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  • Intérimaire

    Ca commence par un passage de relais devant le square. Petigarçon court jusqu'à moi, limite il me fait une bise : ça commence trèès bien ! Et fillette toujours tirée à 4 épingles demande aussitôt le programme du jour.

    Ô surprise, il y a une aire de jeu dans le square. C'est parti pour les cavalcades et les glissades et les singeries... Petit tour d'horizon. Ca semble pas très amical par ici : chacun son banc. Je prends donc le mien et observe du coin de l'oeil les autres pendant que je surveille les zouzous. Morceaux choisis :

    "Papaaaa [zavez remarqué cette tendance à appuyer la dernière syllabe ?] j'ai fait pipi dans mon pantalon, est-ce que t'as un change ?"
    "Baciiiiii ? y en a un grand qui m'a dit je sors du toboggan..."
    "Mais je suis petite, alors j'ai peur !!!"
    "Je l'aime TROP ce toboggan."
    "Mets-toi là, Maman, tu dois me regarder quand je joue..."

    Fillette commence à s'ennuyer, s'agirait pas que ce soit la fête que d'1 sur 2. Alors on va faire les courses pour le dîner du soir et le goûter. Nourritures bien méritées puisque la fourbe que je suis les fait marcher tant qu'aucun ne demande "Mais c'est loin chez toi ?" Ajoutons les 4 étages sans ascenseur et on a bien mérité la meringue rose et les mikado !

    Entre le goûter, les consoles, les dessins et les discussions, c'est l'heure de la douche. 1er vrai moment de flottement : personne ne veut y aller. Bon, ben on utilise les souvenirs de baby sitter : ferme et définitif, de toute façon tout le monde y passera. Cessage immédiat des râlages. Ajoutons à la négo un "Le premier douché utilise la DS jusqu'au dîner" (ça fait un bon quart d'heure) et Petigarçon saute de ses vêtements...

    Dîner pantagruélique puis ouverture du canapé-lit "Mais c'est comme un tour de magie !?! " (j'aime avoir l'air géniale, j'aime les enfants) On ne racontera pas ici -au cas où la maman lirait- qu'on s'est endormi en passant une demi-heure dans la pénombre devant les dessins animés. 21h28 extinction des feux. Et endormissement immédiat des 2 zouzous.

    Bon, j'ai pas dormi très profondément, d'abord parce que petigarçon est une vraie chenille qui se tortille la nuit (il a posé ses pieds sur mes fesses, mon dos, mon épaule...) et aussi parce que je crois que j'étais sur le qui vive, qu'ils se sentent pas stressés en se réveillant dans un endroit qu'ils connaissent pas.

    Ce matin, réveil un peu tôt par une petite voix ensommeillée qui chantait "pirouette cacahuète". Fillette, la pauvre, est réveillée une heure plus tard par mon réveil que j'ai oublié d'éteindre... Petit-déj en 2 temps : le traditionnel jus de fruit/tartines puis 1 heure plus tard, petit-déj n°2 : on copie baci et hop, pizza froide pour tout le monde !

    C'était fatigant (stress de mal faire ET fatigue physique devant tant d'énergie) mais c'était aussi très très bon. Plein de moments de rires, sourires et d'attendrissement. Et l'émotion d'entendre à nouveau des enfants dormir... c'est beau cet abandon dans le sommeil.

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  • Aiseux contentement

    Le bonheur c'est jouer au baccalauréat en disant des bêtises grâce à l'animalphabet qu'on vient de découvrir.

    Le bonheur c'est apprendre à faire pipi appuyée contre un arbre parce qu'on est trop saoule pour s'accroupir stablement.

    Le bonheur c'est sentir son émotion et sa joie à la vue du cadeau qu'on a réussi à faire sans qu'elle sache rien.

    Le bonheur c'est savoir que si on trouve l'audace, il suffit de prendre le taxi et que derrière la porte ouverte, on est attendue. Moi ? Moi ! Moi...

