. Du vélo sans roulettes
68. Mettre les pieds dans le plat l'air de rien
69. La cuisine des fonds de placards
70. Rêvasser
71. Le repassage
72. Tenir ma langue
73. Une valise en 10 minutes
74. De jolis paquets cadeaux
75. Corriger l'orthographe
76. Faire cuire les pâtes
77. Reconnaître ma droite de ma gauche
78. Lire à l'envers et en miroir
79. Rien
80. Accepter l'improviste
81. Mes lacets
82. Prendre des photo
83. Faire comme si rien alors que j'ai une migraine de malade
84. Les câlins
85. M'inquiéter
86. Dompter les escargots
87. Être multitâche
88. Me taire
89. Le médiateur
90. Rougir
91. Les mojitos
92. Reconnaître les parfums
93. Râler
94. Arroser les plantes
95. Mon métier
96. Aimer
97. Des châteaux de sable
98. Respecter l'autre
99. Utiliser la photocopieuse
100. Vivre de paradoxe

lundi, 26 octobre 2009

démasqued

J'aime pas qu'elle sache tout de suite que ça va pas.
J'aime pas ne pas pouvoir être transparente.
J'aime pas ne plus être capable de faire semblant avec tous et tout le temps.
J'aime pas devoir user de subterfuges pour pas avoir à lui raconter.
J'aime pas être réveillée désormais parce que ça fait trop mal.
J'aime pas qu'elle me manipule l'air de rien pour me faire parler.
J'aime pas qu'elle y parvienne presque.
J'aime pas que ça aille pas mieux malgré ses pouvoirs magiques.

J'aime PAS !

jeudi, 08 octobre 2009

Perte de consistance

J'ai chèrement, très chèrement, payé mon indépendance. Mon autonomie plutôt. Mon individualité même.

Elle m'a coûté des amis, des crises de doute, des rêves, des projets, des larmes et du temps. Beaucoup de temps.
Il va de soi que je ne peux demander aux gens qu'ils me respectent sous prétexte que j'en vaille la peine, je peux faire en sorte de ne pas les laisser me prendre par les pieds pour me tirer en arrière.
Oui, j'existe et non, je ne vous autorise plus à me nier.

Si je n'ai aucun problème avec les dynamiques de groupe, je crois désormais qu'il faut en respecter les composantes. Surtout quand le groupe est composé de peu d'entités. Le fait que je sois en couple ne me fera pas disparaître en tant qu'individu, le fait que je vive en colocation ne me transforme pas en une entité nouvelle dont chaque élément est dissout dans le tout, le fait que je sois membre d'une famille nombreuse ne me réduit pas à cette réalité.
Aussi fusionnelles ces relations puissent-elles être.

Alors qu'elles partent probablement d'un bon sentiment, les invitations par personne interposée "Y a bidule qui m'a dit de te faire savoir qu'il aimerait bien que tu viennes passer le week-end chez lui le mois prochain" ne sont pas pour autant acceptables au regard des principes qui sont les miens.
J'existe, j'ai des coordonnées postales/téléphones/informatiques, on peut donc me faire savoir directement que l'on souhaite me voir. Or, il semble que de plus en plus, les gens se dispensent de me parler en faisant passer leurs messages par des membres de mon entourage. Ceci n'est pas un mode de relation respectueux ni acceptable de mon point de vue.


Désormais, je considère donc que toute invitation faite par l'entremise d'un tiers ne m'a pas été transmise.

vendredi, 04 septembre 2009

Des cartons et un feuilleton

Assise par terre, au milieu des sacs remplis de magazines trop vieux, d’annuaires désormais inutiles et d’autres bricoles à recycler, je regardai le carnage qu’est devenu mon appart en cette avant-veille de déménagement.

Il y a des cartons partout, des valises pleines empilées, des plaids sortis qui serviront à emballer tout ce qui est fragile, des morceaux de mon canapé, des livres sans cartons entassés sur une étagère en attendant mieux. En fond sonore, il y a la télé sur laquelle passe une redif de Dawson.

 

Et je suis là, depuis au moins 20 minutes, les yeux dans le vague, à rien faire du tout à pas avancer ce que je devrais.

 

Je suis prise d’une horrible envie de pleurer. C’est fini là, ça y est. Terminé.

