lundi, 25 août 2014

K's choice pour de vrai

Parmi toutes les musiques qui se sont retrouvées par hasard sur mon iPod, il y a eu le miracle K's choice.

Pendant des jours et des jours, j'ai marché dans les rues de Paris, les oreilles pleines de leur musique, traînant mon futur moi un peu mélancolique et beaucoup empli de l'espoir d'une moi meilleure et plus forte. Je tombe sur eux des siècles après tout le monde, je tombe sous le charme en retard.

Et je rate nos rendez-vous à cause de ma manie de ne pas noter les événements dans mon agenda. Alors que je rêvais depuis tant de temps de les voir en vrai, avec le grain de voix moins lisse, les aménagements des chansons, les surprises...

Heureusement pour moi, ma coloc en jimminy cricket qu'elle est, a repéré leur concert, a pris des places et bloqué le calendrier. Elle me rappelle l'air de rien la date de façon régulière. On va y aller !

Le grand soir, je suis un peu en retard malgré ma hâte. Comme toujours. Quand enfin la lumière s'éteint ma voisine et moi avons un sourire doux de compréhension silencieuse et mutuelle.

Je ne connais pas le premier morceau. C'est un instrumental de la BO d'un documentaire sur l'Islande. Inattendu. Je ne suis pas inquiète plus de 20 secondes, les notes me parlent directement aux poils de bras. Je suis un sourire extatique de fan timide.

Et puis le temps a filé tout seul. J'ai applaudi très fort, j'ai frissonné avec les autres au moment de shadow man, je chantais très fort et très faux toutes les paroles que je connaissais. Parfois on se jetait des regards ravis, avec coloc, on était juste bien. Sautillantes dedans et dehors.

A la fin, j'étais si conquise que j'ai souri de leur apparente naïveté quand ils nous ont dit combien l'enthousiasme parisien était spécial pour eux. Évidemment qu'on dit ça dans toutes les villes quand on fait des concerts, c'est un peu comme la récompense pour ceux qui ont payé leur place. Mais cette fois-ci, j'ai eu envie de croire que c'était vrai, que ce concert était spécial pour K's choice parce qu'il l'a été pour moi.

On se revoit dès que possible !

 

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jeudi, 17 mai 2012

Tindersticks au Trianon

  

Pas un bonsoir pas un sourire pas un signe.

La musique commence immédiatement, alors que je ne me suis même pas préparée, que je ne suis pas tout à fait certaine d'avoir déjà entendu une seule chanson des Tindersticks. En route. Pas de préparation. Tu suis ou tu restes là et tu t'occupes en attendant que ça passe.
 
Etant donné l'étonnement que ce début de concert hyper abrupt a créé chez moi, j'ai pas hésité, j'ai ouvert la portière et me suis embarquée avec eux. Au pire, me suis-je dit, je pourrais toujours somnoler à l'arrière ou m'échapper lors de la pause pipi.
 
En réalité, je ne suis pas descendue, je suis restée dans la voiture, j'ai voyagé avec Tindersticks jusqu'au bout. On venait de finir le repas du dimanche dans le Maine, on partait vers le Sud, il faisait chaud, comme une fin de journée d'été, on partait à l'aventure le long d'une route qui semblait infinie. J'ai pensé aux photo douces et nostalgiques de Nicolas Brunet sur la route 66 et à celle-ci en particulier. Le voyage paraissait plein de promesses.
 
Au détour d'une chanson, j'ai fermé les yeux, j'ai écouté la voix profonde du pianiste me raconter l'histoire d'un couple, j'ai laissé couler la musique qui faisait couler sous mes paupières les paysages qui défilent derrière la vitre, je crois qu'on était en Louisiane. Je me sentais seule dans la salle de concert. Comme si c'était juste pour moi que ces notes et ces mots étaient joués.
 
Chaque fois qu'une chanson finissait, des applaudissements nourris mais jamais d'hystérie. Je crois que tout le public était à l'unisson. Enthousiasme profond mais serein.
 
