Mon naturel souriant et de bonne humeur y fait souvent tache. Encore plus si je suis en compagnie et que je ris à ses blagues. Je sens alors peser sur moi tout le poids des regards assassins (parfois) exaspérés (souvent) interloqués (la plupart du temps) : on ne dérange pas le mutisme et la mauvaise humeur des voyageurs.
Autant je comprends bien que la routine, la fatigue du quotidien, puissent pousser les gens à se renfermer, à vouloir s'extraire du métro, autant je ne saisis pas pourquoi on est incapable de permettre aux autres d'être heureux ou tout simplement contents.
Ensuite, j'ai remarqué que les gens (j'aime bien cette expression, "les gens" Je suis la spécialiste des faiseurs de généralités...) ne s'assoient pas, ils se laissent tomber. C'est au point que ça fait normalement sursauter les voisins -grâce à un phénomène sûrement très connu des physiciens sous un nom fort compliqué que moi j'appelle : la vague !
Et puis il y a la gestion du voisin :
le liseur du monde qui le tient bien déplié, vous mettant son coude sur le bras et une page dans l'oeil ;
le bientôt sourd qui fait profiter tout le monde de la musique qu'il écoute ;
la pie qui sait que ça va couper mais qui veut quand même appeler tout son répertoire _pile_ maintenant ;
les démissionnaires qui laissent leurs enfants courir partout et vous marcher dessus mais qui leur crient très fort après pour donner l'illusion qu'ils ont tout tenté mais que décidément... ;
la shoppeuse de choc qui est surchargée de paquets et ne sait pas les rassembler, qui bloque donc le passage à la moitié de la rame ;
l'ado pseudo rebelle qui met les pieds sur le fauteuil parce que même pas peur de la société enfin si un peu quand même, pardon monsieur d'1m90, je les enlève de suite ;
le débarqué de Saturne qui ne sait pas que sur terre, il y a une ou deux inventions du tonnerre comme le savon et le déo, à utiliser quo-ti-dien-ne-ment...