Il y a ceux qui ont besoin de chaleur humaine. Oui je sais bien, sur la plage il fait déjà 50 degrés en moyenne mais pas moyen de les raisonner, ils ont besoin d'amour. Alors la plage est belle, vide ou presque, on pose sa serviette, on somnole mollement en lisant le dernier Mary Higgins Clark et pouf… on a soudain les tongs du voisin à 8 cm de sa serviette, la crème solaire appuyée sur le mollet et le livre de sudoku posé contre le sac de plage. On se déplace un peu, parce qu'on voudrait un minimum de tranquillité et par on ne sait quel miracle, on s'aperçoit que leur petit dernier est désormais en train de creuser son tunnel tout pile sous les pieds.
Il y a ceux qui ont des problèmes de gestion de leur corps dans l'espace. Ou de cécité peut-être ? Bref, ceux qui, immanquablement, marchent sur ta serviette sur le chemin vers la leur. On est parfois à la limite de l'internement du sujet quand il parvient à marcher sur les gens alors que la plage est clairsemée et que l'espace entre les serviettes est de plusieurs mètres. Et que penser de ceux qui se mettent à faire une grande partie de volley ou de raquettes ou mieux, de rugby… à 3 pas de la tête du voisin ? Ils semblent ensuite être perpétuellement étonnés de la propension qu'a la balle de tomber sur la figure des autres occupants de la plage…

Il y a ceux qui sont maniaques, surtout quand il s'agit d'eux-mêmes. Hors de question de dorer au milieu des mégots de cigarette, on les jette consciencieusement au loin, sur les pieds du voisin. Impensable de s'étendre sur une serviette sablonneuse. Secouons-là avec application dans le sens du vent et des voisins. On a envoyé un kilo de sable dans leur gueule ? Faisons mine de rien… Oh ben mon roudoudou attends, je vais aussi m'occuper de ta serviette… Schblaf, deuxième tournée générale de sable ! Oups, ça râle un peu fort là, excusons-nous faussement : « Oh ben avec ce vent, que voulez-vous… » air contrit très peu crédible
Il y a ceux qui se prennent pour des Touareg. Ils ressemblent à une tribu nomade sur les routes du désert. Prêts à affronter toute éventualité. On dirait qu'ils se déplacent avec tout le contenu de leur maison ou presque : serviettes et parasols bien sûr. Et aussi ballons, raquettes, coloriages, tuba, bouées, cerf-volant… Et puis un fauteuil, une natte, une petite chaise, un paréo... Et n'oublions pas la glacière et le panier de pique-nique, des boissons fraîches, sandwichs, biscuits… La crème solaire; l'huile au beurre de karité, le baume à lèvre, la brosse à cheveux... Certaines fois il y a du vent imprévu, on prend donc des petits gilets au cas où. Et pourquoi pas des moufles ?