samedi, 29 novembre 2008

La looseuse de l'ascenseur

Ma règle est simple : je ne suis au boulot qu'à compter du moment où je suis assise sur ma chaise devant mon ordi.

Le matin, je m'autorise le droit de ne pas sortir la tête de mon bouquin ni les écouteurs de mes oreilles et ce, tant que je ne suis pas arrivée DANS mon bureau.

ascenseur.jpgL'ascenseur est donc en route vers mon bureau mais pas encore au bureau. C'est comme mon sas de compression (non non c'est pas une coquille) le moment où je laisse à la porte autant de ma déglinguerie que possible et où je me mets en condition pour gérer les gens très sérieux qui peuplent mon quotidien professionnel.

Et si j'y suis seule, c'est jackpot. Je peux vraiment me défouler à fond avant de commencer la journée. Je me dépêche de finir mon chapitre. Je chante voire je danse. Et les portes s'ouvrent et je suis à mon étage, un dernier entrechat, une grande inspiration et j'ouvre grâce à mon badge la porte de mon service.

Ou alors : les portes s'ouvrent et c'est pas le 8ème mais le 5ème et un collègue se retrouve nez-à-nez avec moi. Qui chante donc. Et se trémousse sur Personnal Jesus............ Un ange passe.

 

"Tu as un problème de crédibilité", me dit on parfois.

 

Non sans blague ?

 

jeudi, 27 novembre 2008

Décadence

J'ai décidé ce jour qu'être décadente c'est se dire vers 23H30 alors que je suis dans mon lit à clavarder et lire et regarder la télé, que dîner serait une bonne idée.

 

Qu'être décadente, donc,

c'est manger des oeufs au plat au bacon

allongés de quelques gorgées de coca bues directement à la bouteille,

couchée sous ma couette.

mercredi, 26 novembre 2008

Camille

Au départ, Camille ne me plaît pas. Elle me met mal à l'aise. Sa chanson "Ta douleur" passe en boucle à la radio, à la télé. Le clip est tout simplement pas regardable à mon sens. Je la zappe. Tout le temps.
Et puis je la vois chanter en vrai "Au Port" à Taratata et puis j'entends tous les matins sans savoir qui c'est mais en aimant "Gospel with No Lord" et puis je la vois faire 2 chansons au Grand Journal. Désormais, elle m'intrigue plus qu'elle ne me met mal à l'aise.
Des amis vont à son concert et adorent. Ils en parlent des étoiles dans les yeux, mettent d'autorité tous les albums de Camille dans mon ipod et me disent qu'ils retournent la voir au Zénith et qu'en prime d'eux y aura une cop que j'aime trop.

Où des bonnes et des mauvaises raisons me font acheter un billet de concert.

Elle entre sur scène, seule. Bizarre bizarre dans ses gesticulations. Je suis un peu inquiète, j'avoue. Elle se redresse et enchaîne illico, toujours seule sur cette grande scène et a capela. Le public se met à applaudir fort puis fait mine de taper dans les mains en rythme.
En fait non, un silence de cathédrale tombe : ce petit bout de femme nous a pris en otage avec juste sa voix et les percussions sur son torse.
Le reste de la troupe arrive, elle mène tout le monde à la baguette. D'un geste de la main elle "envoie" les sons à reproduire, fait signe d'enchaîner ou d'arrêter. Un ballet de gestes.

Où un lutin chef d'orchestre a pris le pouvoir.

Je ne pense qu'une seule seconde de ce concert n'ait pas été répétée 12 fois et pourtant, il reste de la place pour le pétage de plomb et l'imprévu "collez mon micro, s'il vous plaît... avec du gaffer" chante t-elle soudain. Ca ajoute de l'insolite sans casser la construction.
Puisque tout est pensé, chaque détail semble fascinant. Chaque bruit, chaque son est distinct et mêlé aux autres. J'ai cherché un moment les percussions avant de m'apercevoir que c'était un human beat box et les pieds des messieurs choristes qui en faisaient office.
Et puis y a pas de raison qu'on fasse rien ! Si c'est ça on va servir de bruiteur à coups de miaou miaou, de percussionnistes des pieds en sautillant en rythme, de choeur en attrapant au vol les sons qu'elle nous envoie.

Où tout est potentiellement un instrument de musique.

