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Blog me tender - Page 8

  • la soirée funky

     

     

    Laisse moi te conter ma soirée magique, ma soirée remplie de paillettes et de glamour.

    Ce soir, vers 18h, je suis partie du boulot. Très tôt donc, dans mon esprit dérangé. Il est temps de fuir les lieux.

    Sur la route, je m'achète une soupe et des crêpes au jambon, j'ai 8 ans. En arrivant, je lance une machine, je range ma chambre (oui oui, je range ma chambre, comme une adolescente, parce qu'elle a l'air habitée par une ado) et je change les draps. Des draps trop petits vu que je ne me souviens jamais de la taille de mon matelas et que j'étire tant bien que mal sur un sommier qui vient de rendre l'âme, ça y est.

    Pendant que la soupe réchauffe, j'étends mon linge et prends une douche. Je suis en peignoir en train de regarder blubluter le dîner, il est 20:13 et dans 20 minutes environ, je serai dans mon lit, toute neuve dans mes draps neufs, à tenter de rattraper mon retard de séries. 

    La soirée funky.

    J'ai des cernes fuchsia sous les yeux, le dos tellement contracté que j'ai mal quelle que soit ma position et les larmes aux yeux d'épuisement nerveux. À la question "ça va toi?" j'ai même eu la folie de répondre que non, c'est dire si mes défenses sont basses.
    Dans le même temps, je n'ai pas été aussi en accord avec moi depuis si longtemps que j'ai oublié. J'ai des proches absolument extraordinaires de patience et d'amour, je suis ancrée dans maintenant et non plus hier, je me respecte désormais autant que je le faisais jusque-là pour les autres, même mes côtés infects me sont désormais supportables.
    J'écoute mon rythme et pas uniquement celui des conventions sociales que je m'imposais. Certains jours, je me trouve même limite belle gosse.

    J'ai bien fait de ne pas lâcher et de prendre votre confiance pour avancer. J'aime bien ce que je suis devenue, ce que j'ai fait de moi.

    Comme ce soir, tortue cernée échouée sous sa couette en compagnie d'une tisane et d'une boîte de kleenex parce qu'elle va probablement pleurer devant Glee, pendant la soirée funky.


  • On avance

    Disney Channel et BFFTLEWY.

    Marcher dans la rue vide, qui résonne et raisonne de tout ce calme, sous le toit de lumières éphémère. Parler comme d'habitude de choses très profondes, l'air de rien, alors que la dernière fois remonte à un an.

    Rouge. Comme mon vernis, mes lunettes, mon rouge à lèvres.

    Mon neveu nouveau a dix petits jours, il est joli comme un poupon, il sent bon et il râle à peine. Et je l'ai serré dans mes bras pendant toute une soirée, son corps doux et léger abandonné dans le sommeil.

    Sourire. Juste parce que ça aide à voir les choses plus jolies.

    Elle. Qui n'a pas de surnom, je n'y parviens pas. Qui me secoue aussi fort qu'elle le peut chaque fois que je chouine. Qui est heureuse pour moi et triste avec moi. Et qui me donne les clefs de la sérénité dans le chaos.

    Le train, la neige, l'inattendu.

    M'autoriser à me moquer ouvertement, le laisser m'inviter parce que ça compte plus pour lui que pour moi, retrouver nos vieux automatismes, découvrir de nouvelles choses, savoir désormais avec certitude qu'il sera toujours là.

    72 idéogrammes.

    Je perds le contrôle et refuse de prendre les décisions que je pourrais prendre, je regarde, j'attends. Je ne lance plus de lignes ni de bouées. Je ne sauve plus, je n'interviens plus. Je vais laisser faire et voir venir. C'est très nouveau, un peu inquiétant. Il y aura sûrement des ratages. Mais peut-être qu'elle est là, la solution pour me trouver, pour une fois.


    Je vais bien.

     

    rue.jpg

     

  • Foot et premières amours

     

    Moi, quand j'étais adolescente, j'étais très amoureuse d'un garçon qui était fan du PSG. 
    Le foot, franchement, c'était pas ma passion. Et le PSG, quand tu vis à Toulouse, c'est pas précisément l'équipe dont tu te préoccupes le plus.

    Mais voila, je voulais pouvoir partager des trucs avec lui tous les lundis. Et il n'aimait pas tellement lire. Ni le basket.
    Ni Vanessa Paradis.
     
    Lui, il aimait le foot. Et puis c'est tout.
     
    Alors je me suis mise à suivre les résultats tous les dimanche soir. Pour pouvoir lui parler façon je m'y connais, je suis trop une fille géniale qui t'empêchera jamais jamais jamais de regarder du foot à la télé. Oui, quand on a 16 ans on est plein de jamais et de toujours, bien sûr qu'on allait se marier un jour !
     
    Mon père a compris, je crois. Parce que contrairement aux autres années, je ne me joignais pas au choeur des protestations avec ma mère et mes soeurs pour lui interdire de regarder le foot. Voire même, je restais devant la télé, mine de rien, en faisant semblant de lire un roman.
     
    Evidemment, on ne s'est pas marié. Et puis j'en ai rencontré un autre amoureux. Lui, il détestait le foot. Alors on ne regardait quasi aucun match. Parfois des morceaux de rencontres importantes. Comme cette finale France/Italie qui s'est finie aux tirs aux buts et lors de laquelle on espérait un résultat opposé.

    Aujourd'hui, j'ai gardé de mes années lycée une connaissance certaine des règles du jeu (corner, hors jeu et touche sont des termes que je maîtrise) et aussi l'habitude de suivre le classement de Ligue 1 et les résultats des grosses affiches européennes. Je suis certains macths à l'aveugle, grâce aux live tweets de ZeFML que je suis depuis un moment et qui a toujours des réflexions drôlissimes et qui est supportrice du PSG justement.

