mercredi, 02 juillet 2008
La modasse
Vous voyez, genre les pages tablier ? Ou alors les pubs pour les soupes et autres produits ménagers de la fin des années 70 / début des années 80 ?
QUI ?
Chaque jour quand on la croise dans les couloirs, ma zïnnvoä et moi, on la détaille. Et on fait ensuite un débriefing sur ce qu'on pense de sa tenue du jour. Comme ça se fait sur certains blogs de modasse. Sauf que là, on sait très bien qu'elle sera jamais à la mode. C'est pas juste que les gens chercheraient le détail qui cloche, vu que c'est elle... le détail...
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jeudi, 19 juin 2008
J’y suis allée
Et c'était un peu comme je craignais.
Mais en pire.
Y a eu les ceux qui savaient mieux que les autres quelles règles appliquer dans « ces cas là » et qui te bassinent avec ;
Y a eu les ceux qui étaient si absorbés par leur terrrible chagrin qu'ils n'ont pu parler à personne sauf aux gens importants ;
Y a eu ceux qui étaient d'une dignité absolue alors que leur douleur devait être tout simplement insupportable ;
Y a eu ceux qui venaient juste se montrer ou faire les curieux façon charognards ;
Y a eu ceux qui ne comprenaient pas pourquoi la cérémonie se passait comme ça parce que bien sûr, eux n'auraient pas fait la même chose…
Et l'irrespect ne prends pas toujours la forme qu'on attendait…
Comme cette collègue qui revenait du marché et avait donc gardé avec elle ses sacs à provisions, ou cette autre qui vagissait de chagrin alors qu'elle ne connaissait même pas les gens concernés et puis aussi celle qui était habillée comme une pute de 50 ans, avec son sac sorti d'une plage de Miami, son jean acheté chez Jenifer, ses mules à talons.
Et il y avait MON irrespect, celui dont j'ai le plus honte bien sûr.
Déjà j'avais pas du tout envie d'y aller, je ne suis venue que parce que je ne voulais pas assumer le regard des autres et pour être présente au cas où ma zïnnvoa aurait besoin d'un soutien moral.
Et puis toutes ces pensées parasites telles que « c'est vraiment pas de chance que ça tombe maintenant, ça va être un enfer au boulot » ou encore « oh mais elles sont toutes râpées les chaussures de BIGboss » ou style « mamma mia mais comment il est miamesque ce beau gosse » voire même « est-ce que y aurait des gens pour le mien ? »
Bref, je me sentais concernée mais pas forcément bouleversée, je l'avoue.
Mais ça n'a rien changé, comme je m'y attendais, des larmes silencieuses ont coulé au moment où j'ai vu sa famille s'effondrer. J'ai été aussitôt envahie d'un chagrin immense. Incapable de mesurer la perte que ces gens viennent de subir, je me suis pourtant sentie en proie à une douleur assez forte pour me serrer le ventre et me faire pleurer…
J'ai gardé toute la journée les relents de la tristesse des autres. Et chaque regard triste me faisait soupirer, ajoutant une pellicule de tristesse, accentuant un peu plus le fait que ce n'était pas la mienne.
13:25 Publié dans Ba bosse | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 16 juin 2008
Je veux pas y aller…
Cet enterrement, c'est tout ce que je ne veux pas avoir à subir : l'hypocrisie de la plupart de mes collègues, la starification de certains autres, le concours malsain lancé il y a quelques jours : « je suis bien plus malheureuse que les autres »…
Et les poncifs débiles répétés à qui mieux mieux :
« on est bien peu de choses ! »
« ah ça, il fallait s'y attendre ! »
« la vie est trop fragile pour perdre son temps en futilités. »
Et pourtant, il va m'être socialement difficile de m'y soustraire.
Je vais donc devoir regarder l'hystérie s'emparer de certaines de mes collègues, pour bien montrer leur souffrance à tous et aussi la peine immense de la famille qui vient de perdre un être cher.