C'est beau, drôle, envoûtant, émouvant. Ca tient presque du génie : elle est fraîche, capricieuse et survoltée, elle nous transmet tout ça sans façon, avec un naturel et une spontanéité désarmants.
Elle tente maladroitement de faire de la pub pour son concert téléchargeable gratuitement sur son site, gère à merveille les temps morts et les loupés, dirige tout le spectacle sans l'alourdir de sa main de despote.
Après le rappel d'usage, elle revient faire un peu le cirque. C'est fini, on l'a bien compris mais on persiste et elle continue : les derniers rappels seront un juke box. Le public choisit les chansons qu'il veut !

Où le concert qui n'en finit pas d'offrir des surprises.

C'était sublime, je ne regrette vraiment pas, j'ai adoré. Le temps de vous raconter tout ça, j'ai déjà téléchargé 3 des 5 blocs du concert. Hâte de revoir...

lundi, 24 novembre 2008

Déj en ville

J'ai testé pour vous : le RU (ou resto U ou restaurant universitaire)

Bref, le RU [à prononcer comme la rue] c'est le lieu où déjeunent les étudiants pressés, fauchés, résignés, habitués... (rayez si nécessaire les mentions inutiles) donc pas du tout le lieu où JE déj. Je suis une femme active, quoi, qui mange des plats trendy dans des resto chicos le midi voire même je suis une ex-étudiante qui a jamais foutu les pieds au RU pendant ses études.

Jusqu'à ce jour du mois de novembre : aujourd'hui, 45 minutes pour déjeuner, fac au milieu de nulle part entre l'autoroute et la voie de métro. Bref, peu de solution de repli ET besoin de faire l'étudiante-type un peu pour me fondre dans la masse et être aimée de mes camarades.

Découverte du lieu : a priori c'est la cantoche du lycée en un peu pire niveau locaux et choix. La formule est simple, entrée + plat + dessert pour moins de 3 euros. (en fait, j'ai compris plus tard que c'était plat + 2 éléments, je peux donc prendre 2 desserts ou une entrée et une boisson soda...)

Je décide de faire l'impasse sur l'entrée. Entre la macédoine non assaisonnée à l'allure douteuse et la tranche de pâté qui traîne depuis trop longtemps, impossible de choisir. Ne pas choisir, c'est toujours choisir disent certains : je choisis de vivre après le repas.

Choix par défaut du plat : devant l'affriolance des légumes proposés, je prends sans y réfléchir l'assiette de steak frites qu'on me tend automatiquement...

Passage ensuite au rayon dessert. Entre la mimolette sous plastoque et la poire un peu blette, je saisis un ramequin au 1/3 rempli de ce que je pense être de la compote.

La cuisson du steak est idéale, bouilli semelle très hype. Il est tout bien carré façon viande surgelée très très très bas de gamme... mais mangeable on s'en doute. Passons sur les frites molles (bouillies elles aussi ?) nous voici déjà à l'heure du dessert. Je n'ai toujours pas décidé s'il s'agissait de compote ou de confiture. Bien incapable aussi de déterminer ce que je mangeais : abricot, pêche, mélange ?

plateau.jpg

Y a meilleur, mais c'est plus cher.

dimanche, 23 novembre 2008

(Double) Couch potatoe

Enfin potatoe faut déconner, on est top délire sexy hypra fuckable.

Bref, un des trucs sympa avec la télé en général et la télé dite poubelle par certains, c'est de se raconter à chaud ce qu'on ressent en voyant les images, en entendant les commentaires, en découvrant les péripéties qui se déroulent sur l'écran. (Je dis pas petit parce que désormais, certains sont très larges)

Alors quand on est célibataire et sans coloc, c'est un peu compliqué de partager ce type de trucs. On trouve donc des expédients : les soirées girly devant la Nouvelle Star, le squattage de canap avec sushi et amis pour suivre la Starac par exemple.

Mais le mieux, le top du top, c'est que j'ai une copine de télé par chat ou téléphone selon les cas et la caractérisation de l'urgence.

tv.jpg

Il y a donc des jours où je suis devant la télé, elle aussi et soudain bling ! On commence à délirer. Pas tout le temps, pas toutes les secondes. Mais quand ça fait tilt, on se le raconte par onomatopées, smileys et exclamations diverses. Le truc rigolo c'est quand on réagit en même temps.

Parmi les moments géniaux : comment avoir mal aux abdo de rire devant Elliot le détective qui s'y connaît en planque miteuses, comment se moquer comme des cinglées des participants à Confessions Intimes ou Le Grand Frère, comment halluciner en voyant les recherches d'appart' des autres, comment raconter n'importe quoi à cause du départ d'Edouard, comment demander confirmation de ce qu'on a compris de la série en cours, comment téléphoner toute la durée de l'île de la tentation...

