lundi, 29 juin 2009
Merci de rester assis jusqu'à l'extinction de la consigne lumineuse
It is the evening of the day
I sit and watch the children play
Smiling faces I can see
But not for me
I sit and watch
As tears go by
Ce fut insidieux et très lent. Le processus a duré des mois mais peu à peu, sans que je ne m'en aperçoive vraiment ni que cela fût une démarche consciente de ma part, je me suis retrouvée être observatrice de ma propre vie. Le quotidien continuait à s'écouler tranquillement, sans heurts ni peurs. Je croyais vivre la félicité de la routine, c'est comme ça que je m'expliquais cette absence de montagnes russes, alors que j'étais juste de plus en plus loin de tout, d'eux, de vous, de nous. De moi surtout.
J'ai passé beaucoup de temps à étudier à la loupe la vie des autres. Pas envier ou dénigrer, non, regarder attentivement quelle pente suivaient les autres, quels objectifs les tiraient vers demain, quelles peurs les rebutaient. Je m'étonnais souvent de la différence de point de vue et me l'expliquais par le fait que nous étions un peu à part de toute façon puisque nous avions une histoire moins neuve.
J'ai aussi laissé filer moults choses qui me tenaient à coeur, pour lesquelles je continuais jusque-là, contre toute attente, à râler, insister, me battre, argumenter, discuter... Plus tellement envie de me battre soudain, plus tellement envie de perdre des forces dans des argumentations entre sourds, plus tellement envie d'imposer mon point de vue qui ne valait pas forcément mieux que le sien, au fond. J'ai abandonné petit bout par petit bout des morceaux de moi, des morceaux de liberté.
Enfin est venu le temps du silence. Coupure radio. Pas de blabla sur ma vie, aucune râlerie auprès des copains, par moments même, je m'extrayais de l'instant et laissais les autres vivre sans moi. J'ai laissé filer mon essence. Je passai de nombreux dimanches à lire, des soirées entières à regarder l'autre, à vivre à côté sans lui parler. Même les disputes étaient désormais presque mutiques, je ne hurlais pas, j'encaissais puis je partais calmement m'isoler.
Ma vie était désormais parsemée de non-évènements. Elle filait sans que je fasse le moindre geste pour en prendre le contrôle. Mais ce n'était pas grave puisque officiellement, aux yeux de tous, vue de l'extérieur, je menais la vie dont tout le monde rêve. Plus aucun projet à l'horizon, ni à court ni à moyen ni encore moins à long-terme. Rien n'était plus grave. Tout m'indifférait ou presque.
J'étais résignée.
Assise au bord de la route, je m'apprêtais à regarder passer les décisions qui n'étaient pas les miennes et qui pourtant dessineraient mon avenir.
Pour qui existais-je encore ? Pas pour moi en tout cas...
It is the evening of the day
I sit and watch the children play
Smiling faces I can see
But not for me
I sit and watch
As tears go by
00:32 Publié dans Intibacy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 28 juin 2009
Defi Photo
Pour d'horribles raison de rentrage à la maison trop tard (c'est-à-dire après minuit) je n'ai pas pu poster toutes les photo que je souhaitais lors du défi photo auquel j'ai participé.
Alors les voici quand même, juste parce que je vois pas pourquoi je ferais pas la maligne artiste un peu...

13:47 Publié dans (ba)rtist | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 25 juin 2009
Brève de café
Deux mecs costardés débarquent, l'un d'entre eux pose direct sa tasse sur la table et nous demande :
"Ca ne vous ennuie pas si on vous prend un petit morceau de table ? Continuez à discuter, on ne vous dérange pas...
- Non, non, je vous en prie installez-vous, dis-je. Puis me tourne vers mes amies et demande : De toute façon, on y va, non ?
- Oh mais on ne voulait pas vous chasser... indique t-il d'un air (faussement) désolé.
- Mais si, un petit peu en fait... mais ce n'est pas grave vous voyez, c'est déjà fait, lancè-je en guise de conclusion avec un sourire."
Il m'a regardée d'un air interloqué et j'ai eu envie de lui demander pourquoi il faisait le choqué alors que je ne faisais que relater les faits.
2- Si comme tu le fais croire, tu ne souhaitais pas nous chasser ou nous déranger, que viens-tu faire dans mon espace, collé à mon bras, sur une table tout juste assez grande pour 3 alors qu'on discute paisiblement ?
21:35 Publié dans Ba, bla bla | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mardi, 23 juin 2009
Pourtant...
