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  • la place dans mon coeur

     

    Il y a 7 ans ou presque (putain comme ça file) quand je mangeais ma soupe, le nez coulant et éternuant, seule sur mon canapé lit, enroulée dans mes plaids, prise de vertiges...

    Il y a 7 ans ou presque (putain comme ça file) quand je rentrais chez moi très tard le soir, seule, un peu éméchée, à pieds...

    Il y a presque 7 ans, je me disais qu'en cas de problème, en cas d'urgence extrême, je pouvais compter sur 2 êtres précieux, mon quasi-frère et sa quasi-épouse, ça me rassurait terriblement de savoir qu'ils étaient là. Je savais sans aucun doute possible qu'ils viendraient me chercher, quoi qu'il en coûte. Mon autre pilier vivait (et vit encore) trop loin pour venir en mojns d'une heure trente d'avion.

    Il y avait d'autres gens dans le coin mais jamais de la vie des gens que j'aurais appelés à toute heure pour appeler à l'aide. Je regardais ce couple que j'aime et je les admirais beaucoup parce qu'ils sont de ces êtres généreux capables de donner d'eux à beaucoup de gens. Leur présence me rassurait, moi, assez peu entourée finalement malgré les apparences. Et leur mode de fonctionnement me fascinait : comment peut-on aimer autant de gens, leur réserver une place dans sa vie, sans se perdre ni les diluer ?

    Et puis la fée ma voisine est arrivée, rapidement inscrite sur la liste des appelables à toute heure. En me forçant à sortir quand je ne m'en sentais ni la force ni l'envie, elle m'a fait construire un entourage nouveau. Elle est entrée et je l'ai aimée. Et j'aimais toujours les autres, ceux d'avant elle. Elle a ouvert la porte -et je ne l'ai pas refermée- à plein d'autres gens.

    J'ai découvert cette magie de la place dans le coeur. On a l'impression qu'il est rempli, puis soudain on frappe et miracle, en se serrant un peu... hop... y a la place pour les nouveaux. Je ne sais pas à quelle loi de la physique tient ce miracle : comment puis-je contenir des émotions si fortes pour vous,

    Il y a ces gens que j'aime d'un amour du train train quotidien sans que la force de mon attachement ne s'émousse, il y a ceux qui vivent loin et dont la présence me manque presque chaque jour, il y a ceux que j'aime sans besoin de plus que des blagues sur internet ou par sms et une cuite de temps en temps comme celui que j'épouserais sans hésiter s'il aimait les femmes, il y a ceux que j'aime et que je vois de façon épisodique en soirée, en week-end, en vacances, il y a ceux dont la seule évocation me fait sourire comme mon ex collègue de chinois, il y a ceux que j'aime sereinement sans que nulle promesse ne soit nécessaire comme celle que j'admirais en silence il y a 7 ans et qui est mon amie de moules aujourd'hui, il y a ces 6 enfants à la pensée desquels mon coeur se serre d'affection alors que 3 d'entre eux sont trop petits pour savoir s'ils m'aiment ou non, il y a ceux...

    Tant de gens à qui je pourrais donner un rein s'ils me le demandaient (faut être le premier à demander par contre, désolée) comme ça, sans déclaration d'amour, sans pathos. Vous êtes tous là, même ceux qui ne me lisez jamais, et je vous aime si fort, si profondément, il y a largement la place dans mon coeur, je le constate souvent avec une évidence émerveillée quand je pense à vous.

    Aujourd'hui, je n'ai plus peur de ne pas compter pour mes amis, même quand je suis une goutte dans l'océan de leurs amours, je sais qu'il y a la place dans leur coeur. Je n'ai pas peur non plus de rater des gens ou des histoires, je sais qu'il y a la place dans mon coeur. La place pour toi qui es en train de t'installer, pour toi que je ne connais pas encore, pour toi qui ne le sais pas mais peu importe.

  • Le cowboy

     

     

    Je suis encore au lit, tu n’es plus là. Je ne t’entends pas vraiment, parce que la maison est immense, le bruit de l’eau ne vient pas jusqu’à moi. Je sais cependant que tu es dans la salle de bain parce que je sais d’où s’échappe la musique à fond. De temps en temps, si je tends l'oreille, il y a ta voix de chanteur sous la douche qui tente de la couvrir. Je traîne encore un peu pendant que tu décides quoi te mettre, comme si j’avais du mal à affronter la journée à venir, à moins que ce ne soit juste la flemme qui m’ait envahie. Je me décide à prendre la place laissée vacante. Tu remets la chanson au début et tu files.

    Zéro mot prononcé. Juste les notes de musique. Moi qui fredonne sans connaître. Toi qui chantes faux.

    Je n’ai pas apporté grand-chose à part ce qui se trouve toujours dans mon sac à mains. Je n’ai pas de shampoing par exemple, et toi, tu n’as pas de cheveux. Je fouille quand même au cas où. Je me sens un peu intruse, je ne t’ai pas demandé si je pouvais, j’ai juste décidé que oui. Magie, je trouve même de l’après-shampoing. La musique couvre toujours tous les bruits, c’est comme si j’étais seule ici, dans cette maison loin de tout ce que je connais, loin de tout ceux que je connais. Je crois que je reste longtemps sous la douche.

    Je prends une serviette propre dans la pile, je la déplie devant moi, immense, mais je ne m’enroule pas dedans, je ne me frictionne pas pour me sécher. Elle pend depuis mes mains posées sous mon menton, devant mon ventre, devant mes jambes, elle ne touche que le haut de mon décolleté et mes orteils. Debout, molle, je m'égoutte, je m'évapore. Je sens la chatouille de chacune des gouttes quand elles glissent jusqu'au sol, je sens la chair de poule là où la peau n'est pas encore sèche. Je porte la serviette à mon visage et j’inspire très fort. Je me sens un peu perdue, rien n’a la bonne odeur, rien n’a MON odeur. Je me regarde dans le miroir, j’ai le regard tout flou, les contours de moi se dissolvent dans la buée.

    Mais qu'est-ce que je fais là ? Et qu'est-ce que tu trafiques de ton côté ?