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mardi, 31 janvier 2012

In extremis

 

Je n'étais pas bien sûre de la photo que j'allais choisir cette année. J'ai fini par me persuader que la meilleure manière de commencer 2012 était de se projeter dans un paysage de rizière et puis la tonalité ne convenait pas. Je voulais emporter en 2012 un peu de la sensation de plénitude ressentie au Vietnam. Et cette photo est un des grands moments d'émerveillement calme de mon voyage. Je n'ai pas dormi depuis presque 30 heures, le soleil est devenu doré, à gauche des dames lavent leur linge dans le bassin au beau milieu d'un sublime temple et je suis à Hanoï. Sensoriellement quasi hypnotique.

Je veux qu'une partie de cet instant m'accompagne encore. Me soutienne en 2012. Et je voulais tenter au travers de cette carte de vous en donner un peu.

 

voeux-2012.jpg

Au final, je l'adore cette photo et j'aime bien ce qu'elle donne comme carte aussi. Et pourtant, je n'ai pas réussi à l'adresser à mes amis. J'ai été prise de court par ce mois de janvier plus court qu'un mois de février.

Sauf que j'ai pensé à vous le dire souvent et que donc j'ai envie de vous le dire et que par conséquent je me dépêche de taper mes mots, ceux qui se sont agrégés dans mon cerveau ces dernières semaines, pour vous les offrir avant la date fatidique du 1er février.

Belle et heureuse année 2012. Que les remous boueux et les avenirs tortueux que les actualités et les personnages politiques se plaisent à ressasser ne vous empêchent pas d'apercevoir les étincelles que recèlent chaques journées. Celles qui s'inscrivent dans la couleur du ciel le soirs de ciel étoilé, l'éternuement d'une mini-bean, la folie d'une réunion qui dérape, les cafés qui durent des heures, les livres que la main ne veut jamais refermer, la peau que l'oeil n'arrive pas à cesser de caresser...

Les étincelles, elles viennent enrichir les moments de paix ou dynamiser les instants un peu languides. Elles me semblent indispensables donc je vous les offre aussi. En même temps que le zen émerveillé du soleil couchant vietnamien.

 

Portez-vous bien.

Je vous bise.

Fort.

Et espère à bientôt.

 

dimanche, 22 janvier 2012

Et quand on meurt ?...


A et B ont 9 ans. Ils sont super potes et ont souvent des discussions un peu lunaires. On ne croirait pas, s'agissant d'enfants si jeunes. On imaginerait peut-être des débats sur le foot, la wii ou les cours de récré alors que pas du tout.

Ce soir, on se baladait ensemble. Et je les écoutais d'une oreille discuter :
" Moi souvent, je me pose des grandes questions et je me demande qui connait les réponses, disait A.
- Ah oui, moi aussi je me dis des trucs et je pense que c'est compliqué certaines choses.
- Par exemple, je me demande qu'est-ce qu'il se passe quand onk est mort...
- Je suis pas sûr, dit timidement B, mais je crois que quand on est mort, on se retrouve dans une sorte de paradis où tout le monde vit ensemble. Mais tranquillement. Tu vois, c'est un endroit où tout le monde est gentil, et même les criminels ils seraient différents. Il deviendraient gentils et ne feraient plus de mal aux gens."

A ce moment, aucun des deux n'a parlé d'enfer. Ni même réellement de la mort. Et puis vient le questionnement : 
" Et qu'est-ce qu'il se passe une fois que t'es dans une cage de bois bien fermée ? S'inquiète A.
- Dans une prison tu veux dire ? Comme une sorte de tour ?
- nonnon,la cage de bois que tu peux pas en sortir. Je sais pas comment on dit...
- Un cercueil je pense, tenté-je pour les aider.
- Oui, voila, un cercueil. Tu peux jamais l'ouvrir quand tu es dedans et pourtant quand tu meurs, tu te retrouves au paradis.
- Mais tu es sûr qu'on va au paradis ? "

Je sens B un peu plus dubitatif mais en même temps pas complètement nouveau sur la question, on sent qu'il y a quand même pensé une fois ou deux.

" Mais oui. On revit une vie comme en ce moment mais le monde est mieux. Tu vois on est dans cette rue mais elle est un peu transparente et y a des nuages par terre parfois aussi. Et tu vois les échafaudages ? Ben en fait, y en aurait pas au paradis. Parce que c'est mieux. 
 J'ai illico envie d'aller vivre au paradis. Ça a l'air hyper beau.
- oui et peut-être qu'on peut voler s'enthousiasme B.
- Ah non, y aurait une gravité quand même."

A qui est décidément hyper mystique pose alors LA question :
" quand on a vit au paradis longtemps...
- Quand on a vécu...
- Oui. Quand on a vit longtemps...
- Vécu, A, on dit quand on a vécu (oui, je suis chiante et rabat-joie et empêcheuse de philosopher, je sais...)
- Quand on a vécu longtemps au paradis et qu'on remeurt, on va en enfer ou on revit ?
- ah je sais pas, on va dans un autre paradis n°2 ?
- Mais non hein, c'est pas possible. Tu crois qu'il y aurait 1023 niveaux de paradis, par hasard ?
- Ben oui, pourquoi pas, insiste B.
- Mais enfin c'est trop nul comme situation, interviens-je, on est déjà mort une fois, on va au paradis et on remeurt ? Pourquoi on resterait pas juste au paradis pour toujours ? 
- Non. Quand a fini sa vie du paradis, on devient quoi ?..."

Je. Sais. Pas.

mardi, 10 janvier 2012

Un petit moka sans sucre

 

 
Radiohead - No Surprises par popefucker


A heart that's full up like a landfill
A job that slowly kills you
Bruises that won't heal

 
Tous les jours à la même heure, tâtonner à la recherche d'un interrupteur, ouvrir les yeux et passer quelques secondes à réfléchir à cette journée qui commence.
Ne plus jamais utiliser la touche bien connue des procrastineurs, se lever et filer direct sous la douche.
 