 

Oh, ce n’est pas comme si je n’avais pas déjà légèrement remarqué ces derniers mois que c’était la fin.

Il va de soi que je n’allais pas pouvoir passer tout le reste de ma vie cachée dans ce no man’s land d’indifférence tranquille ni pouvoir tenir éloignés trop longtemps les envies et les rêves que j’avais étouffés en partant. Ces derniers temps, la peur, le stress, la colère, la tristesse, voire même les phases d’inquiétude ont réussi à s’immiscer dans mon existence toute lisse et sans saveur. Ma vie a désormais tout sauf l’air d’un cocon et je le sais.

 

Le truc, c’est que par terre dans mon chez moi au milieu des choses qui ont fait mon quotidien, avec en fond sonore la série que je regardais à la toute fin de mon adolescence, le sentiment de nostalgie m’a submergée. Soudain, j’ai pris une claque. Il y avait du tonnerre lointain depuis quelques semaines mais là, l’éclair m’a foudroyée sur place.

 

Tous ces cartons, tous les mots échangés dernièrement avec toi, c’est la fin, la vraie, de mon passé. Il n’y aura plus jamais de retour en arrière et le dernier symbole d’avant est en train de se dissoudre. Je suis désormais au commencement d’une vie où je serai seul maître à bord.

 

Et oui, je le sais très bien que changer de vie est beau, exaltant de défi. Mais ça fait mal, aussi. Et je me sens toute faible là. Je ne suis pas prête à subir le report de souffrance qui m’attend depuis tout ce temps. Je veux retourner dans ma vie d’avant, celle où mes questionnements les plus complexes étaient de savoir s’il valait mieux être avec Dawson ou Pacey…


mercredi, 26 août 2009

J+5

Ne fait pas encore tout à fait ses nuits

Mange de manière encore un peu irrégulière

Sourit parfois aux anges

Découvre son chez elle

Ne sait pas encore très bien communiquer
mais interagit avec son entourage

A sa manière un peu balbutiante.

 

dimanche, 16 août 2009

Routine

J’ai coutume de dire que j’ai une vie sans histoires.

Quand on me demande si ça va, quoi de neuf, je réponds toujours ou presque « Ça va, la routinette… » Et je le pense, je le ressens comme ça. Ce n’est pas de la cachotterie ou des mystères ni du misérabilisme.

 

Je vis au jour le jour ou presque, chaque événement est comme un fait divers de plus. Je ne passe pas des heures à mettre en perspective l’histoire de ma vie. Je me torture bien parfois un peu sur le sens que je tente d’y donner ou sur le mystère des erreurs que je répète sans fin. Quelques évènements très importants émaillent même l’année. Mais ensuite ils s’éloignent, deviennent comme désincarnés, se fondent dans un ensemble un peu brouillardeux.

 

En fait, la plupart du temps, j’additionne tout simplement les journées.

 

Un peu comme cette manie bloguesque que j’ai de faire des listes de petits bonheurs, je série les événements de ma vie, les classe, les ordonne. Un même évènement peut avoir plusieurs tags bien sûr : acheter du pain peut être taggé quotidien, petit bonheur, miam et fin de journée, par exemple. Cependant, paradoxalement, je ne leur donne pas toujours un ordre d’importance.

Acheter du pain = me faire larguer = boucler un dossier.

 

C’est ce qui fait dire à beaucoup que je suis détachée voire je m’enfoutiste. Rien n’est important apparemment. Alors qu’en fait tout l’est.

 

Et puis, à côté de cette partie visible de l’iceberg, il y a mon état d’esprit latent.

Celui qui me fait cesser de dormir pour mieux m’étourdir de petites actions quotidiennes et routinières quand je m’aperçois qu’en fait, ma vie est remplie d’évènements bien trop grands pour moi, que je ne peux décemment pas qualifier de routinette justement et dont je ne sais pas trop à qui parler. Ni par où commencer. Trop de directions possibles et de répercussions envisageables. Ou alors peut-être que je m'emballe pour rien et que tout va bien ? Je me sens toute petite, comme face aux rouleaux de l'océan à marée haute.

Ces rouleaux c'est un peu quitte ou double : je me sens soudain prise de panique ou je joue à saute-mouton. Alors que je sais les gérer depuis toute petite, je sais que si on plonge très profond, l'onde passe au-dessus sans danger, ni risque d'être baladée dans ses tourbillons, me faisant boire la tasse.

