mercredi, 02 juillet 2008

La modasse

Il faut d'abord que je fasse mon propre foutage de g... : je suis vraiment loin, très loin, d'être top hype de la trendy attitude en matière de fringue. Je suis somme toute assez classique, le plus foufou que je fasse c'est porter des sacs à mains un peu originaux. Donc cette note, ça va clairement être l'hôpital qui se moque de la charité...



J'ai une interlocutrice au boulot qui semble sortir tout droit d'un catalogue de la Camif.

Vous voyez, genre les pages tablier ? Ou alors les pubs pour les soupes et autres produits ménagers de la fin des années 70 / début des années 80 ?

Cette fille, elle a à peine 30 ans et on dirait un mannequin pour pantashop ou Z. Elle sent presque l'anti-mite.
 
Qui, en 2008, porte un jean tout blanc, taille très haute, un peu large sur des mocassins de bateau beigeasses ?


QUI ?


Ben elle...


Elle s'est échappée du début des années 80 ou a dû garder ses fringues de collège... je vois pas d'autre explication ? Elle possède quand même des mocassins à gland !!!

Chaque jour quand on la croise dans les couloirs, ma zïnnvoä et moi, on la détaille. Et on fait ensuite un débriefing sur ce qu'on pense de sa tenue du jour. Comme ça se fait sur certains blogs de modasse. Sauf que là, on sait très bien qu'elle sera jamais à la mode. C'est pas juste que les gens chercheraient le détail qui cloche, vu que c'est elle... le détail...



PS : Les phrases du mardi sont bientôt de retour, ça recommence le 8 juillet. Yeah !

jeudi, 19 juin 2008

J’y suis allée

Et c'était un peu comme je craignais.


Mais en pire.


 


Y a eu les ceux qui savaient mieux que les autres quelles règles appliquer dans « ces cas là » et qui te bassinent avec ;


Y a eu les ceux qui étaient si absorbés par leur terrrible chagrin qu'ils n'ont pu parler à personne sauf aux gens importants ;


Y a eu ceux qui étaient d'une dignité absolue alors que leur douleur devait être tout simplement insupportable ;


Y a eu ceux qui venaient juste se montrer ou faire les curieux façon charognards ;


Y a eu ceux qui ne comprenaient pas pourquoi la cérémonie se passait comme ça parce que bien sûr, eux n'auraient pas fait la même chose…



 


Et l'irrespect ne prends pas toujours la forme qu'on attendait…


Comme cette collègue qui revenait du marché et avait donc gardé avec elle ses sacs à provisions, ou cette autre qui vagissait de chagrin alors qu'elle ne connaissait même pas les gens concernés et puis aussi celle qui était habillée comme une pute de 50 ans, avec son sac sorti d'une plage de Miami, son jean acheté chez Jenifer, ses mules à talons.




 


Et il y avait MON irrespect, celui dont j'ai le plus honte bien sûr.


Déjà j'avais pas du tout envie d'y aller, je ne suis venue que parce que je ne voulais pas assumer le regard des autres et pour être présente au cas où ma zïnnvoa aurait besoin d'un soutien moral.


Et puis toutes ces pensées parasites telles que « c'est vraiment pas de chance que ça tombe maintenant, ça va être un enfer au boulot » ou encore « oh mais elles sont toutes râpées les chaussures de BIGboss » ou style « mamma mia mais comment il est miamesque ce beau gosse » voire même « est-ce que y aurait des gens pour le mien ? »
 

Bref, je me sentais concernée mais pas forcément bouleversée, je l'avoue.

 

Mais ça n'a rien changé, comme je m'y attendais, des larmes silencieuses ont coulé au moment où j'ai vu sa famille s'effondrer. J'ai été aussitôt envahie d'un chagrin immense. Incapable de mesurer la perte que ces gens viennent de subir, je me suis pourtant sentie en proie à une douleur assez forte pour me serrer le ventre et me faire pleurer…


 


J'ai gardé toute la journée les relents de la tristesse des autres. Et chaque regard triste me faisait soupirer, ajoutant une pellicule de tristesse, accentuant un peu plus le fait que ce n'était pas la mienne.



lundi, 16 juin 2008

Je veux pas y aller…

Cet enterrement, c'est tout ce que je ne veux pas avoir à subir : l'hypocrisie de la plupart de mes collègues, la starification de certains autres, le concours malsain lancé il y a quelques jours : « je suis bien plus malheureuse que les autres »…


 

Et les poncifs débiles répétés à qui mieux mieux :


« on est bien peu de choses ! »

« c'est triste surtout pour ceux qui restent. »

« ah ça, il fallait s'y attendre ! »

« c'est toujours les meilleurs qui partent en premier… »

« la vie est trop fragile pour perdre son temps en futilités. »


 

Tout ce cirque + le fait que je ne suis pas si malheureuse au fond = aucune logique à assister aux funérailles…

 


Et pourtant, il va m'être socialement difficile de m'y soustraire.