Efficacité et sourire. Tentative désespérée d'oublier que j'aurais dû faire le tri depuis longtemps dans les sensations et sentiments qui jonchent mon cerveau. S'oublier dans le boulot, se dire que tout à l'heure, à la pause-café, il faudra savoir faire bonne figure.
 
You look so tired and unhappy
Bring down the government
They don't
They don't speak for us

 
Et tous les jours, pour mieux mener cette lutte vaine vers un avenir meilleur, boucher ses oreilles et son cerveau aux nouvelles. Me focaliser sur mai prochain tout en tentant de ne pas croire trop au changement de peur qu'il n'ait pas lieu. Me persuader que j'aime encore mon pays qui ne croit plus aux droits de l'homme, fuir fuir fuir.
 
Se boboïser à mort, prendre son café du midi à la brulerie où on peut choisir parmi tout une variété de grains, faire la maligne en commandant un moka ristretto. Un moka, parce que le café me ramènerait à ma condition de lambda.
 
I'll take a quiet life
A handshake of carbon monoxide

 
Respirer à fonds les odeurs de gaz d'échappement sans plus y prêter attention. Ne me rendre compte de la pollution que quand je respire l'air de la montagne qui pique un peu.
Avoir envie de pleurer ou de laisser crier l'angoisse quand je me rends compte de la proportion de gens qui ne mettent jamais l'environnement non pas au coeur mais même en périphérie de leurs choix de vie.
 
With no alarms and no surprises
No alarms and no surprises
No alarms and no surprises
 
Être tiraillée entre mon instinct altruiste et mon sentiment d'injustice : pourquoi jouerais-je les Don Quichotte quand les autres avancent vers et pour eux-mêmes ? Pourquoi n’aurais-je pas droit, moi aussi, à un monde sans surprises ?
 
Silent
Silent
This is my final fit
My final bellyache with
No alarms and no surprises
No alarms and no surprises
No alarms and no surprises please

 
Choisir l'oubli et le renoncement, même si ça fait mal parfois. Parce que tuer l'instinct, c'est long et compliqué, il revient à la charge, ce fourbe.
Mais choisir de ravaler tout ça et de vivre dans le silence, dans la bulle coconneuse que crée l’individualisme. Je n’aime plus personne et pas même moi. Et je réfléchis à m’acheter ce nouveau sac à main à 499 euros. Couleur moka plutôt que tabac, c’est plus dans les tons de l’hiver, cette année.
Acheter le silence de la superficialité.
Se savoir protégée et hyper privilégiée dans mon monde pourri gâté de cadre supérieure célibataire.
 
Such a pretty house and such a pretty garden
No alarms and no surprises
No alarms and no surprises
No alarms and no surprises please

 
Acheter des petits gâteaux pour les déjeuners entre amis du dimanche. Des éclairs, des religieuses et des mokas, bien emballés dans la boite blanche du pâtissier. Se demander si ce n’est pas ça, finalement, le bonheur : une maison avec un petit jardin bien propret comme seul univers, comme un bunker au sein duquel rien ne peut m’atteindre.

Pas même les discours xénophobes et réducteurs de mes gouvernants qui pourrissent mieux que la « crise » les esprits de mes concitoyens.
 
Et cesser de rêvasser sur mon bol de thé, enfiler mon manteau et mes chaussures, et partir travailler en sachant que, si, bien sûr que si, la douleur au ventre en pensant à ce que devient mon pays sera encore là aujourd’hui. Et demain. Et après…
 


Paroles et musique : Radiohead – No surprises


00:30 Publié dans Intibacy | Lien permanent | Commentaires (4)

jeudi, 05 janvier 2012

Les Goonies

 
Parmi les moments précieux de mon enfance, il y a les dimanche après-midis pluvieux des mois d'hiver. On s'installait dans le grand canapé tout mou, avec des couvertures sur les genoux, des chocolats chauds et des gâteux sur la table basse et on choisissait une k7 video à regarder ensemble.

On c'est mes deux soeurs et moi. Dix ans d'écart d'âge entre la première et la dernière, tentant de trouver un truc regardable par toutes les 3. Souvent, très souvent, le choix s'est porté sur les Goonies. Les Goonies, vous connaissez tous, rassurez-moi ? Au cas où, je vous mets la bande-annonce :

 
 
 
Les goonies, c'est l'histoire d'un groupe d'enfants qui passent leur temps libre ensemble. Il y a l'intello asthmatique, le bavard qui se la joue un peu, le grassouillet maladroit, le geek Mac Gyver, le grand frère sportif, la pom-pom girl et sa copine rigolote à lunettes. Mais là, c'est leur dernier week-end, parce que l'intello et son grand frère doivent déménager, ils sont expulsés par un agent immobilier qui veut y faire un truc luxueux.

Et en faisant les cartons, ils trouvent une carte au trésor. Et c'est le début des aventures.

Combien de fois ai-je vu ce film ? Combien de phrases apprises par coeur ? Certaines même sont devenues de vraies ponctuations quotidiennes comme "Alerte au con c'est Choco !" ou les "boum j't'attrape" ou tout le film !

Ce film est plein de trouvailles rigolotes, un scénario pas complètement débile ni débilitant alors que c'est pensé pour un jeune public. Les décors sont fascinants, j'ai rêvé souvent pouvoir vivre une aventure pareille. Aucune idée des qualités techniques car ce n'est pas ma spécialité mais il reste un très bon moment filmesque. 

Et je l'ai revu même adulte et la magie a opéré !