Oui, certaines ont des titres plus nobles et ronflants -type "Gorilles dans la brume"- mais moi, ma lutte sans fin, ma quête du Graal, c'est la protection de l'escargot.
Revenons aux sources de cette bataille pour les droits du gastéropode :
Je suis petite et on m'offre une cage à oiseaux toute simple et super jolie. Montants en bois et petits barreaux assez fins en fer. Une petite porte coulissante sur le devant.
Pourquoi comment je n'en sais rien, je me décide à y élever des escargots. Je vis à l'époque à la campagne -mais une campagne vraiment profonde, hein ?- trouver des spécimens est donc très très facile. Idem pour l'herbe fraîche, les feuilles et autres cochonneries que les enfants sont ravis de tripatouiller.
Attention, pas d'animaux blessés ni mal aimés (mal aimé... je suis la mal aimé...). Régulièrement, je les fais se balader sur mes mains, je m'amuse avec leurs petits yeux d'antennes, je leur donne des feuilles de VRAIE salade que maman met de côté. Je nettoie la cage aussi (je ne me souviens pas où je les mets pendant ce temps, en revanche...) et je les compte, les compare, les observe... Je joue avec eux pendant des heures !
Ma passion pour ces silencieux un tantinet baveux ne s'est jamais démentie depuis. Impossible d'en manger un seul. Vraiment inenvisageable.
Véritable Dian Fossey des temps modernes, j'oeuvre -que dis-je- je lutte pour la protection de l'escargot : je tente de dégoûter tout les gens que je croise de les manger, je sauve la vie des imprudents qui se promènent rue Montorgueil, je ramasse les éclopés, coquille fendillée, qui errent, affaiblis, sur les parking de la fac...

Et rien, non rien, ne pourra arrêter mon combat. C'est celui de toute une vie !