
Cette photo symbolise un des moments de grâce de mon année 2009, j'ai envie de croire que la choisir me permettra de parsemer 2010 d'instants de grâce.
Je fais le voeu que ça fonctionne pour vous aussi.
A très vite
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Cette photo symbolise un des moments de grâce de mon année 2009, j'ai envie de croire que la choisir me permettra de parsemer 2010 d'instants de grâce.
Je fais le voeu que ça fonctionne pour vous aussi.
A très vite

On est abreuvé d'affiches et de demandes de dons aussi. En général donc, j'avance en pilote automatique et ne remarque rien. Mais là quand même, le slogan me gifle. La comparaison de cet homme à un chien me paraît vraiment insolente. Pas insultante, parce que je ne ressens pas de mépris vis-à-vis du détenu, mais très violente.
Si j'entends bien que les gens ont voulu nous dire « vous donnez une tonne à la SPA pourquoi est-ce que ça ne vous choque même pas que des hommes soient incarcérés dans des conditions humiliantes ? » je me dis immédiatement que tout le monde n'aura pas le même recul. Et un graffiti posé là le lendemain me donne raison : « je trouve scandaleux qu'on compare un prisonnier à un animal. » Voila. Une fois de plus, on atteint les limites d'une communication trop directe dans une société où le bien-pensant est roi et où même les causes à défendre doivent dégouliner de bons sentiments, de barbapapa et de guimauve. Mais qui a volé le second degré et le recul, le sens de l'humour et l'intelligence ?
Sur moi, ça a marché en tout cas. Je suis mal à l'aise chaque fois que je passe devant l'affiche et surtout, je continue à y penser même après. Peut-être parce que c'est moi la cible et que ce mode de pensée est aussi le mien. Je suis effectivement choquée à l'idée que la cause des bébés phoques et de la chasse à la palombe émeuve plus que le sort des hommes. Mais je ne suis pas étonnée : c'est tellement plus facile de donner un os à un chien que d'affronter le regard de cet homme, symbole douloureux de l'échec de la société dans laquelle nous évoluons.
Cette note est un extrait d'un point de vue collectif. Pour connaître les autres, c'est LA.
Madame Lutin est toute fluette et douce, l'oeil pétillant et le sourire communicatif. Comme tous les gens apparemment délicats et sereins, Madame Lutin m'impressionne beaucoup au premier abord. Comme elle me plaît sacrément, je tente quand même de m'incruster dans sa vie. A ma manière pas forcément hyper directe ni explicite. Mais quand même, j'ai l'impression que ça prend.
On se voit au début de manière très épisodique. Avec quand même une sorte d'affection il me semble. Et puis petit à petit, j'ose plus. Je prends de ses nouvelles, elle fait de même. Je tente une question indiscrète, elle aussi. Et ça y est, on partage des morceaux d'intimité.
C'est drôle, ces tous petits morceaux qui n'ont l'air de rien mais qui sont quand même importants. Quand je m'inquiète de trop parler, elle me rassure et je la crois. Je me sens la bienvenue chez elle même à des moments où j'imaginais qu'elle préfèrerait être avec ses plus proches. Et puis voila.
Je marche encore à petits pas précautionneux pour ne pas tout bousculer, pas encore sûre de ma place dans son environnement mais en même temps persuadée que ça ne peut pas être à sens unique. Pour l'instant, on a presque institutionnalisé les papotages autour d'une soupe japonaise et d'un café. J'attends avec impatience la prochaine session.