    Le bonheur c'est du coaching qui se termine en rigoling chez ses amis où on se sent bizarrement à l'aise.

    Le bonheur c'est au moins un déj par semaine depuis la rentrée et le téléphone qui me semble naturel et j'aimeuh.

    Le bonheur c'est rire comme des bossues -alors qu'on devrait dormir- en décortiquant les tenues et les répliques d'AB.

    Le bonheur c'est partir énervée à une soirée et y rire très fort et en repartir avec des tas d'invit' à se revoir, que ça fait plaisir.

    Le bonheur c'est écrire cette note d'une traite sur un cahier tout neuf à 2h32 du matin alors qu'on cherche le sommeil.

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    Le bonheur c'est partout finalement, faut que je cesse de râler.

  • 12 septembre

    Le 12 septembre 2001, je prenais l'avion pour rentrer à Paris après un week-end prolongé à Toulouse passé à réviser pour la session de rattrapage de mon DEUG d'anglais.

     

    Oui, le 12 septembre 2001, j'ai pris l'avion.

     

    Je me souviens très bien que ce furent mes premiers contrôles un peu sérieux au portique de sécurité. Je prenais l'avion une bonne dizaine de fois par an et j'avais l'habitude de trucs un peu freestyle. Mais pas ce jour-là. Ce jour-là, tout le monde était sérieux.

     

    Et puis je suis montée dans l'avion. Il y avait un groupe d'hommes assis du côté gauche, des juifs ultra-orthodoxes : habillés en noir, avec la longue barbe. Ils avaient aussi l'air un peu arabisant. Je n'exagère absolument pas quand je vous dis que les gens se dévissaient la tête en passant à côté d'eux. Ignorants de la différence entre un musulman et un juif orthodoxe, on sentait que tous se faisaient mille films sur ces potentiels terroristes islamistes.

     

    Une fois tout le monde assis et compté, nous sommes descendus sur le tarmac. Un gros tas de valises attendait, les hommes de l'aéroport à côté. Chaque passager devait désigner son bagage qui était alors mis dans la soute, puis on remontait s'asseoir dans l'avion. Heureusement, le vol était loin d'être complet.

     

    Au bout d'un temps qui m'a paru infini on a décollé. Très en retard. Et même sans pouvoir en être certaine, je suis persuadée que tout le monde dans l'appareil a pensé aux tours tombées la veille, à la suite d'un détournement d'avion.

     

    Le 13 septembre, je retournai travailler dans mon immeuble de 40 étages à La Défense…

     

  • La plage

    L'eau limite trop chaude. En plus pleine d'algues pas belles. Et où on a toujours pied.
    Qui ensuite perle sur la peau, roule en gouttelettes jusqu'au sable sur lequel je viens de m'étendre. Puis s'évapore laissant sur ma peau un réseau irisé de cristaux blanc brillant.

     

    L'odeur de l'huile prodigieuse, du mélange des crèmes solaires, de l'iode, des vagues, de la mortadelle, du sel sur ma peau.

     

    Les cris des enfants qui se courent après et chahutent dans l'eau. Le flux et le reflux des vagues qui s'échouent. Et puis, à travers mon oreille collée au sol, le bruit des pas qui me contournent, de ma respiration qui s'apaise et des conversations brouillées sur la serviette d'à côté.

     

    Le sable qui grattouille, la main qui caresse, la crème qui glisse, l'eau qui coule, le paréo humide, le sable qui brûle la voûte plantaire… La peau jamais tout à fait au repos, qui se réchauffe au soleil et reste fraîche côté ombre.

     

    Le pain qui s'émiette, la gorgée d'eau douce après la baignade, le granité au citron tout sucré et pourtant si acide, si froid que j'en frissonne sous le parasol où il fait au moins 30°. Et surtout, le goût du sel sur mon épaule.

     

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