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  • Les signes que le départ c'est bientôt

     

    Quand j'ouvre mon appli météo, c'est pas ici mais là-bas que je regarde en premier. Aujourd'hui par exemple, il ferait limite frais mais trop humide.

    Cendrillon a reçu un mail de 14 pages posant toutes les questions existentielles que je me posais. Il est plutôt du genre patient il me semble, vu qu'il n'a pas encore annoncé que finalement, il serait pas là pour m'accueillir, un imprévu de dernière minute, trop bête...

    Les gens me demandent tous : "c'est quand, déjà, que tu prends l'avion ?"

    Je réfléchis au contenu de ma valise. Je reprends mes habitudes de liste pour ne rien oublier. Un peu trop pilote automatique quand même : après 24 heures, j'ai soudain réagi que non, pas besoin d'emporter du thé, j'en trouverais sur place.

    Au téléphone, ma mère me demande l'air de rien si je pourrai lui dire que je suis bien arrivée.

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    merci pour la photo

    Les amis de cendrillon m'expliquent que c'est trop un mec sympa, qu'il faut pas que je m'inquiète, que trouver quelqu'un de plus aimable c'est limite pas possible. Je crois qu'ils disent ça pour me rassurer mais moi, je trouve ça louche cette insistance. Je sens qu'en fait c'est un psychopathe.

    Un vent d'organisationite aiguë s'est abattu sur mes clients. Tous leurs dossiers doivent soudain être réglés pour le 13.

    J'ouvre mon agenda au mois d'octobre pour organiser des déj ou des apéros.

    Mon passeport contient un nouveau visa.

    我怕

    我期待着

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    merci pour la photo

     

  • Tortue

     

    J'aime ce moment où tout est parfaitement silencieux, enfin. Pas encore le son des oiseaux dans le parc, aucun cri de passant en ébriété, plus de voitures dans la rue pas même au loin. Il n'y a que le bruit de la pulpe de mes doigts et parfois le cliquetis de mes ongles sur l'ecran de ma tablette.

    Comme une tradition depuis quelques mois, je finis ma journée sur le compte-rendu croisé de ma journée et de celle de mon jumeau. Nouveauté, je disais en même temps bonjour de l'autre côté des fuseaux horaires. Magie des technologies modernes qui rendent proches ces lieux et temps impalpables. La bougie est soufflée.

    Fin de la journée. Extinction imminente de l'écran. Par la fenêtre et les volets ouverts, je regarde dans la pénombre se balancer mes t-shirts sur l'étendoir.

    On vient d'entrer dans mon moment climatique préféré : il fait frais la nuit et je ne laisse dépasser que le bout de mon nez et mes pieds, enveloppée dans ma couette comme une tortue. J'attends que le sommeil vienne.

    Je viens de dire bonne nuit à mon jumeau, qui a 6 heures de retard sur moi, j'ai vérifié au cas où que non, je ne pouvais pas retarder l'heure du réveil pour cause de réunion, j'ai renoncé à un épisode de plus de Glee, c'était déjà beaucoup d'émotions, ce numéro 13.

    Je respire l'odeur de la lessive sur l'oreiller tout propre, du savon à la rose au creux de mon coude glissé sous ma tête. Je voudrais que ce moment dure toujours. Je n'ai pas encore de stress à l'idée du boulot tout à l'heure, j'ai des sourires rémanents de ce week-end improvisé, quasi aucune question de fond pour m'hypnotiser vers le sommeil.

    Je rallume l'écran.
    Je voulais fixer ce moment.
    Cette nouvelle semaine va être chaotique, merci pourtant de commerncer par ce premier moment de grâce.