Chaque morceau me faisait vivre des sensations différentes, le voyage avançait peu à peu. De ce fait,  quand j'y repense, j'ai le souvenir d'un moment cinématographique et pas seulement musical. Pas l'addition de moments mais un ensemble homogène. Au point que malgré les applaudissements, j'ai l'impression qu'il n'y a eu qu'un seul morceau.
Je sais qu'à un moment, on s'est arrêté dans un joli motel au bord de la route, il me semble qu'on a aussi pique-niqué sous les arbres pas loin d'un lac, on a fait une pause pour boire un ice cream soda sur main street dans une toute petite ville endormie.
 
L'autre passagère et moi, on se regardait souvent en souriant pendant que le pied ou la tête marquait le rythme. Je ne sais pas si on ressentait la même chose, mais on était heureuses de les écouter. Et puis on a fini par arriver. Mais ce n'était pas triste parce que c'était écrit : on faisait un morceau de route ensemble puis on se retrouverait, si on le souhaitait, en écoutant l'album.
 
Et ça marche, chaque fois que j'entends Tindersticks, je m'en vais.
 
 
 

 

 

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lundi, 14 février 2011

orgasme concerto-fyfien


Comme souvent, on m'a proposé un concert et je ne connaissais pas du tout le nom de l'artiste. Mais l'enthousiasme délirant de ma copine était si communicatif que j'ai dit banco ! (En réalité, je le connaissais déjà un peu, sans vraiment le savoir, sans m'en apercevoir. 2 ou 3 chansons glissées dans mon ipod par ma pourvoyeuse de musique.)

On allait voir Fyfe Dangerfield. Pour vous le décrire en gros Fyfe, c'est surtout des cheveux. Et du talent un peu, additionné de ce qu'il faut pour me saisir par les tripes.

C'est drôle, hein comme certains vous embarquent et d'autres non. Je ne connaissais pas la première partie non plus, je me suis bien ennuyée. Et puis arrive Fyfe Dangerfield sur scène, lui et une violoniste et une altiste. Pour la première fois depuis longtemps en concert, j'ai ressenti physiquement son entrée en scène ; la chanson m'a attrapée au niveau du diaphragme, j'ai peut-être même retenu ma respiration il me semble.

A la fin de la première chanson, j'avais la gorge un peu sèche d'être restée bouche bée, un peu foudroyée par la force de l'émotion envoyée. J'avais des frissons légers, comme une chair de poule sur tout le corps, y compris au bout de mes orteils. Un vrai ravissement quasi une hébétude. Je me suis retournée vers ma copine et je lui ai juste dit : "Wow..."

 

fyfe.png

 

Et ça a continué, toujours plein d'émotion, pas seulement triste ou poignante même si j'ai été au bord des larmes plusieurs fois, émue de ces histoires qu'il me chantait. Oui, à moi et personne d'autre. D'ailleurs, pour bien m'assurer que nous étions seuls lui et moi, je fermais souvent les yeux, pour mieux m'extraire des autres, m'approprier le moment.

De toute façon, Fyfe Dangerfield remplit tellement l'espace que nul n'est besoin de le voir. J'ai passé le dernier tiers du concert derrière une fille installée pile dans ma ligne de mire, je n'ai quasi plus vu l'artiste et pourtant, je ne suis pas sortie une seule seconde de l'instant. C'était physique, émotionnellement physique.

Un vrai génie de l'instant : la guitare se désaccorde ? Qu'à cela ne tienne, il refait au piano l'arrangement imaginé au départ. La chanson est énergique ? Il improvise un gros morceau de folie cacophonique qui semble tout simplement harmonique. L'émotion n'a pas besoin de musique ? Ok, il finit a capella, dans un murmure et pourtant, c'est aussi mélodique que s'il avait eu un orchestre derrière.