Je vais donc devoir regarder l'hystérie s'emparer de certaines de mes collègues, pour bien montrer leur souffrance à tous et aussi la peine immense de la famille qui vient de perdre un être cher.

 


Je sais d'avance que je vais ressortir bouleversée, habitée d'un désarroi qui n'est pas le mien.

 

J'en veux à tous ces gens -qui ne savent pas se tenir ni respecter les sentiments des autres- de rendre encore plus sordide ce moment déjà choquant en soi…


samedi, 31 mai 2008

Ça sent

Je ne sais pas trop si c'est parce que les gens ont eu reçu cette phrase comme sésame le jour de leur embauche, ou si mes collègues se sont donnés le mot pour nous faire chier, ou si c'est juste moi qui ne sais pas qu'il s'agit là de la meilleure entrée en matière de l'univers mais quand même, tous les gens qui entrent dans mon bureau et celui de ma zïnnvoa annoncent « ça sent le [insérer ici n'importe quoi] dans votre bureau ! »



 

1626022524.jpg

On a donc droit, de novembre à février au désormais classique : « ça sent la clémentine dans votre bureau ! » (Oui, folles que nous sommes nous mangeons parfois des clémentines au bureau. Et l'odeur persiste…)
 
 

Et puis les jours de grave sinusite de votre auteur de blog préféré (oui, moi, les malins !!) on peut entendre : « ça sent les médicaments, non ? Un truc comme l'eucalyptus ? »


 

Nous sommes des personnes raisonnablement propres, plus que le service payé pour s'occuper de nos locaux en tout cas, il arrive donc qu'une furie ménagère s'empare de notre corps et que nous nettoyions un peu le bureau. Aussitôt, la sentence tombe : « ça sent la lingette, j'ai l'impression… »



Malgré nos efforts, on a tout de même pu entendre que « ça sent le renfermé chez vous, dis donc ! » A priori, comment dire, on avait bien remarqué puisque le bureau ressemblait à l'antichambre des égouts de Paris depuis 3 semaines : le plafond gouttait toute la journée, formant de belles flaques dégueu sur la moquette, distillant de fait une odeur pestilentielle dans laquelle nous devions vivre… Merci donc de nous le rappeler !



Ou encore, comme je suis une grande buveuse de thé, on fait une remarque relative à l'odeur de l'eau chaude que je viens de préparer… Ça sentira donc au choix « les fruits, le citron, les herbes, la menthe… » parfois « bizarre » quand on ne reconnaît pas le parfum, ou tout bêtement « le thé ».


 

A noter, les jours où l'infusion est composée de thym, les Ratatouille en puissance qui nous entourent se fendent d'un fort à propos « ça sent la pizza dans votre bureau ! » Le plus beau étant que même après 3 démentis en 4 jours, « non non, c'est une infusion de thym » on persiste dans l'utilisation de cette métaphore pizzesque…


 

Aujourd'hui, on a atteint une sorte d'apogée du n'importe quoi « ça sent les algues chez vous, non ? » Problème : pas de thé, pas de fuite d'eau, pas de ménage ces dernières heures. Juste nous 2, la fenêtre ouverte dans le bureau. D'où peut donc venir cette odeur d'algue que les occupantes du bureau n'ont pas même détectée ?


 
Et est-ce que je peux me sentir vexée ?

 

Ce sera quoi la prochaine fois « ça sent la moule ici, non ? »


mercredi, 14 mai 2008

La Rentrée

Je sais très bien que j'ai pas trop envie d'y aller. Parce que je suis partie en vacances en envoyant une sorte de scud monstrueux à mes interlocuteurs qui me faisaient bien bien chier à me demander la lune. En plus j'ai été réveillée par les pompiers cette nuit donc bref...
 