 

C'est ça, il faut que je revienne aux fondamentaux. Il faut que je trouve un moyen de canaliser tout ce flux d'idées et d'informations.

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lundi, 20 juillet 2009

Nous nous trouvons actuellemet à 10.000 pieds au-dessus du niveau de la mer

The day that you stop running
Is the day that you arrive

 

Je n'ai aucune idée de la façon dont les gens ont appris mon claquage de porte. Pas par moi en tout cas, vu que je n'ai parlé à personne. J'ai mis une semaine à prévenir mes parents et je ne l'ai fait que parce qu'ils arrivaient pour quelques jours de vacances le lendemain. J'ai passé une heure près du téléphone avant d'oser le dire à mes soeurs. Je me sentais ridicule et moche.

Les premières semaines, j'étais tellement terrifiée par ce que je venais de faire que je ne mettais même pas de mots dessus. Je me terrais au sens propre et figuré. Heureusement pour moi, j'ai été accueillie par 2 coloc adorables, qui m'ont inscrite dans le quotidien. Quand ils n'y étaient pas, je restais seule. J'ai passé des soirées et des week-ends seule, je n'ai parlé à personne. J'ai beaucoup écouté de musique, beaucoup écrit aussi mais sans rien dire vraiment. Je traînais comme un énorme boulet le poids de la culpabilité : j'avais tout cassé sous le prétexte fallacieux que mon avis comptait, que je pouvais exister.

Paradoxalement, je n'ai pas beaucoup pleuré. Le premier mois oui, un peu. Mais pas en public. De même, je n'ai pas dit que j'étais triste. J'ai agi comme si de rien n'était ou presque. J'ai relu il y a peu ce que j'ai mis sur ce blog à l'époque, les billets y étaient d'une insignifiance totale. Pas un signe de tout ce que je vivais. Comme dans le reste de ma vie. A la surface, tout allait bien. Je ne m'autorisais pas à me lamenter car après tout, j'avais choisi ma situation. Pas comme lui, dont j'avais brisé le coeur et qui avait tout loisir de m'insulter puisqu'il souffrait.

Et puis les gens ont parfois eu des réactions bizarres : "A son âge, mais elle est folle ? Elle aurait dû y mettre du sien et rester..." J'ai eu cette drôle d'impression que je gâchais leur rêve : en me séparant, je leur montrais que même ceux qui ont l'air solides ne sont pas invincibles. J'ai ajouté leurs reproches à ceux que je me faisais déjà et continué à expier cette immense faute qui était la mienne.

Je suis entrée dans un tunnel de solitude et d'auto-flagellation muette. Pas pris de vacances, bossé dur, appelé peu d'amis, coupé des ponts. Ça a duré un long moment. Ma chance a été que pour des raisons que j'ignore, ce sabotage de ma vie n'a pas été suivi par tous et que certains ont continué à m'écrire, m'appeler, s'inquiéter, me forcer à sortir. D'autres ont accepté de me voir ré-apparaître un beau jour dans leur vie après des mois de disparition.

Graduellement, j'ai repris contact. Je continuais à me jeter des pierres pour ma méchanceté bien entendu mais j'ai paradoxalement commencé à me faire entendre partout. J'ai pris la décision de recommencer à vivre autre chose que le strict nécessaire à l'addition de jours sur un calendrier. Plus besoin de faire une croix sur le mur à la fin de chaque jour qui passe, je ne comptais plus, je redevenais spontanée.

Je dois ma vie nouvelle à mon sens de la loyauté et à ma lâcheté aussi.
Au fait que je me connais beaucoup mieux que je n'ai envie de le croire.
Aux gens qui m'ont aimée malgré mes semaines de silence.

 

 

And the night that you got locked in
Was the time to decide
Stop chasing shadows
Just enjoy the ride

lundi, 06 juillet 2009

Nous traversons actuellement une zone de turbulences

There's a look on [my] face I would like to knock out
Can't believe [I was] once just like anyone else


Ce silence, même si on a laissé entendre un jour qu'il ne suffisait pas en soi à être considéré comme un signal, aurait pourtant dû allumer une sorte d'énorme lampe rouge quelque part. Le calme profond, le mutisme, l'indifférence, ça me ressembl(ait)e très peu. La guerre des nerfs -même si je suis suffisament têtue pour ne pas la perdre quand on me la déclare- très peu pour moi.

