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Blog me tender - Page 8

  • Adultitude

     

    Chercher le courage dans les nœuds qui habitent mon ventre depuis tant de temps déjà que je ne peux plus dater le moment où tout a commencé. Je respire vingt fois calmement et ça ne marche pas, je suis toujours au même endroit, comme une gourde apeurée. Et les mêmes coups de fil sont à passer et les mêmes courriers à envoyer. Je perds mon temps et mon énergie à lutter contre moi, contre mes souhaits et mes instincts.

    Je fais des cauchemars, je ne sais pas toujours de quoi ils parlent mais je sens que mes rêves sont tristes, durs, lourds. Quand je me réveille, je suis souvent déboussolée, avec la sensation diffuse d'une tristesse ou d'une angoisse qui m'étreint pendant les premiers instants de ma journée. Je m'inquiète de perdre à terme mon point fort absolu : le sommeil.

    Il y a quelques jours, une des personnes que je suis a twitté "C'est bizarre cet état où tout va bien mais où tu ne vas pas." C'est un peu ça... Tout va bien : j'ai un boulot génial, des collègues fantastiques, des perspectives de carrière réjouissantes et aussi des amis extraordinaires de bonté et de beauté, une famille de coeur drolissime et attentionnée, une famille de sang quasi-rêvée tant elle est aimante et puis je peux m'offrir des vacances topesques, baver sur une paire de chaussures dispendieuse. Franchement, je pense qu'il y a très très peu de gens qui peuvent se targuer d'une vie aussi jolie.

    Pour autant, je ne parviens pas à trouver ma place à moi, mon chemin, mon souhait. Il y a trop de réconciliations ou de séparations à mettre en marche, tant de choses à poser, de renoncements à accepter.

    J'en veux par exemple à mon chef de m'avoir déçue et humiliée à ce point, j'en veux à cet homme que je croyais mon ami de m'avoir déçue et humiliée à ce point. Je suis surtout très en colère contre moi et cette habitude de placer tous mes espoirs dans chaque humain que j'aime parce que quand ça rate, j'ai tellement mal que je passe des semaines à me flageller.

    Alors au lieu de tout régler, je me retrouve dans des histoires rocambolesques avec des mecs dont je ne veux pas vraiment, je m'imagine des aventures délirantes avec des mecs qui ne veulent pas vraiment de moi, je fonctionne à la date limite pour absolument tout, je me décourage de situations qui me paraissent trop grandes, je me roule en boule dans mon lit en attendant que tout se règle par magie : je fais ma crise d'ado.
     
    Oh, je  vais réussir à avancer, je le sais, ce sont des événements importants mais pas mortels, c'est juste qu'il me faut ré-apprivoiser le fait que c'est aussi ça, être adulte, gérer les choses laides et pas intéressantes, ne plus toujours avoir de seconde chance quand on rate. Il faut que je fasse le deuil de la vie que je m'étais imaginée petite et que je découvre toutes les possibilités cachées de celle que j'ai réellement. Sous peu, je me connais, j'aurai réglé 2 ou 3 gros problèmes pendants et je vais retrouver mon optimisme et ma croyance déraisonnable en un monde lumineux et heureux.

    C'est trop compliqué de grandir. Parce que non, évidemment, je ne suis toujours pas grande... je tente... mais non.



  • Chicago

    Chicago.
    J'en gardais un souvenir ébloui. Été indien et vie chez des autochtones, ça avait forcément aidé. Au point que lorsque j'avais commencé à réfléchir à tout laisser tomber pour partir vivre seule, c'est Chicago qui m'aurait semblé l'idée la plus lumineuse. Du coup, j'oscillais entre la crainte de constater que j'avais totalement surinvesti mes souvenirs et l'excitation à l'idée de revoir et de découvrir mieux Chicago. Entre tout, je me demandais un peu à quoi allait ressembler nos retrouvailles.

    Elles furent bonnes.

    Le temps radieux du premier jour, l'orage somptueux du deuxième soir, la grisaille enveloppante du 3ème matin, la douceur des températures tous les jours : la météo était avec moi.

    Les revisites m'ont réjouie, que ce soit la vue des grandes tours géantes ou les requins de l'aquarium ou même la ballade nez au vent au milieu des rues familières. Les découvertes m'ont enchantées, comme Oak Park et Frank Lloyd Wright ou l'art museum et Georgia O'Keefe ou les gigantesques serres remplies de fleurs au nom magique.

