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Ba lit - Page 14

  • American Gods

    J'avais envie de découvrir Neil Gaiman depuis un petit moment. La communauté de lecteurs qui m'entoure en disait généralement beaucoup de bien et je suis très curieuse. J'ai donc acheté American Gods (comme son titre ne l'indique pas, c'est en français parce que je n'ose pas lire de science-fiction en anglais de peur que mon niveau ne me fasse rater trop de subtilités) il y a un an et soudain, faisant fi de mes obligations ringuesques, j'ai décidé que son moment était venu. Grand bien m'en prit car j'ai été transportée.
    Le point de départ de l'histoire tout d'abord : Ombre sort de prison, il est mystérieux car ne semblant pas sujet aux emportements ni aux explosions de joie, il est calme, très calme et adore les tours de pièces empalmées. Alors qu'il ne lui reste que quelques jours à faire, il est libéré pour assister aux funérailles de son épouse, morte dans un accident de voiture. En route pour chez lui, il croise le chemin de Voyageur, qui lui propose un emploi : être son garde du corps. On sait dès le départ que cette association ne va pas manquer de nous surprendre puisque Voyageur ne fait pas signer de contrat d'embauche, il scelle leur accord avec un verre d'ambroisie d'hydromel. C'est ainsi qu'Ombre entre dans les préparatifs d'une guerre entre les Dieux historiques de l'Amérique, ceux connus de tous temps et vénérés partout, on croisera Odin, Horus, les sorcières... et les Dieux que se choisit l'Amérique, ceux qui représentent tous les nouveaux concepts que la technologie au nombre desquels se trouvent Voiture, Media, Ville...
    C'est palpitant, très documenté, vraiment original. Les personnages sont vraiment fouillés, ils ont chacun une âme, une saveur particulière. Et jusqu'à la fin, j'ai été menée par le bout du nez, chaque nouveau rebondissement me faisait à la fois halluciner "il est dingue !" et en même temps, ça s'inscrivait dans la logique de l'intrigue "mais bien sûr ! c'est pour ça que..." J'avais vraiment envie de savoir ce qu'il allait se passer dans le chapitre suivant, j'avais du coup du mal à me résoudre à m'arrêter de lire : "allez, un chapitre de plus ou de moins" et voila comment j'ai écourté mes nuits ! Ombre m'a fait penser à Ben Sarkissian, le héros dont je suis trombée amoureuse au collège. La réalité de ces Dieux est très complexe et pourtant, elle m'a parue totalement plausible. Les problèmes rencontrés par ces Dieux faisaient écho en moi : crise de la foi, idolâtrie à la mode, grands idéaux dont on voudrait faire "sa religion", le progrès nuit-il aux traditions et à la communication ? Toutes ces idées trottent dans la tête en même temps qu'on lit, j'y pensais en même que j'étais happée par l'histoire, bref, ce livre m'a fait du bien.

  • Le Photographe

    Cette bande dessinée en 3 tomes est une sorte de carnet de voyage. Je dis "une sorte" parce que je ne crois pas que le photographe à qui sont arrivées toutes ces péripéties apprécierait que je limite son histoire à un petit trekking en Afghanistan. Ce serait vraiment réducteur.

    Didier Lefèvre est reporter, il est engagé par Médecins sans Frontière pour suivre une mission en Afghanistan. L'objectif est de montrer dans quelles conditions les équipes médicales -mais également les populations- gèrent les urgences médicales comme les petits bobos, comment le manque d'infrastructure peut être un problème mais également un accélérateur d'intégration à la vie locale. Alors Didier Lefèvre prend des tas et des tas de photo. Il photographie l'expédition à pied du Pakistan à l'Afghanistan, les nuits à la belle étoile et celles où on se cache des soldats russes, les villages par lesquels on passe, lesliens qui ne manquent pas de devenir très forts entre lesmembres de lamission, les Afghans malades, parfois très gravement blessés puisque c'est la guerre, mais aussi ceux en pleine forme, qui sont curieux d'en savoir plus sur ces étrangers et puis il photographie aussi son retour vers le Pakistan. Didier Lefèvre a décidé de le faire seul avec un guide alors qu'il ne parle pas la langue locale.

    Les 3 tomes racontent donc tout ça et plus, dans l'ordre chronologique, celui indiqué par les planches contact tirées des dizaines de pellicules qu'il a utilisées. Il y a donc un mélange entre les scènes entièrement dessinées, des photos grand format, des planches de contact. Alors on plonge tout de suite au coeur des émotions du photographe. Ca a vraiment été un choc pour moi : à la fois culturel et émotionnel. Se dire que ça s'est passé dans les années 80 et qu'aujourd'hui, probablement que rien n'a changé ou presque m'a beaucoup émue. C'était presque douloureux de prendre conscience soudain à quel point on a ignoré ce pays et ses Hommes. Et puis les émotions moins "intellectuelles" celles qu'on ressent à la vision brute des photo de tous les blessés, ils sont tellement poignants ces médecins qui risquent leurs vies pour que des gens enclavés par la guerre puissent recevoir les soins de base, j'ai eu si peur pour le photographe pendant son périple retour, tout seul aux mains d'hommes pas toujours bienveillants.

    Si l'on excepte leur prix, il n'y a rien qui devrait vous empêcher de courir lire ces livres. Exigez que votre bibliothèque se les procure si ce n'est pas déjà en rayon !

  • Stephanie Plum

    Je l'ai rencontrée grâce à amazon. Je venais de décider que j'allais me remettre à lire en anglais mais je ne voulais pas me décourager tout de suite. Alors j'ai pris soin de choisir le livre, pas ennuyeux, pas prise de tête non plus, pas de la grande littérature pour ne pas être rebutée par les difficultés linguistiques.

