samedi, 05 décembre 2009

vous ?

J'ai écrit tout ce qui suit pendant mes vacances de l'autre côté de l'Atlantique. Après l'avoir lue ailleurs. Et puis comme toujours, j'ai procrastiné, me persuadant que j'allais trouver le temps d'illustrer joliment la note. Mais non, alors je publie en l'état.

Vous ?

Je ne prends pas vraiment soin de vous cette année. Je vous laisse partir, venir, vous dissoudre. Je ne me sens pas suffisamment bien/bonne/belle pour vous aimer comme je devrais, comme vous le mériteriez. Alors je laisse ma trouille prendre le dessus, je n'ose ni vous dire que vous comptez ni vous dire que vous me manquez. Je me sens gauche, je ne sais pas m'y prendre.

Vous m'êtes précieux, vous me manquez.

Moi ?

Je ne sais pas. Je m'énerve. Je veux dire, ma personne m'énerve. J'ai l'impression de tout casser dès que c'est joli.

Lui ?

Pffff. On va dire que là, tout de suite, je n'ai pas envie d'en parler.

PetitCoeur ?

Pas chez moi. Je ne vais pas mentir, non, mon envie viscérale de regarder, d'accompagner un enfant qui serait le mien vers l'âge adulte est bien là. Mais elle ne m'aigrit plus depuis un moment, ne me panique plus depuis quelques temps.

De toute façon, je profite des vôtres... De 2 en particulier.

Par quel miracle m'a t-on confié la responsibilité de veiller sur ces 2 charmants garçons ? Peu importe, je m'émeus et savoure. Ils sont tous les 2 très beaux, drôles et malins, me regardent en souriant et me font l'honneur de leur confiance. Je les aime. Fort.

Elles ?

Elles sont patientes, différentes, attentives, drôles, intelligentes… pas toutes là tous les jours et je crois que ça m'est très difficile.

Elle ?

Il n'y a pas vraiment de singulier, il me semble.

Quoi ?

  • Des vacances, celles que j'attendais depuis longtemps et que je n'imaginais pas.
  • Des propositions professionnelles qu'une fois de plus je vais faire foirer.
  • Des agacements perpétuels.

Quel gâteau ?

Sa tarte au citron meringué. Ou des shortbread millionaire.

Rutabaga ?

Jamais goûté mais toujours aimé la sonorité.

A faire ?

  1. Réserver l'hôtel pour Philadelphie.
  2. Souffler sur les bulles et les regarder danser ?
  3. Penser à téléphoner à une heure décente pour les autres. (que je sois ici ou là-bas chez moi)
  4. Sourire, plus fort allez, ça va aller.



samedi, 28 novembre 2009

Reading the newspapers in DC

ceci est une vraie petite annonce, trouvée en lisant le journal ce matin (oui il est encore "tôt" ici)

 

 

 

"wanna blowjob?

 

anonymous, discreet oral service provided to reasonably fit attractive str8, bi masc gay men, no questions asked, no reciprocation permitted. Columbia, man 50's, very clean, clean cut, hgt/wgt proportionate. my best feature? removable teeth. come and get it."


mardi, 24 novembre 2009

Philly, Va.

Sous le déluge total, dans la souffrance des pieds totale mais dans le bonheur total : Philadelphia I kiffed you.

 

Et comme j'ai de VRAIES références musicales et que je peux pas vous poster de photo vu que je squatte le wifi d'un inconnu :

 

dimanche, 22 novembre 2009

My name is...

J'ai eu la chance d'avoir quelques chefs de folie dans ma pourtant très jeune carrière. L'un d'entre eux est une sorte de génie, un pur esprit complètement dans son monde qui tient des raisonnements de fou, pense plus vite qu'il ne parle, coupe des morceaux de son argumentation parce que ça lui paraît évident qu'on suit tous...

Certains jours, il arrive au bureau, traverse l'open space où il a choisi d'avoir son bureau alors qu'il pourrait être seul, s'assied à sa place et enchaîne direct la rédaction d'une note à laquelle il a visiblement pensé pendant son trajet. Quand j'arrive pour lui parler une heure plus tard, je le trouve son cartable sur les genoux et son imper toujours sur le dos en train de taper frénétiquement sur son clavier. Il a l'air de se réveiller d'une transe quand il lève la tête. Un savant fou en somme.  

Il est très spécial et fait globalement assez peur aux gens. Il peut être particulièrement désagréable avec ceux qu'ils taxent de médiocrité et se délecte de la peur qu'il inspire.Moi j'avoue, il m'impressionne encore alors que ça fait 4 ou 5 ans qu'il n'est plus mon boss. En réunion avec des gens plutôt balaises, je l'ai déjà vu vider le contenu de son cartable pour trier ses stylos parce qu'il s'emmerdait. Ou alors sortir une banane et m'en proposer un morceau parce que c'est l'heure du goûter. Tout le monde atterré sauf moi qui ai appris très tôt à rester stoïque et à accepter ce chef un peu spécial. Quand il réfléchit, joue avec l'interrupteur de la lumière. Sauf que y a 10 autres personnes dans l'open space...  

Le hic, le vrai, dans notre relation, c'est qu'il a décidé très tôt de me donner un prénom qui n'est pas le mien. Pour une raison que j'ignore, au lieu de m'appeler "Emilie", il m'appelle depuis toujours "Mélanie". Ca ressemble un peu, je le conçois, mais c'est pas la même chose !!  

Au début, je n'osais pas même le reprendre.  

Au bout de quelques semaines, j'ai tenté la méthode subliminale : "bonjour, c'est Emilie" annonçais-je très fort quand je lui téléphonais alors que mon nom s'affichait sur le cadran. Je signais tous mes courriels de mon seul prénom... Rien n'y a fait.  

Alors j'ai fini par le reprendre directement : "ah non, moi c'est Emilie" Seul, devant des gens, je ne le laisse plus faire l'erreur. Pensez donc, ça n'y change strictement rien.  

On a atteint les sommets quand j'ai reçu une note de sa part sur laquelle je devais lui donner mon avis. Dans la note, il écrit : "Après consultation de Mélanie blablabla..." Bon, là, après 7 ans, avec tout le respect que j'ai pour lui, la peur qu'il me fait parfois, il m'a fallu respirer un grand coup avant de lui signifier clairement mon opinion. Voici ce que je lui dis :

"Pour ce qui est du contenu même de la réponse que vous vous proposez d'envoyer, mis à part le fait que je m'appelle Emilie et non Mélanie, je ne vois évidemment pas de précisions à y apporter."