En plus de ma régulière, j'ai des invitées : l'île de la tentation, Elliot ou autre sont parfois suivis en direct live avec plusieurs personnes. Ca devient le gros bordel et c'est très fun.

Si vous voulez participer : bienvenue !

vendredi, 21 novembre 2008

Pendant ce temps à Veracruz...

Pendant ce temps dans l'Océan Pacifique, le 7ème continent est né. Pas encore habitable mais déjà nocif. Moi, ça m'a fichu la trouille et j'ai un peu traîné ensuite sur Internet pour en savoir plus. Giflée.
Merci à Sufragettes

Pendant ce temps à Nice j'ai pour la première fois réfléchi à la meilleure façon de prendre mes photo.
Merci à Thomas dont l'absence crée un gros vide !

poupoupidou.jpgPendant ce temps à Paris, je veux les mêmes courbes qu'elle mais bon faut pas rêver alors je me contente d'aller me marrer tous les jours devant ses tribulations.
Merci à Olivia

Pendant ce temps à la maison, ça sent le tabac froid et le vin rouge et la pizza et la fessée et le bonheur des rigolades.
Merci à mes amis.

Pendant ce temps sur mon téléphone portable, un message : c'est non. Pas de nouveau travail. Juste l'ancien qui continue.
Merci à mon karma.

Oui merci.

J'ai réfléchi et tout est bien.

C'était pas le moment tout bêtement.

Je vais me concentrer sur tout le reste qui remplit ma vie.

Près ou loin. Nouveaux ou anciens. Je vous aime, les gens.

 

mercredi, 19 novembre 2008

Les mercredis des musicos surfeurs (9)

Parfois le surfeur est juste épuisé. Epuisé d'émotions, de tentatives ratées, de j'aimerais bien mais y a pas moyen, j'ai essayé plein de trucs mais rien ne fonctionne. C'est pas que l'envie ne soit pas là, non, juste que c'est pas le moment, pas le bon spot, pas ce qu'il faut quoi. On sent bien qu'il manque pas grand chose, que rien ou presque suffirait à rendre le moment propice sauf que quand ça veut pas, ça veut pas.

Et tout le monde l'aura compris, on y est un peu là. J'ai plein d'idées, d'envies, de musique de surfeur prête et puis voilà. Oui voilà, j'y arrive pas. Je m'y suis pris trop tard, j'ai la tête pleine de choses à raconter mais pas forcément de la musique. Pourtant tout est là, tout est en place. Les règles et les idées. Une liste de thèmes à associer aux musiques que j'écoute souvent. Mais non. Rien.

En tant normal, je serais atterrée : tout le groupe de potes est là, à surfer tranquillou et voila t-il pas que moi je fais ma looseuse qui respecte pas le mood collectif. qui fait du refus d'obstacle. qui traîne quand tout le monde attend. qui se ridiculise, même ? Oh et puis zut, non ? La dictature du groupe ça va bien 5 minutes. Les vagues, faut les sentir. Le surf, c'est pas une bonne idée quand on n'est pas à fond, quand on minaude. Tout ou rien.

Fut un temps où j'aurais été à la limite de la panique. Que vont penser les gens ? Que va penser mon commanditaire ? Et puis en vrai, je parviens désormais à m'affranchir de la pression que je me mets toute seule. Si ça plaît pas ben personne lira, si c'est bien nul ben ça sera pas publié dans le mercredi de la musique des plaies et est-ce que je vais en mourir ? Je pense que non...

Certains jours, on a beau avoir le surf, les vagues de folie et l'envie... ça veut pas c'est tout. Y a probablement des raisons à ça mais ai-je envie de les expliquer ? Probablement pas aujourd'hui !

 

Alors laisse moi
J'ai pas envie de te plaire
Ni le temps d'expliquer
Laisse moi

 

 

Bon je vous laisse, je dois enfiler ma combi et farter ma planche !

lundi, 17 novembre 2008

I call it...

light.jpg

Une certaine idée du bonheur.

 

Des balades, des discussions à n'en plus finir, de la vapeur, du picon bière, ses fossettes, des colliers, du musée, des couleurs.

Partager, sourire, s'émouvoir, avoir envie.

On marché assez pour se fatiguer les muscles mais ouf, on a mangé des cookies qui déchirent et une glace, mais aussi des antipasti et des ravioli de chez le traiteur rital.

