Je ne suis pas là, non.
Enfin à première vue on dirait que si, je m'en rends bien compte mais en fait, je suis ailleurs.
Parmi vous alors que non.
Je me sens observatrice des jours qui passent, comme totalement détachée des événements et de leurs conséquences. J'avance sur pilote automatique : fais mon boulot, révise autant que possible, me repose dès que j'ai quelques minutes, réponds à mes copines de classe inquiètes pour demain. Mais je ne réagis pas.
Pourtant il n'y a pas de doute, je suis vivante :
J'ai mal au dos, j'ai mal au coeur.
Je vis avec mes amis plein de choses, je ne fais pas semblant d'être heureuse ou triste ou concernée quand ils me racontent les dernières nouvelles.
Je pique des fous rires mémorables, partage des moments hors du commun, fais des choses délirantes, rencontre des gens hallucinants.
Malgré tout je m'aperçois que souvent, je ne suis pas là. Je suis absente. De longues minutes pendant une réunion, des secondes interminables alors que je suis au milieu de gens qui discutent. Je décroche, je m'en vais, je suis partie.
Pour tout dire, jusqu'à aujourd'hui, je m'apprêtais même à passer mon anniversaire toute seule à réviser et ça ne me choquait pas plus que ça. Pas triste ou résignée, juste indifférente. Ailleurs.
Je ne suis pas là donc. Mais en fait si. J'ai du mal à vous l'expliquer je le sens bien.
Ne pensez pas que je sois dans une rêverie éveillée, je crois juste que je suis en veille.
Laissez-moi un message, je suis de retour dans plus très longtemps.