Je sais d'avance que je vais ressortir bouleversée, habitée d'un désarroi qui n'est pas le mien.
J'en veux à tous ces gens -qui ne savent pas se tenir ni respecter les sentiments des autres- de rendre encore plus sordide ce moment déjà choquant en soi…
23:58 Publié dans Ba bosse | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
samedi, 31 mai 2008
Ça sent
Je ne sais pas trop si c'est parce que les gens ont eu reçu cette phrase comme sésame le jour de leur embauche, ou si mes collègues se sont donnés le mot pour nous faire chier, ou si c'est juste moi qui ne sais pas qu'il s'agit là de la meilleure entrée en matière de l'univers mais quand même, tous les gens qui entrent dans mon bureau et celui de ma zïnnvoa annoncent « ça sent le [insérer ici n'importe quoi] dans votre bureau ! »

Et puis les jours de grave sinusite de votre auteur de blog préféré (oui, moi, les malins !!) on peut entendre : « ça sent les médicaments, non ? Un truc comme l'eucalyptus ? »
Nous sommes des personnes raisonnablement propres, plus que le service payé pour s'occuper de nos locaux en tout cas, il arrive donc qu'une furie ménagère s'empare de notre corps et que nous nettoyions un peu le bureau. Aussitôt, la sentence tombe : « ça sent la lingette, j'ai l'impression… »
Malgré nos efforts, on a tout de même pu entendre que « ça sent le renfermé chez vous, dis donc ! » A priori, comment dire, on avait bien remarqué puisque le bureau ressemblait à l'antichambre des égouts de Paris depuis 3 semaines : le plafond gouttait toute la journée, formant de belles flaques dégueu sur la moquette, distillant de fait une odeur pestilentielle dans laquelle nous devions vivre… Merci donc de nous le rappeler !
Ou encore, comme je suis une grande buveuse de thé, on fait une remarque relative à l'odeur de l'eau chaude que je viens de préparer… Ça sentira donc au choix « les fruits, le citron, les herbes, la menthe… » parfois « bizarre » quand on ne reconnaît pas le parfum, ou tout bêtement « le thé ».
A noter, les jours où l'infusion est composée de thym, les Ratatouille en puissance qui nous entourent se fendent d'un fort à propos « ça sent la pizza dans votre bureau ! » Le plus beau étant que même après 3 démentis en 4 jours, « non non, c'est une infusion de thym » on persiste dans l'utilisation de cette métaphore pizzesque…
Aujourd'hui, on a atteint une sorte d'apogée du n'importe quoi « ça sent les algues chez vous, non ? » Problème : pas de thé, pas de fuite d'eau, pas de ménage ces dernières heures. Juste nous 2, la fenêtre ouverte dans le bureau. D'où peut donc venir cette odeur d'algue que les occupantes du bureau n'ont pas même détectée ?
Ce sera quoi la prochaine fois « ça sent la moule ici, non ? »
10:36 Publié dans Ba bosse | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mercredi, 14 mai 2008
La Rentrée
Chronique d'une journée de merde annoncée...
10:09 Publié dans Ba bosse | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
lundi, 14 avril 2008
Meetings
Je fais du 36, je m'habille chez Zadig et Voltaire ou Comptoir des Cotonniers, je suis fausse blonde méchée et je ne sors pas sans une french manucure irréprochable. Mes dents sont très visiblement des facettes [hu une échappée de Miss Swann ?] , mes yeux sont très bleus donc mes fringues aussi et mes mains sont mises en valeur par de très grosses bagues clinquantes façon breloque mais de chez V. de Castellane…
« Bien. Bonjour.
A ce titre, les résultats des études de benchmark sont assez déceptifs. On perçoit pourtant l'appétence des clients pour ce type de service mais la maison [je ne supporte pas les gens qui disent "la maison" pour parler de leur boîte…] n'a pas réussi à labelliser un produit suffisamment sexy.

