Cet enterrement, c'est tout ce que je ne veux pas avoir à subir : l'hypocrisie de la plupart de mes collègues, la starification de certains autres, le concours malsain lancé il y a quelques jours : « je suis bien plus malheureuse que les autres »…
Et les poncifs débiles répétés à qui mieux mieux :
« on est bien peu de choses ! »
« ah ça, il fallait s'y attendre ! »
« la vie est trop fragile pour perdre son temps en futilités. »
Et pourtant, il va m'être socialement difficile de m'y soustraire.
Je vais donc devoir regarder l'hystérie s'emparer de certaines de mes collègues, pour bien montrer leur souffrance à tous et aussi la peine immense de la famille qui vient de perdre un être cher.
Je sais d'avance que je vais ressortir bouleversée, habitée d'un désarroi qui n'est pas le mien.
J'en veux à tous ces gens -qui ne savent pas se tenir ni respecter les sentiments des autres- de rendre encore plus sordide ce moment déjà choquant en soi…