Et puis soudain, tout s'est mis à devenir flou. Ca a commencé à devenir très compliqué dans ma tête. J'avais mal au ventre tout le temps de tous les jours. Comme si je passais en permance des partiels.

J'ai continué à me désinvestir sans vouloir me rendre compte que les turbulences avaient commencé depuis un moment déjà. A coup de phrases assassines, de jemenfoutisme permanent, de mise au placard de ma vie sociale. Il y a eu plein plein de signaux pourtant :
- des phrases prémonitoires "je ne sais pas ce que tu peux faire mais trouve parce que je sens que ça va être notre dernier anniversaire ensemble",
- des appels à l'aide pas même déguisés "C'est horrible, maman, j'ai l'impression de faire du surplace, que plus jamais rien ne changera."
- des menaces de départ avec valise à la clef,
- des projets abandonnés,
- des crises de larmes inexplicables sous la douche.
J'étais triste en permanence, je souriais d'un air absent et je ne me plaignais plus surtout, parce que personne ne comprenait mon mal-être. On me voyait capricieuse : j'avais une vie de rêve. Un couple stable, un homme qui chérissait jusqu'au sol que je foulais, un chat, un travail, un appart', une famille, une relativement bonne santé. Il fallait que je sois raisonnable.

Rai-so-nnable.

Ne décevoir personne, ne pas créer de vagues, ne pas inquiéter mes parents, ne pas faire de peine à cet homme qui partageait mon quotidien : être raisonnable. Ce n'était pas si pire, je n'avais pas si mal, il y avait plus malheureuse que moi. Alors j'ai obéi à cette injonction sociale. Je m'éteignais, je disparaissais, y compris physiquement. J'ai commencé à perdre du poids sans raison petit à petit, à rire moins souvent et moins fort.

Si certains des plus proches ont laissé filer, ça a mis la puce à l'oreille d'autres.
J'ai été sauvée par 2 phrases très précisément.
Je dois ma vie, au sens littéral du terme, à 2 personnes. Un 12 et un 18 février. Une phrase chacune. "Je sais pas où tu es en ce moment baci, mais tu n'es pas parmi nous, il est temps que tu fasses quelque chose, là." et "Si tu as besoin, quel que soit le moment, la maison est ouverte."

Et moi ?

Pour moi, l'alarme s'est mise en route très très fort quand j'ai menti pour la 2ème fois depuis 13 ans que je le connaissais. La 1ère depuis que nous étions ensemble. Un mensonge débile, qui ne sert à rien, qui ne trahit personne. Un mensonge qui montrait juste à quel point de déni de moi-même j'en étais arrivée : j'avais juste envie de rentrer toute seule tranquillement, à pieds. Alors j'ai menti, j'ai dit qu'une copine m'accompagnait, que je ne risquais rien. Je serais parvenue à mes fins sans mentir, bien sûr, mais il aurait fallu se disputer. Ce que je vivais jusque là comme un compromis est soudain devenu un sacrifice.

Un soir, j'ai décidé que désormais, la personne qui allait compter, c'était moi. Que peut-être que j'avais le droit d'exister, de dire merde à toutes ces obligations que moi seule m'obligeais à respecter ? Il était temps de tout envoyer balader et de prendre ce ticket qui me faisait si peur : celui pour l'entrée des montagnes russes.
Fuck. Let's give it a try...

 

 

Pray to God I think of a nice thing to say
But I don't think I can so fuck you anyway


jeudi, 02 juillet 2009

100 choses que je sais faire

C'est une vieille idée de Larkeo que j'adore. J'ai commencé il y a un moment déjà. Hop, je commence à partager :