Mais nous avons à disposition un budget pour faire avancer les choses, nous devons véritablement être moteur sur la question. Je compte vraiment sur vous parce que nous avons un timeline très serré [mais enfin, tu peux pas parler comme tout le monde, non ?] pour mettre en place une process map aussi implémentant que possible. La cerise sur l'investissement serait réellement que la comm' puisse commencer à travailler sur la PLV et leur présenter des drafts de mailing ou de leaflet absolument avant la deadline du 12 juin 21h53. Je suis sincèrement persuadée que ce projet peut loger de nombreuses idées et j'ai franchement hâte de pouvoir échanger avec vous sur le sujet. »
Mon Dieu comme je hais ces connasses qui peuplent mes semaines de boulot…
03:33 Publié dans Ba bosse | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
mercredi, 26 mars 2008
Collègue je t'aime
Et elle, elle avait eu une sorte de réminiscence tout droit venue de l'au-delà… Non mais elle m'a quand même chanté et Topps y a plus d'éponge !!
On sait mettre l'ambiance au boulot oui ou non ?
« Bon, dis-je en refermant, dépitée, un bouquin de 23 kilos et 6789 pages, ce livre sent définitivement le vomi et ne contient rien…
On aime nos collègues oui ou non ?
23:28 Publié dans Ba bosse | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mercredi, 19 mars 2008
Courage, fuyons…
Je suis dans le stress comme ça faisait longtemps que je n'avais pas eu à le gérer (je dirais que le dernière fois c'était début novembre…) à cause d'un dossier qui a légèrement tendance à s'embourber voire à sentir de plus en plus mauvais (ah zut… on aurait dû faire des examens plus poussés dès l'arrivée du patient, on aurait alors vu que ce truc était moisi de l'intérieur…) l'embrouille. Et dans un tel cas, que se passe t-il ? Les chefs font mine de l'air de crayon et hop… ils t'indiquent que tu n'as pas été très claire sur le sujet, ils voudraient un peu plus d'info parce que c'est pas très malin, quand même, de tout traiter toute seule dans son coin. On voit bien ensuite tous les problèmes que ça cause…
Bref, une sorte d'épiphanie a dû les toucher en plein coeur : « et si on faisait tout retomber sur la figure de ba !? »…
Je crois que je ne remercierai jamais assez ze stagiaire au top de la compétence (photo non contractuelle... mais quand même, l'est-il pas choupi mon stagiaire ?) de m'avoir gérée tout l'an dernier… Une fois de plus, je vais être sauvée grâce à lui. Grâce à lui, ce dossier est parfaitement carré, il est bien complet. Grâce à lui, j'ai échangé pendant des heures sur le sujet donc je suis rodée aux questions piège. J'ai même à disposition je ne sais combien de courriels par lesquels nous avons alerté tout le monde sur le fait que ça semblait un peu risqué, cette affaire de chute libre depuis une station spatiale mise en orbite au-dessus du soleil… (fée, je me doute bien que tout ceci est peu scientifiquement probable...)
Reste le vrai souci de fond.
Le souci, c'est cette tentative sournoise de me faire porter le chapeau dans une affaire où je suis toute seule depuis le départ et que je crois avoir traitée aussi tant pour le mieux que possible. Chaque fois que j'ai voulu en parler, on m'a gentiment dit de continuer à tout bien gérer comme je le faisais. Ça fait maintenant 2 ans que cette affaire a été lancée et les boss continuent à me demander de leur « planter le décor » chaque fois que je les consulte sur le sujet.
Eh bien, je me sentais déjà seule sur ce dossier mais là, en plus, je me sens carrément bouc émissaire-isée…

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mardi, 11 mars 2008
Multipass
"Allons bon...", grommelè-je en tentant pour la 3ème fois d'ouvrir la porte de mon bâtiment.