Je suis comme chez moi ou presque, un des endroits où je suis le plus moi, le moins inquiète à l'idée de faire des impairs. Ils sont tout simplement ma famille probablement...

Et puis grâce à la grève des pilotes, des minutes volées à mon employeur. C'est un cadeau tombé du ciel, au sens propre presque !

 

La cerise sur le gâteau : une sieste sur la plage, mi-novembre. Je peux me la péter 5 minutes orgamisques ou bien ?

plage.jpg

Ma chanteuse préférée le chante très bien alors je partage :

 

collier.jpg



Non, la vraie cerise, c'est ouvrir sa valise et avoir les larmes qui montent aux yeux de plaisir : posé sur le dessus se trouve une surprise (c'est écrit dessus) laissée là sans que je m'en aperçoive. J'ai un nouveau collier en plus de ceux que je me suis offerts ce week-end !

vendredi, 14 novembre 2008

Empathie

 

Je suis une personne particulièrement empathique. Je veux dire, je pense être largement au-dessus de la moyenne en matière d'empathie.

 

Pour schématiser à l'extrême, je suis heureuse quand les autres sont heureux et triste de voir les autres tristes.

 

Mais c'est moins simple que ça n'en a l'air : je vais également me sentir concernée quand le collègue d'un ami m'explique qu'il a un ongle incarné, quand le marchand de poisson s'angoisse du bac que son fils ne bosse pas assez, quand une copine m'annonce que sa voisine va avoir un bébé, quand j'apprends que Paris Hilton a retrouvé ses culottes…

 

Alors vous imaginez dans quel état je suis quand il s'agit de quelqu'un pour qui j'ai de l'affection (même un début de…) ?

 

Instinctivement, j'ai envie de prendre les gens dans mes bras, de rire avec eux, de leur rendre le sourire ; je fais le nécessaire pour ne pas les mettre dans l'embarras, je note les détails qui pourront faciliter la suite -comme les goûts culinaires ou les phobies.

Je ressens physiquement les tensions dans un groupe alors je vais tenter d'alléger l'ambiance. Beaucoup prennent ça pour du consensualisme parce que je vais également faire en sorte d'éviter les sujets qui fâchent trop. Mais non, c'est pour mon confort.
sin.jpg

Le paradoxe de cet état de fait, c'est que je suis obligée de cultiver un détachement extrême, au moins en apparence.

 

Pour me protéger moi, d'abord. Absorber toutes les émotions des autres est nerveusement épuisant. Même les bonnes. Je ressors parfois lessivée de conversations ou même de minutes silencieuses.

Pour protéger les autres, ensuite. L'envahissement est vite arrivé quand on réfléchit au fait que le corollaire de l'empathie, c'est l'envie spontanée de partager tout ça. J'ai peur de déborder si je ne me contrôle pas.

 

 

Au final, les gens pensent parfois de moi que je suis tout à fait indifférente alors que c'est juste la distance de sécurité !

 

Depuis de nombreuses semaines, j'ai les larmes aux yeux mais je ne sais pas le lui dire parce que je ne sais pas si c'est bien ma place de lui dire mon affection, à ma douce de l'ouest.

Actuellement, je suis dans un état de stress et d'inquiétude pas possible. Je sens bien, jour après jour, que ça ne va pas mieux et qu'elle s'affaiblit. Et je me sens impuissante, je ne suis pas là.

Ca doit faire un mois environ, j'ai des papillons dans le ventre parce qu'elle est amoureuse et que ça fait briller ses yeux.

Le mois dernier, sa voix était si chargée de bonheur quand il m'a dit qu'il avait réussi que je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en l'écoutant. Le sourire est resté longtemps après avoir raccroché.

J'ai passé une journée entière dans l'euphorie quand elle m'a dit que bébé était en route.

 

précieux.jpg
Tous vos sentiments sont là, précieux, protégés, fragiles, blessants parfois...

jeudi, 13 novembre 2008

J +17

Et j'attends.

Probablement pas de réponse avant J+23.

Alors j'attends.

Rien n'est perdu bien sûr.

Donc j'attends.

J'ai des accès de stress.

Mais j'attends.

J'y pense 24 fois par heure, peut-être plus.

Parce que j'attends.

L'impatience est très grande.

Et puis j'attends.

Tout le monde subit cette incertitude.

Juste j'attends.

J'ai très très envie de ce poste.

Du coup j'attends.

Il paraît qu'ils me diront bientôt.

EH OH ? j'attends là....

 

 

Quand vais-je enfin savoir si je peux poser ma démission ?

 

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