Bon j'arrive au boulot, j'ouvre ma boîte mail. C'est débile à dire mais limite j'ai envie de les laisser fermés encore un peu. Je sais que ça a dû se déchaîner en mon absence. Et ça n'a pas manqué : 28 minutes après mon heure de départ -alors que j'avais cherché sans succès un interlocuteur tout la journée du 2 mai- quelqu'un a envoyé un mail à chef + grande chef : "Bon ben puisque ba ne fout rien et part en vacances, on veut une remplaçante compétente !"
Chronique d'une journée de merde annoncée...
 
J+ 0 minute : 59 mails en mon absence. Et un seul perso... Je vais aimer ma journée !
 
J+10 minutes : J'ai déjà lu 3 mails incendiaires contre moi sur le dossier "Bo Merdié" (ou BM). Et pour faire bonne mesure, on vient me raconter ses problèmes. J'écoute d'une oreille très distraite et tente une priorisation sauvage de mes tâches.
 
J+12 minutes : Chef entre et me croit en train de bavasser depuis 2 plombes... Chef m'enchaîne illico sur le dosser BM. Et blabla et blibli mais "t'inquiète, on t'a tout bien laissé en plan pour que tu te sentes pas dépossédée du dossier..." (ben voyons...)
 
J+15 minutes : Petite interruption de la part de voisin qui me parle normalement jamais sauf pour faire un coup de pute "Y a une réunion, là, sur la partie opérationnelle du dossier BM, ça vous dit de voir l'implémentation du cahier des charges ?" (ah non, chais pas pourquoi mais ça me dit moyen...) Evidemment, chuis obligée d'y aller vu la tête de chef...
 
J+ 2h30 : Ben tout le monde est parti manger, je suis toute seule. Donc j'irai acheter un sandwich plus tard. J'ouvre enfin quelques mails.
 
J+ 4h : Je suis en train de manger un mcdo pourri. Dring Dring fait mon téléphone "Mais que fais-tu, on a réunion en ce moment avec le client pour BM. Tu arrives ?" Ben oui, j'arrive. Je finirai mes frites plus tard... En route pour une houleuse réunion avec le chef de projet.
 
J+5h30 : Une demi-heure devant moi. Bien sûr, mes frites froides me disent trop rien. Je regarde la photo du jour, dis un peu n'importe quoi pour me défouler, lis mon mail perso de ce matin. Je sais que dans 25 minutes, je suis repartie pour 2h30 de réunion. Encore dossier BM... Je commence à avoir du mal à contenir ma saoulerie. Et comme je ne peux pas l'évacuer, je suis au bord des larmes de stress...
 
J+8h15 : De retour au bureau. J'ai passé plus de 6h en réunion je crois. Et le dossier BM n'a pas avancé, personne ne semble être le bon interlocuteur pour m'aider à y voir plus clair... "Moi, tant que tu me fournis pas ton fichier en .csv, je peux pas t'aider, tu le sais très bien !" (je vais surtout te l'envoyer en .VTF)
 
J+9H : Je pars. J'ai juste l'impression d'avoir rien fait du tout, rien avancé. Et j'ai mal à la gorge tellement j'ai envie de pleurer. Je suis à deux doigts d'appeler n'importe qui, pour lui pleurer dans les oreilles. Heureusement, j'ai un calin électronique de septie. Et puis des comm' sur l'escargot. Et puis la perspective d'une très chouette soirée.

lundi, 14 avril 2008

Meetings

Je fais du 36, je m'habille chez Zadig et Voltaire ou Comptoir des Cotonniers, je suis fausse blonde méchée et je ne sors pas sans une french manucure irréprochable. Mes dents sont très visiblement des facettes [hu une échappée de Miss Swann ?] , mes yeux sont très bleus donc mes fringues aussi et mes mains sont mises en valeur par de très grosses bagues clinquantes façon breloque mais de chez V. de Castellane…

 

 

« Bien. Bonjour.

D'abord merci à tous d'avoir trouvé du temps pour assister à cette réunion lors de laquelle je voudrais faire un état des lieux de notre offre à destination des CSP++ âgés de plus de 52 ans et 3 mois. C'est une offre que je souhaiterais différenciante [pardon, correcteur d'orthographe, je sais bien que tous ces mots n'existent pas…] et sur laquelle on peut constater que nous avons un retard concurrentiel.

A ce titre, les résultats des études de benchmark sont assez déceptifs. On perçoit pourtant l'appétence des clients pour ce type de service mais la maison [je ne supporte pas les gens qui disent "la maison" pour parler de leur boîte…] n'a pas réussi à labelliser un produit suffisamment sexy.