  1. Chanter à tue tête tant pis si c'est faux
  2. Enlever mon soutien gorge devant des inconnus
  3. Parler en public alors que j'ai la super trouille
  4. Le grand écart
  5. Lire en anglais
  6. Des listes de choses stupides (mais pas celle-là, qu'on s'entende)
  7. Lire un plan
  8. L'amour
  9. Sourire aux touristes perdus qui veulent une photo souvenir ou trouver leur chemin
  10. Sourire tout court
  11. Rire aux éclats
  12. « Au Clair de la lune » au piano et sur une guitare
  13. M'amuser sans avoir touché un seul euphorisant
  14. Parler italien
  15. Sauter à cloche-pied
  16. Pipi adossée à un tronc d'arbre (merci jérem)
  17. Transformer des videos pour les regarder sur l'ipod
  18. Des pizza de toutes sortes
  19. Prendre fait et cause pour quelqu'un injustement harcelé
  20. Relativiser
  21. M'emporter sans raison
  22. Jouer les rebelles
  23. Avoir l'air compétente
  24. La vaisselle
  25. Décider que ce soir, ce sera drôle, même quand l'ambiance est vraiment pourrie
  26. Des fleurs en crochet
  27. Me concentrer au milieu du bruit
  28. Les lasagnes
  29. Apprendre de nouvelles choses
  30. Faire semblant que ça va
  31. M'émouvoir
  32. Procrastiner…
  33. …mais finir dans les temps quand même
  34. Changer les couches
  35. Être à l'écoute
  36. Couper court
  37. Avoir envie
  38. Rencontrer de nouvelles personnes
  39. Tenter l'aventure
  40. Des écharpes
  41. Pleurer
  42. Être désolée
  43. La cuisine des fonds de placards
  44. Rendre service
  45. Etre de bonne humeur
  46. Tout casser dans ma vie bien rangée
  47. La danse des canards
  48. L'idiote
  49. Mettre de jolis colliers

lundi, 29 juin 2009

Merci de rester assis jusqu'à l'extinction de la consigne lumineuse

It is the evening of the day
I sit and watch the children play
Smiling faces I can see
But not for me
I sit and watch
As tears go by

 

Ce fut insidieux et très lent. Le processus a duré des mois mais peu à peu, sans que je ne m'en aperçoive vraiment ni que cela fût une démarche consciente de ma part, je me suis retrouvée être observatrice de ma propre vie. Le quotidien continuait à s'écouler tranquillement, sans heurts ni peurs. Je croyais vivre la félicité de la routine, c'est comme ça que je m'expliquais cette absence de montagnes russes, alors que j'étais juste de plus en plus loin de tout, d'eux, de vous, de nous. De moi surtout.

J'ai passé beaucoup de temps à étudier à la loupe la vie des autres. Pas envier ou dénigrer, non, regarder attentivement quelle pente suivaient les autres, quels objectifs les tiraient vers demain, quelles peurs les rebutaient. Je m'étonnais souvent de la différence de point de vue et me l'expliquais par le fait que nous étions un peu à part de toute façon puisque nous avions une histoire moins neuve.

J'ai aussi laissé filer moults choses qui me tenaient à coeur, pour lesquelles je continuais jusque-là, contre toute attente, à râler, insister, me battre, argumenter, discuter... Plus tellement envie de me battre soudain, plus tellement envie de perdre des forces dans des argumentations entre sourds, plus tellement envie d'imposer mon point de vue qui ne valait pas forcément mieux que le sien, au fond. J'ai abandonné petit bout par petit bout des morceaux de moi, des morceaux de liberté.

Enfin est venu le temps du silence. Coupure radio. Pas de blabla sur ma vie, aucune râlerie auprès des copains, par moments même, je m'extrayais de l'instant et laissais les autres vivre sans moi. J'ai laissé filer mon essence. Je passai de nombreux dimanches à lire, des soirées entières à regarder l'autre, à vivre à côté sans lui parler. Même les disputes étaient désormais presque mutiques, je ne hurlais pas, j'encaissais puis je partais calmement m'isoler.

Ma vie était désormais parsemée de non-évènements. Elle filait sans que je fasse le moindre geste pour en prendre le contrôle. Mais ce n'était pas grave puisque officiellement, aux yeux de tous, vue de l'extérieur, je menais la vie dont tout le monde rêve. Plus aucun projet à l'horizon, ni à court ni à moyen ni encore moins à long-terme. Rien n'était plus grave. Tout m'indifférait ou presque.

J'étais résignée.
Assise au bord de la route, je m'apprêtais à regarder passer les décisions qui n'étaient pas les miennes et qui pourtant dessineraient mon avenir.

Pour qui existais-je encore ? Pas pour moi en tout cas...

 

It is the evening of the day
I sit and watch the children play
Smiling faces I can see
But not for me
I sit and watch
As tears go by

 

 

 

 

 

 

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