Et quand il chante seul, sans musique, ça coule comme s'il savait faire prendre forme physique au moment : il rentre par les pores, par l'air inspiré, par le soupir que je réprime. Il s'épanouit dans mon estomac, comme quand je reprends mon souffle après l'extase.
Je ne vais pas tout vous dire finalement, je vais juste vous laisser pour aller fermer les yeux et me remplir des souvenirs graciles que j'ai réussi à conserver, touches impressionnistes que je n'ose gâcher en réécoutant sa musique.

15:02 Publié dans Ba zik | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 31 mars 2010

Fortune, une tuerie qui déchire grave

C’est un de ces blind concerts dont mes amis ont le secret. Ils s’enthousiasment pour un groupe et m’entraînent avec eux pour les découvrir sur scène. Etant très curieuse de nature, je dis généralement banco même quand je n’ai jamais entendu une seule chanson. Juste pour le plaisir de tenter l’expérience.

C’est un blind concert qui tombe un soir de non-disponibilité complète. Quelques minutes avant que ça ne commence, je ravalais au sens littéral des larmes. J’étais sur le quai du métro, en grande conversation sur moi-même. J’encaissais sans broncher mes 4 vérités vues par la personne qui m’accompagnait, parce que ce n’était pas vraiment le moment de pleurer.

C’est un blind concert dans une salle qui ne me plaît pas du tout, précédé d’une première partie improbable et entourée de conversations dans lesquelles je me sens un peu comme une pièce rapportée. La copine de… à la présence de laquelle on s’habitue.

 

C’est un blind concert absolument terrifique et génialesque.

 

Fortune arrive sans un mot, des garçons hyper assortis physiquement alors qu’ils sont individuellement très différents : celui avec des lunettes, celui en T-shirt, celui aux cheveux longs, celui à l’air sérieux, celui qui se dandine, celui qui ouvre sa chemise de chaud, celui avec un petit pull près du corps, celui a l’air un peu brouillon… (non ils ne sont pas 15...) Tous s’amalgament parfaitement.
Donc déjà, une vraie sensation d’avoir un groupe en face de soi et non pas des personnages mal assemblés. Et j’adore ça, l’impression d’une entité pensante et musicienne en osmose.

 

Ces considérations visuelles paraissent bizarres mais pour moi, c’est important. Pas autant que la musique mais quand même. Et parlons-en de la musique.

 

Autour de moi, on tentait de faire des comparaisons : « ce serait un mélange de truc et bidule mâtiné d’un peu de machin. » En fait c’est juste Fortune. Enfin, « juste »… Fortune c’est le tour de force de faire une musique hyper accessible mais qu’on sent très travaillée, même quand comme moi, on n’a pas de notion technique ni de vraie culture.
Les changements de rythme, l’utilisation de l’ordinateur en même temps que la batterie ou la guitare, tout se perçoit, le moindre détail se remarque pour aussitôt s’oublier dans le bonheur d’entendre l’œuvre finie. C’est beau ET fun.

J’ai dansé sur tous les morceaux, tous. Franchement, j’étais inquiète vu mon état d’esprit en arrivant et pourtant, tour de force inouï, je n’ai pensé à rien tout le temps de leur prestation. Fortune m’a vraiment embarquée dans une parenthèse. J’en suis ressortie un peu sonnée, un grand sourire aux lèvres et un peu lavée des préoccupations d’avant, avec la sensation excitante d’être parmi les happy few qui connaissaient cette nouvelle perle.

 

C’était tellement bien qu’en rentrant j’ai été écouter un peu de Fortune sur Internet. C’était différent de l’ambiance sur scène mais ça tient carrément trop la route. Et la magie avait vraiment opéré, j’avais déjà retenu la mélodie de 2 ou 3 chansons grâce à une seule écoute en concert.

 

Fortune, vraiment, faut y aller, faut acheter, faut écouter.

Sur leur myspace par exemple !

20:24 Publié dans Ba zik | Lien permanent | Commentaires (2)