J'ai presque fait n'importe quoi, pas tout à fait mais presque. On se rapproche du but. Un petit effort et j'y suis.
Moi en mieux qui me demande si ça va, d'un air de le penser, pile le jour où justement ça va pas. Et puis qui me pose la question qui tue, celle que je ne voulais pas me poser mais à laquelle elle me force à penser depuis quelques jours...
Une libellule et des lucioles, ravissants et adorables insectes.
Je ne m'aime pas encore tout à fait tout le temps mais je me respecte plus et me fais donc respecter mieux. Voire, j'ai désormais tendance à penser que c'est normal qu'on m'aime, parfois !
On m'a invitée à danser la salsa, comme ça, pour rien. C'était en attendant de passer ma soutenance. Un moment à part. La fac va me manquer beaucoup je crois. A bientôt ?
"Des apéros. Plein. En petit ou gros comité, un rythme, une ambiance différente chaque soir, des fous rires tous les jours.
C'était vraiment trop bien chez toi, baci." me lance t-il, du sourire dans ses yeux bleus, petit bonhomme désormais d'accord pour me faire la bise. Et à repenser au moment de grâce, tous les 3 allongés sur mon lit, mes bras autour d'eux, ben je suis d'accord avec lui.
Un dîner bientôt avec mon ami de mails.
Mon boulot me passionne toujours autant et... Il me semble que je suis compétente. Ca m'est tombé dessus soudainement quand je me suis aperçue que 3 énormes dossiers étaient bouclés en partie grâce à moi.
Le retour de la spontanéité : une quasi-blind date ce soir juste parce qu'elle m'a bien plu pendant les 2 heures qui venaient de s'écouler et alors que je ne l'avais jamais vue auparavant.
Des projets, des envies, un optimisme tellement profond que -heureusement- je n'arrive jamais à le faire taire tout à fait...
01:58 Publié dans Petits (ba)nheurs | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
samedi, 20 juin 2009
sorry ?
03:21 Publié dans Intibacy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
vendredi, 19 juin 2009
Concours photo via MMS
Les gars je suis fière comme un pou parce qu'on m'a demandé d'être membre d'un jury qui va juger des photo et des vidéos.
C'est organisé par la blugture et l'idée est simple : d'où que tu me lises, tu peux participer pour peu que ton téléphone te permette de prendre des photos ou des vidéos. L'idée est simple ! dimanche, jour de la fête de la musique, tu immortalises un moment qui représente à ton sens l'esprit de la fête de la musique et hop, tu envoies ta photo ou ta vidéo et lundi, je et 4 autres, nous regardons tout et désignons le gagnant.
Bon je schématise à mort, les instructions précises sont sur : http://www.blugture.com
Mais je ne mens pas sur une chose : c'est hyper fastoche de participer et y a des trucs sympa à gagner alors hop, tu t'inscris, non ??
01:59 Publié dans Elle est ba net | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mercredi, 17 juin 2009
Quand j'étais petite
Quand j'étais petite, je fabriquais des bateaux pirates sur la balancelle du jardin, recouverte de couvertures. J'y attachais des coffres et des valises, je rassemblais quelques livres, je prenais mon goûter et hop, j'embarquais pour des aventures magiques en compagnie de mes sœurs avec qui on passait des aprem entiers à inventer des histoires.
Déjà, quand j'étais une petite minus, je demandais à maman d'étaler de grands draps sur la table du séjour et je vivais sous cette cabane improvisée.
Quand j'étais petite, on me demandait sans cesse si j'avais bronzé sous une passoire et ça me faisait beaucoup de peine.
Quand j'étais petite, je lisais tout ce qui me passait sous la main. Tout. Je lisais tout le temps, les emballages, les pub, les livres empruntés à la bibliothèque, tous les « J'aime lire » chez ma nounou, la série rouge toute belle des histoires d'Arthur et Émilie chez ma copine de CP, les topolino en Italie... Je m'en faisais offrir à Noël et pour mes anniversaires, au grand dam de ma cousine.
Et puis, j'ai été plus si petite, et j'ai pris l'habitude de mettre mon réveil une demi-heure plus tôt pour pouvoir lire un peu avant de partir pour les cours.
Quand j'étais petite, je rêvais de porter des tailleurs dans le boulot que je ferais et aujourd'hui, je me bats pour ne pas le faire.
