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L'avertissement

Je sais que j'avais dit que la note precedente serait la première d'une série chouette et gaie mais ça va être compliqué. (Vous notez que je m'adresse à vous comme si vois alliez être déçus alors que 1. je ne sais même pas si y a quelqu'un au bout de la ligne et 2. Je ne sais mê me pas ce que vous attendez de cet endroit...) Bref. Je disais que j'allais pas être super gaie. Mais j'ai une excuse en béton je vous assure.

 Lundi dernier j'ai appris qu'une de mes copines, pas très proche mais quand même, était à l'hôpital.

Elle sortait d'une énième réunion houleuse et fleuve. Elle est retournée s'asseoir. Et puis elle s'est écroulée. Un AVC. Le truc le plus improbable que j'airais pu imaginer vu qu'elle a 10 ans de moins que moi.

Je ne peux pas décrire le choc. J'ai répété je ne sais combien de fois "mais c'est pas vrai ?!" Et puis j'ai raccroché assez rapido parce qu'une énième réunion fleuve mais l'espérè-je pas trop houleuse m'attendait. Et presque aussitôt grand chef est entré, dans un état de stress avancé et m'a lancé d'un ton dur et agacé "c'est quoi ce mail que tu as envoyé ? Il est truffé d'âneries." A ce moment-là, je l'ai regardé d'un air hébété et lui ai répondu à côté de la plaque et sur un ton très absent. Trop difficile de me reconnecter.

Trop tout en fait.

Depuis lundi, je dors très très mal, je pense en boucle à ma copine qui va mieux heureusement et à moi aussi, peut-être un peu égoïstement. En ce moment, je bosse 10 heures par jour les jours calmes. Alors pour avoir un semblant de vie éveillée non travaillée, je traine sur mon canapé jusqu'à pas d'heure à lire, regarder la télé... Faire des trucs inutiles pour pas avoir l'impression de passer ma vie au bureau. Le problème c'est que ma vie sociale est proche du néant : Toute sortie est devenue un effort parce que je suis tellement épuisée que mon esprit n'arrive plus à se concentrer sur des discussions un peu suivies.

C'est pas bien, ni pour le boulot ni pour les heures de sommeil perdues : parce que c'est fatigant et que je m'use. Mais je crois que je vivais dans une sorte de tunnel-bulle. Incapable de vraiment conscientiser cette disparition.

Mais depuis lundi, y a comme une sorte de trouille lancinante qui m'habite. Je pense à ma copine, aux conséquences tangibles, touchables du doigt, de cet investissement ridicule que j'ai mis dans mon boulot. Et j'ai peur. Et je me sens démunie. Depuis lundi, je tourne en boucle les atroces choses qui pourraient m'arriver et je suis comme un hamster dans sa roue : je ne vais nulle part, je ne parviens à rien changer. Depuis lundi, j'ai pas eu un seul moment vraiment serein à part quelques minutes face au ciel parisien.

Ce rappel à l'ordre était un peu trop violent. Ce soir je suis encore sortie après 20h30. Mais je suis pas sortie avachie façon larve, je suis sortie en colère. Devant mon écran soudain je me suis parlé à haute voix dans le calme des couloirs. "Ça suffit les conneries. Tu te casses maintenant." Je vais manger ce qui me fait plaisir ce soir et puis je vais faire du thé, allumer des bougies et me mettre dans mon lit-bateau avec mon doudou étiquettes et mes BD et du chocolat et je vais apprécier cette soirée et me coucher tôt.

A partir de demain, je vais réduire mes horaires en commençant par faire des vraies pauses déj avec tous les gens que j'aime qui sont pas trop loin. Puis je parviendrai à diminuer le nombre de sorties très tardives, une semaine à la fois. Cet avertissement façon drame de téléfilm allemand doit me servir à autre chose que tourner en rond désarmée.

AU BOULOT ! Enfin... Si je puis dire. 

Commentaires

  • ah ben tu me rassures là, tu vois! Enfin, je me comprends...
    Prends soin de toi ma copine.

    (Et tiens, la dernière fois dans ton canapé, juste avant de m'endormir je me suis demandée si t'avais toujours ton doudou étiquette :-) )
    Des bisous

  • Evidemment que j'ai toujours mon doudou !

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