1313742054.jpg

Mais nous avons à disposition un budget pour faire avancer les choses, nous devons véritablement être moteur sur la question. Je compte vraiment sur vous parce que nous avons un timeline très serré [mais enfin, tu peux pas parler comme tout le monde, non ?] pour mettre en place une process map aussi implémentant que possible. La cerise sur l'investissement serait réellement que la comm' puisse commencer à travailler sur la PLV et leur présenter des drafts de mailing ou de leaflet absolument avant la deadline du 12 juin 21h53. Je suis sincèrement persuadée que ce projet peut loger de nombreuses idées et j'ai franchement hâte de pouvoir échanger avec vous sur le sujet. »



 


Mon Dieu comme je hais ces connasses qui peuplent mes semaines de boulot…


Et pas seulement parce que je suis brune et que je fais du 40...
 
y avait même un épisode précédent y a bien longtemps

 

 

 

mercredi, 26 mars 2008

Collègue je t'aime

Trois dossiers bouclés, une stratégie d'action mise en place pour la journée de réunion demain, de la gestion d'interlocuteur grognon, une conférence téléphonique avec Boston, une journée commencée à 8h58 qui se termine à 20h49.
 
On bosse comme des malades oui ou non ?
 
 
 
Petite séance de karaoke pub.
Moi j'avais dans la tête en boucle la chanson des produits laitiers qui sont nos amis pour la vie, vous vous souvenez ?

Et elle, elle avait eu une sorte de réminiscence tout droit venue de l'au-delà… Non mais elle m'a quand même chanté et Topps y a plus d'éponge !!

 

On sait mettre l'ambiance au boulot oui ou non ?

 

 

 

«  Bon, dis-je en refermant, dépitée, un bouquin de 23 kilos et 6789 pages, ce livre sent définitivement le vomi et ne contient rien…

-Ah ben c'est bizarre, ça me rappelle quelqu'un !!... Je pense que les livres prennent les caractéristiques du dernier lecteur… »

 


On aime nos collègues oui ou non ?


mercredi, 19 mars 2008

Courage, fuyons…

1363095779.jpgJe suis dans le stress comme ça faisait longtemps que je n'avais pas eu à le gérer (je dirais que le dernière fois c'était début novembre…) à cause d'un dossier qui a légèrement tendance à s'embourber voire à sentir de plus en plus mauvais (ah zut… on aurait dû faire des examens plus poussés dès l'arrivée du patient, on aurait alors vu que ce truc était moisi de l'intérieur…) l'embrouille. Et dans un tel cas, que se passe t-il ? Les chefs font mine de l'air de crayon et hop… ils t'indiquent que tu n'as pas été très claire sur le sujet, ils voudraient un peu plus d'info parce que c'est pas très malin, quand même, de tout traiter toute seule dans son coin. On voit bien ensuite tous les problèmes que ça cause…

 

Bref, une sorte d'épiphanie a dû les toucher en plein coeur :  « et si on faisait tout retomber sur la figure de ba !? »…


 


540960964.jpgJe crois que je ne remercierai jamais assez ze stagiaire au top de la compétence  (photo non contractuelle... mais quand même, l'est-il pas choupi mon stagiaire ?) de m'avoir gérée tout l'an dernier… Une fois de plus, je vais être sauvée grâce à lui. Grâce à lui, ce dossier est parfaitement carré, il est bien complet. Grâce à lui, j'ai échangé pendant des heures sur le sujet donc je suis rodée aux questions piège. J'ai même à disposition je ne sais combien de courriels par lesquels nous avons alerté tout le monde sur le fait que ça semblait un peu risqué, cette affaire de chute libre depuis une station spatiale mise en orbite au-dessus du soleil… (fée, je me doute bien que tout ceci est peu scientifiquement probable...)

 

Reste le vrai souci de fond.

Le souci, c'est cette tentative sournoise de me faire porter le chapeau dans une affaire où je suis toute seule depuis le départ et que je crois avoir traitée aussi tant pour le mieux que possible. Chaque fois que j'ai voulu en parler, on m'a gentiment dit de continuer à tout bien gérer comme je le faisais. Ça fait maintenant 2 ans que cette affaire a été lancée et les boss continuent à me demander de leur « planter le décor » chaque fois que je les consulte sur le sujet.