    Et me voila donc en train de parcourir la liste des livres les plus vendus : je tombe sur Janet Evanovich. Elle a créé le personnage de Stephanie Plum, vendeuse de lingerie devenue chasseuse de prime par nécessité, l'idée des titres de sa série me plait (leur traduction française n'est pas au top je trouve !) et je sais déjà que je finirai le livre : j'aime beaucoup les polars. Je me procure donc One for The Money et commande dès le chapitre 4 les tomes 2 et 3.

    Et  j'ai eu raison parce que Stephanie Plum est top croquignolesque !

    • Sa famille unique : Entre la grand-mère octogénaire qui se découvre des envies de nouvelle jeunesse et fan des veillées au funerarium de Stiva, la soeur qui a tout réussi dans la vie, la nièce qui se prend pour un renne, la mère qui l'espère mariée à chaque homme qu'elle croise et surtout celui par qui tout va commencer : son cousin Vinnie, à la sexualité très intrigante, qui l'a embauchée sous la menace dans son entreprise de chasseur de prime...
    • Ses hommes : il y a son amoureux d'enfance Joe Morelli devenu policier donc souvent en concurrence avec Stephanie, son mentor Ranger le chasseur de prime à qui elle réclame de l'aide quand elle est au fond du gouffre, son ex-mari avocat qu'elle terrorise quand elle veut obtenir des info confidentielles et à qui elle fera payer jusqu'au bout sa partie de jambe en l'air sur la table de leur ex-cuisine avec Joyce Barnhardt.
    • Son boulot : Stephanie est tout sauf organisée, elle n'est pas non plus spécialement sportive, range son arme dans sa boîte à cookies et obtient tous ses résultats ou presque grpace au hasard ou à sa maladresse, autant dire qu'on est loin des enquêtes tout en réflexion à la Hercule Poirot
    • Ses animaux : il y a Rex : le dangereux Hamster qui vit dans une boite de soupe, qui aime le raisin et se nourrit de toute la junk food que sa maîtresse lui donne et qui est son confident le plus fidèle et aussi Bob, le chien incontrôlable qu'elle emmène faire ses besoins sur la pelouse de Joyce Barnahardt...
    • Ses assistants : Lula, la prostituée sans complexe qui tente chaque fois d'utiliser son arme, Connie, la secrétaire de son cousin qui lui fait passer des dossiers faciles pour qu'elle puisse gagner un peu d'argent, les assistant d'un jour qui se prennent des héros et font tout capoter...

    Bref : découvrez Stéphanie Plum... Parce que même si c'est formaté (je pense que tous les livres font à quelques lignes près le même nombre de pages, les ingrédients restent somme toute assez classiques et je crois qu'aux Etats-Unis, le marketing joue à plein ) on est tout de suite accroché : c'est drôle, ça bouge et les personnages sont suffisamment farfelus pour que les enquêtes soient vraiment originales...

  • De la difficulté d'aller jusqu'au bout

    J'ai dernièrement eu la malchance de tomber sur un livre qui ne me plaisait pas. Je dis la malchance car heureusement pour moi je ne suis pas très difficile. Et il vaut mieux parce que je lis un très grand nombre de livres chaque année, sans vraiment les choisir. J'entends par là que j'enchaîne les lectures sans vrai temps mort entre les livres, je lis d'ailleurs plusieurs ouvrages en même temps, pas toujours dans le même style et pas toujours dans la même langue (ça c'est pour faire ma flambeuse, un peu...)  Si on ajoute le fait que je ne choisis pas vraiment mes livres : à part quelques auteurs dont j'achète systématiquement tous les livres, je choisis mes lectures en fonction de la couverture du livre, du titre et du nom de l'auteur voire même de la place du livre sur l'étalage de la librairie.

    Donc dans l'ensemble, je lis tout et n'importe quoi, sans jamais m'ennuyer ou presque. Mais là, donc, j'ai commencé l'année avec Françoise Xenakis. Un livre qui m'a bien plu jusqu'au milieu, à commencé à m'agacer entre le milieu et le dernier tiers et m'a franchement causé de la peine à lire pour les dernières pages... J'en ai un peu parlé autour de moi (quand je dis ça, c'est généralement un euphémisme pour : j'ai gravement saoulé tout mon entourage plus ou moins proche) et la réponse qui venait le plus fréquemment était : "mais pourquoi est-ce que tu le termines ? Laisse tomber !" ou autre "Moi quand c'est nul, je ne m'acharne pas..." Eh bien moi oui, je m'acharne !! Je ne peux pas ne pas finir un livre, même si je le laisse de côté deux/trois semaines avant de le terminer, je ne peux pas me résoudre à ne pas aller jusqu'à la fin. Un peu comme si j'espérais que ça s'améliore dans les derniers chapitres, je me sentirais presque coupable de ne pas lire jusqu'à la ponctuation finale... Je ne peux jamais me convaincre de laisser tomber.

    Mais là, pas d'heureuse surprise, j'ai trouvé l'écriture lourde jusqu'à la fin, je n'ai rien découvert qui rattrape ma sensation d'ennui dans les derniers chapitres... Bref, j'ai écouté la voix de ma conscience pour rien : Maman, je veux pas être Empereur annonçait le tire... ben j'aurai plutôt appelé ça "Maman, j'aurais pas dû acheter ce livre" parce que le style est redondant, les anecdotes sont répétées trop souvent, les points de vue croisés, à la fin, n'apportent rien du point de vue de l'analyse des événements, c'est plat. Mais je sais déjà que cette expérience malheureuse ne m'empêchera pas de tenter -la prochaine fois que je tomberai sur un livre ennuyeux- de trouver un intérêt quelconque au roman dans les dernières lignes...