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    Il y a à Chicago tout ce que mon amour profond pour les Etats-Unis espère. A la fois les clichés que peuvent offrir les séries ou les films, avec la démesure de la gastronomie et du lieu, les gens hyper enthousiastes d'un rien, les sportifs le long du lac quelle que soit l'heure, la mixité sociale et de couleur de peau, les immeubles qui grattent vraiment le ciel, les quartiers familiaux avec les parcs et les grosses voitures garées devant les maisons au gazon impeccable.
    Et puis il y a aussi tout ce que je n'attendais pas forcément mais dont je sais désormais que c'est typique aussi, dans une certaine mesure. Des petits resto délicieux loin des chaînes de burgers, le recul total des habitants face à l'image qu'ils renvoient dans le monde, un humour féroce et vraiment pas politiquement correct, la preuve d'une avancée technologique et économique certaine qui côtoie la maison rafistolée ou la voiture en lambeaux dont se contentent certains, cette amabilité extrême dont on n'arrive pas toujours à déterminer à quel point elle est teintée d'hypocrisie, cette identité locale cultivée coûte que coûte à côté du patriotisme général.

    Je me rends compte que de toute les villes américaines que j'ai rencontrées, Chicago est celle qui incarne ma vision de la métropole cliché.
    Et j'ai déjà envie d'y retourner.

  • hasards et signes du ciel

     

     

     

    Elle est rigolotte, la vie.

    Lundi, elle m'envoie un signal fort qui m'a dit : "ouais, t'es bien sympatoche de faire des efforts, de vouloir changer des trucs sauf que c'est par miettes, à pas de fourmi... alors tu restes quand même la rien du tout, la fille sur qui on négocie quand on a peur, celle dont on suppose qu'elle va prendre les choses à la cool."

    (ouais, la vie elle me parle souvent je dois dire)

    Elle est rigolotte, la vie, parce que quand elle m'envoie ce signe, je suis fière de mon avancée des derniers mois, je ne suis pas encore au top de la forme mais vraiment, j'ai un peu moins peur de demain. Alors, la petite blagounette, je la trouve moyen drôle. Alors j'ai pleuré, parce que j'avais très mal.

    Everybody cries and everybody hurts sometimes

    Heureusement pour moi, lundi, la vie, elle m'envoie aussi une extraordinaire preuve que si la trahison et l'humiliation existent, il y a toujours des êtres généreux et attentifs prêts à m'aider, à m'aimer. Elle m'explique : "tu vois, le côté cool à accepter de partager sa peine et sa douleur de temps en temps, c'est que tu t'aperçois qu'on reçoit toujours mille fois plus qu'on ne donne, même si c'est pas vrai de tout le monde."

    Take comfort in your friends.


    arbre.jpg

    Elle est rigolotte, la vie.

    Mardi, je commençais à désespérer un peu de jamais parvenir à cesser de remettre en question chaque avancée que je fais. Je commençais à me reprocher de toujours vouloir peindre la vie avec des Et si... et des Pourquoi pas ? et des rêves éveillés et de l'espoir tous les jours. Alors la vie, cette rigolotte, m'a suggéré d'ouvrir la boîte aux lettres alors que je le fais une fois par mois.

    When you're sure you've had enough of this life, well hang on

    Elle est rigolotte, la vie, parce que dedans, elle y avait mis la preuve que je pouvais m'accrocher à mon optimisme et à ma confiance dans le fait que demain (ou après-demain, faut parfois être un peu patient...) ne peut qu'aller mieux. Alors j'ai pleuré, parce que j'étais un peu rassurée.

    If you feel like you're alone, no, no, no, you are not alone

     

    Elle est rigolotte, la vie.

    Mais j'en peux plus des blagues, je crois.

    Ca mange toute mon énergie émotionnelle.

  • Petits mais costauds

    De la crème fouettée maison, accompagnée de fous rires, de promotion canapé et de gens bienveillants. L'improvisation d'un samedi soir parfait. Je sais pas si on a le droit de le dire si vite, si tôt, dans une relation mais je crois que je vous aime.

    Le vieux jeu sorti du placard. L'équipe de choc. On a parié et on a perdu, tout ça à cause du cri du poulet. Mais qui connait le cri du poulet ?

    Je danse sur la glace, dans la patinoire éclairée par les spotlights et emplie à la machine à fumée. Je patine sans me tenir à la rambarde, je découvre cette personne nouvelle et je souris très grand.

    Penser au kiwi et sourire. Irrépressible.

    Rouler à 240km/h, pas comme si j'étais poursuivie, pas comme si je voulais arriver la première à destination. Juste pour partir nulle part, en écoutant la musique très fort, dans le silence assourdissant de nos pensées divergentes.

    Björk, un sandwich à dix euros, l'hypnose du concert, du babillage sans conséquence. L'amour. C'est tout.

    Les parisiens, ces connards. La générale. Son sourire un peu rêveur, beaucoup ailleurs. Des petits gâteaux. Une chute par jour. Ses encouragements l'air de rien. Le silence, profond et limpide, pendant la remontée vers la prochaine piste.

    Sortir de chez le coiffeur, se trouver pas mieux et puis apprivoiser ce nouvel air. Et l'aimer.

    Les blagues que seules les copines de la fac peuvent comprendre, avec toujours cette alchimie quand on se voit, qui fait que je ressors reboostée pour des jours.


    Je n'ai strictement aucune idée du moment où je reprendrai le contrôle, peut-être jamais, probablement que c'est bien.

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