Elles sont là enfin. Peut-être les premières de 2009.
Enfin non, pas les premières puisque j'en ai versé plein au boulot en tout début d'année. Mais en fait si, les premières larmes sur moi, pour moi.
Je rentrais chez moi en partie à pieds, le bout du nez refroidissant. J'ai senti mon coeur gros, une tristesse s'abattre sur moi. Et puis quelques pas plus loin, dans la nuit froide et silencieuse, un premier soupir très profond et tremblant, les yeux qui se mouillent, la vue un peu brouillée.
Quelques pas plus loin, j'avais le goût du sel au bout de ma langue, un filet d'eau tiède sur les joues. Arrivée dans l'ascenceur, mes épaules ont commencé à être secouées aussi : je sanglotais.
Accroupie dans la cuisine, j'entends l'eau qui bout, je regarde la tasse blanche, j'attends que mon thé infuse. Là-bas dans le couloir, les bruits de la vie qui continue. Les larmes coulent toujours sur moi, ma vie, ma lassitude, mon inertie, mes peurs, mon impuissance et ma colère. Mon quasi-renoncement. L'espoir un instant que ça se calme avant qu'on ne remarque vraiment. Puis la lame de fond qui repasse, les sanglots qui reviennent.
Au bout d'une demi-heure, j'étais lessivée, presque neuve. Prête à partir vers demain. Ce sera bien. Je croise les doigts.