Quand j'étais petite, j'adorais l'école. Je devais être la seule enfant de France à attendre avec plaisir la rentrée des classes de septembre. Et pas seulement pour les copines. Pour apprendre aussi. J'étais première de la classe assez tranquillement, sans fanfaronnade, juste parce que c'était un plaisir d'être là.
Paradoxalement, je me suis beaucoup ennuyée, alors je parlais en classe. Tous mes bulletins depuis le primaire portent une mention sur mon bavardage... Plus tard, je me suis mise à écrire des nouvelles ou des lettres.
Quand j'étais petite, j'ai passé une journée à l'école en chaussons parce que j'avais pas pensé à mettre mes chaussures.
Quand j'étais petite, j'avais une tonne d'amis. Des filles et des garçons. J'étais invitée à plein d'anniversaires, je parlais à plein de monde pendant les récrés. On faisait comme si on était Wonder Woman ou X Or et on se créait des pouvoirs magiques ou on cuisinait les marrons à l'automne ou les cerises vertes au printemps. Et on se parlait des heures au téléphone.
Et puis le week-end ou les vacances, je passais des journées entières toute seule dans ma chambre, à écouter des cassettes de Wham ! ou à lire des énormes romans. Ou plantée devant la télé à regarder croque vacances ou des VHS de dessins animés comme la Princesse Millenium.
Quand j'étais petite, j'ai tué ma tortue parce que je l'avais posée sur la radiateur pour pas qu'elle ait froid pendant mes vacances.
Quand j'étais petite, je posais ma tête sur le torse de mon père quand les soirées des grands duraient trop longtemps et j'écoutais le soin de sa voix qui résonnait à l'intérieur. Je me souviens avec précision de nombreux détails de mon enfance mais d'aucune de ces conversations. Je perçois juste la sensation un peu magique de mon monde d'enfant rêveuse qui vivait de façon autonome au milieu de leur monde d'adulte...
01:19 Publié dans Intibacy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mardi, 16 juin 2009
Tellement proches
Au départ il y a trois frères et sœurs. Tellement proches.
La sœur gérante de supérette, mariée à un exGO et mère de 2 garçons dont un hyperactif qui accumule les bêtises. Le frère avocat, dont la femme mère au foyer s’occupe de donner la meilleure éducation possible à leurs 2 filles dont la plus grande, encore à la maternelle, joue de la trompette, de la guitare et du piano et chante en allemand dans le texte. La petite dernière vendeuse dans le commerce de la grande, célibataire et un peu perdue.
Et puis il y a aussi le père de l’ex-GO, les copains de thé dansant, la baby-sitter, les clients de l’avocat, l’institutrice, les employés de la grande sœur, le mec de la petite sœur, la mamie qui veut passer le permis…
Ça commence comme une sitcom : une soirée réunissant cette famille tellement proche. Un dîner en famille auquel personne n’a vraiment envie d’assister, des gags visuels, des phrases choc, des situations apocalyptiques qui font que j’ai ri bien fort en découvrant tout ce petit monde.
Quand tout à coup... il y a comme un hic, un os, un grain de sable, un souci… Ça y est, je suis attachée à tout ce petit monde et pile là, ça bascule. Pas dans le n’importe quoi -si vous suivez un peu, vous avez noté qu’on y est déjà- non, juste dans une ambiance différente. Il reste des rires oui, mais pas seulement. Il y a aussi de l’émotion quand même, et l’envie puérile que ça se finisse bien.
Les acteurs sont tout pile parfaits, d’une justesse et d’un à-propos géniaux. Vincent Elbaz est toujours mon amoureux secret, Isabelle Carré pile à sa place dans ce rôle inhabituel, Omar Sy sur le fil ne tombe pas dans la caricature. Mention spéciale à Pierre Bénichou juste génial : drôle et attendrissant dans son rôle de coiffeur chauve et perruqué à la retraite.
Je ne vais pas dire que ce film m’a fait réfléchir sur le sens de la vie bien sûr mais il m’a emportée tout bêtement. J’ai passé un bon moment avec cette famille loufoque, qui ne pourrait pas être la mienne, qui n’est a priori pas très crédible et à laquelle pourtant, le casting a réussi à me faire croire.
On y parle en francs parce que ça se passe dans les années 90, on y revoit les modems qui se connectent en faisant le bruit du téléphone, on découvre d’horribles immeubles cristoliens, bref, j’ai trouvé ce film vraiment drôle (j’ai ri aux éclats plus d’une fois), tendre, tout mimi, émouvant et joyeux.