Je m'apprête à me lancer dans une diatribe façon "Y a jamais rien qui fonctionne dans cette boîte de merde." quand je réalise que c'est avec ma carte vitale que je tentais d'entrer. Bon, pause. rewind. Attrapons le bon badge. *Fouille fouille* Ah tiens non, il n'y a rien ?
Bon, faut que je fasse le tour de l'immeuble et passe par l'entrée avec la dame à l'accueil. "Bonjour, bon lundi, j'ai oublié mon badge." Elle me connaît très bien mais elle ne m'ouvre pas bien sûr et me lance : "Il me faudrait une pièce d'identité" Certains jours on croirait que je bosse à Fort Knox...
Ah tiens ? Il n'y a pas non plus ma carte d'identité dans mon sac ? Je vide tout illico sur le comptoir : magazines, ipod, lunettes, porte-monnaie, porte-feuille, livre... non rien, pas de carte d'identité (bon là, ça me stresse un peu plus que le badge quand même... Elle est où ?) "Désolée, je n'ai pas ma carte d'identité. Je ne la trouve pas." Je range tout ce qui traine et m'apprête à entrer. "Vous n'avez pas votre passeport ?" Pfff, je sens que je ne suis pas encore au bureau, moi...
Non, pas de passeport. Mais j'ai ma carte orange ? Ma carte pour entrer au musée ? Ma carte d'étudiant ? Mes cartes de crédit ? Ma carte vitale ? (on sait jamais ??) "Non non, vraiment non..." "Sinon, je peux vous donner une carte de visite" lancé-je d'un air ironique. C'est comme si j'avais dit Sésame ouvre-toi, son visage s'illumine et elle me lance "mais pourquoi n'avez-vous pas commencé par là?"
CQFD : pour établir son identité, dans l'échelle des documents probants, il y a donc : carte d'identité, passeport puis carte de visite !
Md'E : quand je parle c'est violet, quand c'est la dame de l'accueil, c'est vert !
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vendredi, 15 février 2008
Et un jour tu te dis : « C’est plus possible »
C'est un jour comme les autres. Il est un peu plus de 15h, tu as bossé environ 17 minutes depuis que tu es revenue de déjeuner et tu sens que l'heure est venue de faire une pause. Une pause tout court mais aussi une pause pipi.
Tu te diriges donc, primesautière et féerique comme toujours, d'un pas léger et virevoltant, vers l'adorable placard tapissé de carreaux marronnasses où se retrouvent toutes les gazelles cherchant un point d'eau. Et là, c'est le drame : la sorcière de l'étage se dirige elle aussi vers l'antre de la ladies attitude…
Au départ, tu penses pouvoir esquiver mais elle entre alors que tu te laves les mains (oui c'est parce que je me lave les mains avant aussi) et enchaîne direct « Ouh là là là là là, j'avais une réunion à Villejuif ce matin, c'est l'enfer pour y aller et puis c'est pas super comme endroit… » « Ah bon ? Moi j'aime bien, j'y habite… » « Ah ? mais dites donc, du coup, vous savez peut-être si c'est vrai qu'à partir de 20h30 il n'y a plus de bus qui desservent la ville ? » « Ah non, j'en ai aucune idée vu que je ne vis pas à Villejuif ! »
Silence de bien… 5 à 10 secondes. « Mais vous venez de me dire que… »
Bruit sec de la porte des toilettes que je ferme en y entrant.
Et là… là… LÀ… LÀ… ! Il t'arrive un truc que ça ne t'était plus arrivé depuis la 6ème quand tu rigolais trop fort génial kikoolol avec tes copines top sympa : on te parle depuis derrière la porte PENDANT que tu fais pipi… « Mais vous habitez où alors ? » « Dans un appartement » que je lui réponds.
Et dans ta tête, tu te parles à toi-même en ton for intérieur et tu dis « Est-ce que c'est moi qui ne suis pas faite pour cette entreprise ou est-ce que toutes les entreprises sont peuplées des mêmes cinglés ? »
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