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  • Soirée basket

     

    Soirée basket. Pour ce qui allait être, nous ne le savions pas encore, le jour de l'élimination de la France aux derniers championnats du monde. Un carnage allait se jouer sous nos yeux.

    Je suis invitée à aller regarder le match chez quasi-frère, il y aurau ses potes qui font du basket avec lui. Y aura donc lui, sa dulcinée et 3 potes : 2 mariés, un célibataire. Je sais que quasi-frère trouvera le moyen de le faire remarquer. Mais l'appel du basket est le plus fort, j'y vais !

     

    La soirée commene très fort, l'un d'entre eux se met devant la télé et attend la mythique phrase "eh oh, ton père il est pas vitrier !!
    - hé siiiii ! "
    Le pire c'est que c'est vrai, j'ai devant moi le fils du vitrier !!!!

    Le match commence, ça tourne vite au n'importe quoi, on se concentre donc sur les pizzas. On commence par demander aux mecs ce qu'ils veulent "dites les gars je vous sers quoi ?" puis on se tourne vers dulcinée et moi "et vous les garces?..." sourire jusqu'au oreilles de fierté devant cette blague atomique.

    La soirée va clairement crescendo.

    "Oh ça va, pas besoin d'une serviette, j'ai les doigts propres, je me suis lavé les mains hier..."
    " Au fait, si vous voulez boire un truc, faites comme moi surtout : faites-vous servir par le fils du vitrier !"

    Vantant les mérites de sa jolie maison qui me servira de logis pour la nuit, quasi-frère s'exclame " On a les 4 épis hein..."
    Du coup, il essaie de faire dormir le célibataire aussi, il va pas rentrer chez lui tout seul si tard...

    " Tu pourras partager le lit avec baci ?
    - Avec plaisir dit-il pour le faire taire...
    - Moi je filme, enchaîne directement le fils du vitrier."

     

    Le score est à 93/77
    " 2 très beaux départements qui se touchent, nous dit le fils du vitrier. Il nous faudrait un 95/78 aussi."

    "Non mais il est en déséquilibre, c'est normal, il a de grosses couilles avec un petit corps." (il me semble qu'on parlait de l'un d'entre eux et non d'un des basketteurs français...)

    " Putain si on est capable de perdre 23 points en 4ème 1/4 temps, le 5ème quart temps va être fort ! Je pense même qu'un match retour doit être possible là... "

    La France perd. On est un peu dépités, tous, on n'arrive pas vraiment à laisser tomber la soirée du coup... Quasi-frère zappe, et tombe sur la rediffusion en différé du même match. Il s'exclame "On a qu'à regarder ! Imaginez qu'ils gagnent, ce serait génial !..."

    Oui, ça aurait été génial...

    Il y a eu aussi un débat sur les films érotiques, un résumé des derniers épisodes de plus belle la vie et Charlie Sheen dans Ghostbusters. C'était bien.

    Même des mois plus tard j'y pense en souriant.

     

     

  • La gagne

    la_gagne.jpgBen, c'est mon amoureux depuis le collège. L'amoureux un peu interdit au départ, parce que je savais bien que je pourrais pas le présenter à papa sans qu'il grince un peu des dents. Faut le comprendre, savoir que sa fille de douze ans est amoureuse d'un mec de 25 ans au passé trouble, ça lui aurait pas plu.
    Du coup j'ai gardé cet amour secret. Mais il n'a pas faibli avec les années. Et alors que je prenais de l'âge, il restait le même. Pourtant, à chaque nouvelle rencontre, je découvrais de nouvelles facettes de lui et changeais mon regard sur certains de ses actes.
    Ben Sarkissian, c'est le héros de La Gagne, un roman de Bernard Lenteric. Mon premier coup de foudre. Il est mystérieux, violent, silencieux, déterminé, sexy, beau et intelligent. Il est déterminé à gagner toute partie de poker qu'il commence. A tout prix et quel que soit le moyen à utiliser.
    La partie de poker, on la suit au travers de chacun des adversaires qu'il affronte mais on la devine aussi plus vaste que toutes celles qu'il enchaîne avec les cartes.  Parce qu'au coeur du roman, il y a cette partie qu'il joue au quotidien, sans jetons ni cartes. Et l'intérêt de ce roman, c'est justement cette recherche du moindre détail qui pourrait livrer la clef du but que cherche à atteindre le héros.
    Depuis mes 12 ans, j'ai relu ce livre plusieurs fois, à différents moments de ma vie. Il fonctionne chaque fois, y compri  quand je n'ai pas eu le temps d'oublier totalement l'intrigue. Il me semble que si je reste toujours aussi accrochée par ce livre, c'est qu'il contient à la fois les ingrédients d'un bon scénario passionnant et qu'il me donne à réfléchir sur la complexité des liens que l'on tisse : les motivations profondes, les choses que l'on garde avec soi depuis l'enfance, celles qu'on sublime et celles qu'on néglige.
    Je ne me reconnais jamais en Ben Sarkissian et pourtant, outre le fait que je sois amoureuse, son histoire résonne chaque fois quelque part en moi...