 

Eh bien, je me sentais déjà seule sur ce dossier mais là, en plus, je me sens carrément bouc émissaire-isée…

 
Ça fait une semaine que je sors du boulot à 21h chaque soir et je ne suis clairement pas payée pour et je sais qu'ils verraient d'un très mauvais œil que je compense en sortant à 16h la semaine prochaine et je ne crois pas qu'on s'apprête à me remercier ni à dresser un autel à ma gloire…

197908062.jpg
Et si c'était moi qui prenais la fuite ?

mardi, 11 mars 2008

Multipass

1245948278.jpg"Allons bon...", grommelè-je en tentant pour la 3ème fois d'ouvrir la porte de mon bâtiment.

Je m'apprête à me lancer dans une diatribe façon "Y a jamais rien qui fonctionne dans cette boîte de merde." quand je réalise que c'est avec ma carte vitale que je tentais d'entrer. Bon, pause. rewind. Attrapons le bon badge. *Fouille fouille* Ah tiens non, il n'y a rien ?

Bon, faut que je fasse le tour de l'immeuble et passe par l'entrée avec la dame à l'accueil. "Bonjour, bon lundi, j'ai oublié mon badge." Elle me connaît très bien mais elle ne m'ouvre pas bien sûr et me lance : "Il me faudrait une pièce d'identité" Certains jours on croirait que je bosse à Fort Knox... 

Ah tiens ? Il n'y a pas non plus ma carte d'identité dans mon sac ? Je vide tout illico sur le comptoir : magazines, ipod, lunettes, porte-monnaie, porte-feuille, livre... non rien, pas de carte d'identité (bon là, ça me stresse un peu plus que le badge quand même... Elle est où ?) "Désolée, je n'ai pas ma carte d'identité. Je ne la trouve pas." Je range tout ce qui traine et m'apprête à entrer. "Vous n'avez pas votre passeport ?" Pfff, je sens que je ne suis pas encore au bureau, moi...

Non, pas de passeport. Mais j'ai ma carte orange ? Ma carte pour entrer au musée ? Ma carte d'étudiant ? Mes cartes de crédit ? Ma carte vitale ? (on sait jamais ??) "Non non, vraiment non..." "Sinon, je peux vous donner une carte de visite" lancé-je d'un air ironique. C'est comme si j'avais dit Sésame ouvre-toi, son visage s'illumine et elle me lance "mais pourquoi n'avez-vous pas commencé par là?" 

 CQFD : pour établir son identité, dans l'échelle des documents probants, il y a donc : carte d'identité, passeport puis carte de visite !

 

Md'E : quand je parle c'est violet, quand c'est la dame de l'accueil, c'est vert

vendredi, 15 février 2008

Et un jour tu te dis : « C’est plus possible »

C'est un jour comme les autres. Il est un peu plus de 15h, tu as bossé environ 17 minutes depuis que tu es revenue de déjeuner et tu sens que l'heure est venue de faire une pause. Une pause tout court mais aussi une pause pipi.

 

Tu te diriges donc, primesautière et féerique comme toujours, d'un pas léger et virevoltant, vers l'adorable placard tapissé de carreaux marronnasses où se retrouvent toutes les gazelles cherchant un point d'eau. Et là, c'est le drame : la sorcière de l'étage se dirige elle aussi vers l'antre de la ladies attitude…

 

Au départ, tu penses pouvoir esquiver mais elle entre alors que tu te laves les mains (oui c'est parce que je me lave les mains avant aussi) et enchaîne direct « Ouh là là là là là, j'avais une réunion à Villejuif ce matin, c'est l'enfer pour y aller et puis c'est pas super comme endroit… » « Ah bon ? Moi j'aime bien, j'y habite… » « Ah ? mais dites donc, du coup, vous savez peut-être si c'est vrai qu'à partir de 20h30 il n'y a plus de bus qui desservent la ville ? » « Ah non, j'en ai aucune idée vu que je ne vis pas à Villejuif ! »

 

Silence de bien… 5 à 10 secondes. « Mais vous venez de me dire que… »


Bruit sec de la porte des toilettes que je ferme en y entrant.

 

Et là… là… LÀ… … ! Il t'arrive un truc que ça ne t'était plus arrivé depuis la 6ème quand tu rigolais trop fort génial kikoolol avec tes copines top sympa : on te parle depuis derrière la porte PENDANT que tu fais pipi… « Mais vous habitez où alors ? » « Dans un appartement » que je lui réponds.

 

Et dans ta tête, tu te parles à toi-même en ton for intérieur et tu dis « Est-ce que c'est moi qui ne suis pas faite pour cette entreprise ou est-ce que toutes les entreprises sont peuplées des mêmes cinglés ? »

Toutes les notes