Ca sort demain et sincèrement, si vous avez envie d’une chouette comédie française pas obsédée par les clichés générationnels, ben faut y aller.
00:02 Publié dans Du pop-corn, Ba ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 15 juin 2009
A la belle étoile
Alors donc, ainsi qu'abordé très rapidement il y a quelques temps, j'ai dormi à la belle étoile pour la première fois. Oui, je vous entends, il était temps...
J'ai déjà dormi sous la tente, bien sûr. Mais ce n'est pas la même chose parce que si fine soit-elle, la toile de tente crée une impression de maison, de lieu qui protège. Or, le sommeil est tout de même un moment où on s'abandonne complètement.
J'ai décidé soudain que je ne voulais pas dormir à l'intérieur, qu'il était plus logique et plus naturel de rester dehors.
Dont acte.
Posée sous les grands pins dont les cimes se balancent lentement dans le vent,les yeux grands ouverts sur l'obscurité. Je distinguais à peine le noir du ciel de celui un peu moins profond des branches.
J'ai tenté de capturer cet instant de nuit mais je n'ai pas réussi. Chaque jour, de mon lit improvisé, j'ai ouvert les yeux sur ça :

Chaque soir, je me glissais sous une montagne de couverture. Très vite, le bout du nez et les pommettes étaient glacées parce que les soirées sont vraiment fraîches dans le coin au printemps.
Surtout, le bruit apaisant et magique des vagues puissantes de l'océan atlantique me berçait. Un des bruits que j'aime le plus. Rien à voir avec le ressac plus discret de la Méditerranée, la rumeur de l'atlantique est juste indescriptible.
On ne peut pas dire que je me sois endormie tout à fait rassurée, je me suis même réveillée juste avant l'aube, le coeur battant parce qu'un grattement que je ne reconnaissais pas semblait se rapprocher de moi. Une fois que j'ai osé ouvrir un oeil, j'ai vu qu'il s'agissait juste d'un oiseau...
Qu'importe, se réveiller avec la lumière du jour puis s'enfouir sous les couvertures pour voler encore quelques heures. Ecouter le murmure de la nature même quand on est si proche de la civilisation, c'est magique.
01:30 Publié dans Ba, bla bla | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 08 juin 2009
Mint tea
Très vite je me suis aperçue que le thé à la menthe allait émailler mon voyage. Au départ parce que 'on m'en a offert, ensuite parce que chaque fois qu'on s'arrêtait pour boire un verre, je choisissais le thé à la menthe sur la carte. J'ai donc décidé de les noter pour me souvenir de chacun de ces moments.
Au final j'en ai bu 18 en 9 jours. Ce qui ne fait qu'une petite moyenne de 2 par jour... dont 6 pour le petit déj.
n°1 : bienvenue au Maroc, voici un petit thé pour te remettre du voyage.
n°2 : regarde la vue sur la baie de Rabat depuis le jardin des Oudaïas et prends un gâteau aussi, allez... !
n°3 : après le couscous, il faut, un thé à la menthe !!
n°4 : un café à J'Dida, en route vers Essaouira et une pharmacie ouverte en ce samedi aprem
n°5 : sur un bout de table à Oualidia, pour accompagner des beignets tout chauds
n°6 : petit déj devant le parc à huîtres
n°7 : devant la cheminée du ryad d'Essaouira
n°8 : petit déj en terrasse sous le vent à côté des araucarias
n°9 : à la terrasse du café des surfeurs, pieds au vent et au soleil, à Sidi Kaouiki juste avant une balade en dromadaire sur la plage déserte
n°10 : au resto de popeye, après ma première pastilla au poulet
n°11 : petit déj crèpes mille trous et goëlands gourmands qui piquent les beignets dans l'assiette
n°12 : une terrasse au soleil couchant, épuisée après 2 heures de massage
n°13 : au chaud devant la cheminée alors que j'étais frigorifiée mais toute joyeuse de ma découverte de l'araignée de mer grillée
n°14 : dernier petit déj à Essaouira
n°15 : après un dîner sur la place Jemaa El Fna, verveine pour l'une mais pas pour l'autre
n°16 : dégustation de khlie (sorte de tuerie que je sais pas écrire) avec mes oeufs et quelques gorgées de thé
n°17 : dîner avec la coccinelle arrosé de thé à la menthe !
N°18 : petit déj au soleil, servi par un serveur beaucoup trop lent qui devait avoir compris que je voulais pas partir...

23:49 Publié dans Ba trip, Quand l'appétit ba | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note



