C'est drôle comme on s'illusionne vite. Je suis partie le stress au ventre, pas rassurée, pleine de ma vie de tous les jours. Mais assez vite, je me suis détachée.
Même si je pensais tous les jours à ceux que j'aime, même s'ils m'ont manqué au point que je sms parfois à certains, même si le boulot a fait quelques incursions bien stressantes dans les vacances, j'étais loin. Pas seulement géographiquement j'entends.
Et puis deux jours avant le retour, alors que je me remets peu à peu dans le bain, que je lis vraiment mes mails pour la première fois en quelques semaines, je m'aperçois de la profondeur de ma naïveté : à mon retour, rien n'aura changé autour de moi. Ces 3 semaines de parenthèse n'auront évidemment pas transformé mon quotidien... tout sera encore là, les dysfonctionnements ne se réparent pas d'eux-mêmes...
Je ne suis toujours pas une épouse mère de 4 enfants vivant dans un pavillon de province dont on respecterait le besoin de calme et la fatigue liée à son investissement émotionnel et physique dans la gestion de sa famille.
Non, je suis toujours cette trentenaire célibataire et sans enfant, au boulot prenant et entourée de plein d'amis. La fille disponible et souriante qui va trouver une solution puisque les gens autour ne le font pas.
Comment espérais-je me leurrer à ce point ? la découverte d'autres cieux, d'autres gens ne change rien. Tout va redevenir comme avant. Non, pas redevenir, être resté.
Après tout si je n'ai pas changé, pourquoi le reste l'aurait-il ?