    En revanche, je regarde très peu. Je trouve que c'est trop long, qu'il n'y a pas assez de réalisations. La plupart du temps, ça finit avec un but, allez 2 maximum... et deux ou trois bagarres entre les joueurs pour des fautes simulées.

    Je squatte devant le foot uniquement si je suis avec des gens qui sont passionnés, parce que j'adore vivre leurs émotions. Comme cette Coupe de France Paris-Lille avec le Berger, magistral en maillot du LOSC. Ou la victoire de Madrid à Barcelone en avril dernier en compagnie de Twin-qui n'a pas complètement osé laisser libre cours à son énervement, je crois.

    Chaque fois, je choisis une équipe et je la soutiens jusqu'au coup de sifflet final. Mon choix est dicté la plupart du temps par des raisons non sportives. Peu importe, j'ai besoin de préférer un des adversaires pour justifier ma mauvaise foi et pouvoir râler, exulter ou soupirer à fendre l'âme devant les errements des joueurs ou de l'arbitre.

    Aujourd'hui, le foot me sert parfois socialement, pour discuter d'autre chose que de boulot dans la salle de pause. Je détourne mine de rien l'attention en demandant innocemment "alors, il en où le PSG en ce moment ?..." Et je suis sauvée.

     Il me sert aussi pour me marrer avec mon protégé après une heure de soustractions. On discute du prochain match de Madrid ou du PSG et il me répond façon pro en parlant de ses joueurs préférés. Il se prend pour un sélectionneur expliquant à cette nulle de baci les secrets de la stratégie du foot et ça nous fait beaucoup rire.

  • La disparition des papillons



     

    Un jour, dans une ambiance solennelle et grave, les scientifiques ont rendu le verdict que tout le monde craignait : les papillons étaient définitivement introuvables. On n'en avait plus vu depuis suffisamment longtemps maintenant pour que l'on puisse lister l'espèce au tableau des disparus. C'était fini.
    Pas de tour de magie ni de cataclysme inexplicable mais le résultat d'un essoufflement progressif, d'un épuisement face à la diminution des ressources.

    Les premières observations dataient. À l'époque, plusieurs chercheurs avaient écrit des articles et des mémoires pour alerter l'opinion publique : les papillons s'affaiblissaient. Si on en trouvait encore, certains d'entre eux étaient de plus en plus difficiles à apercevoir et on craignait que certains autres n'eussent même déjà disparu.

     

    Pour autant, les entomologistes n'avaient alors pas perdu espoir. On pouvait encore constater que toutes les catégories d'éphémères restaient observables. Elles étaient étudiées de très près. On fondait tant d'espoir sur eux : ils étaient peut-être la clef pour retrouver la trace de certains papillons. Avec le temps et le travail nécessaire, des croisements restaient possibles. La créations de nouvelles espèces était parfois l'étape-clef de l'évolution des insectes. Pourquoi ne pas croire que les papillons restants, éphémères ou non, suffiraient pour redonner du souffle à l'ensemble du groupe ? Des tentatives isolées pour requinquer les papillons encore en vie ont été tentées. En vain. Les jolies couleurs, les incitations répétées, les changements d'habitat, un peu d'énergie semblait semblait revenir mais la vie s'étiolait à nouveau quelques temps plus tard. Comme inexorablement. La piste des éphémères n'était pas la bonne, il fallait continuer à s'appuyer sur les constatations de papillons, même si elles se faisaient de plus en plus rares.

    Un jour enfin, il n'était plus resté pour mener les recherches et se souvenir des papillons que les témoignages répertoriés dans de vieux livres aux pages adoucies par le frottement des doigts, des documentaires archivés et les spécimens exposés sous vitrine dans les musées d'histoire naturelle. Les chercheurs étaient formels, plus trace de vie. Pour autant, on ne voulait pas abandonner. Le monde scientifique mais aussi le grand public, personne ne voulait se résigner.
    Parfois, au gré de découvertes archéologiques, on tentait le pari fou de mettre en présence l'essence de plusieurs vieux papillons, on insufflait la vie dans des chrysalides momifiées mais leurs ailes restaient désespérément inertes. Les couleurs figées par des épingles fines ne fanaient pas, le souvenir pouvait rester très vif. Mais les natures mortes ne supportaient pas la comparaison.


    Les nouvelles générations arrivèrent, qui n'avaient jamais vu de papillon autrement que sur des images ou par les histoires contées par les plus anciens. Mais comment leur expliquer vraiment ? Comment leur dire ?

    Un jour de conférence de presse, alors que tout le monde s'apprêtait à écouter d'un air morne les non-avancées en la matière, on annonça que le doute n'était plus permis : depuis plusieurs semaines et avec certitude, on pouvait l'affirmer, des papillons avaient été repérés. Génération spontanée ? Très longue incubation de larves cachées sous l'écorce ? Micro-climat et micro-espèce ? Personne ne comprenait, personne ne savait mais les faits étaient là. Les papillons étaient de retour.

    Rarement une conférence de presse avait été aussi passionnée. Les questions croulaient, les scientifiques étaient dépassés. Car malgré tout, malgré l'émerveillement, la surprise et l'enthousiasme, les chercheurs restaient aussi ignorants qu'avant. Malgré tout, ils ne savaient pas expliquer et encore moins dire si ces papillons étaient les premiers d'une longue série, ou une apparition fugace. Alors, dans l'attente des résultats des examens, le plus simple était probablement de profiter de cette occasion, de partager la découverte. Au cas où.

     

    Papillons...