mardi, 30 octobre 2012

2011 ce fut...

 

Ah long
Alpe d'huez
Ba Be
Banyuls
Bintan
Budapest
Cai Be
Combourg
Hanoi
Ho chi min ville
Hoi han
Hue
Le Tremblay
Lille
Londres
My Tho
Nice
Ninh Binh
Sadec
Salerno
Singapour
Toulouse

Boyzone
Fyfe Dangerfield
Cake
The Guillemots
Moby
Daniel Darc

L'asticot de Shakespeare
La dernière heure
Les 39 marches
Masques et nez

Au bonheur des ogres. 67 ans plus tard, je découvre enfin Pennac.
Him Her Him Again the End of Him, les livres qui te font rigoler à haute voix, c'est pas si fréquent !
La Pierre et le sabre, oublié dans le taxi en rentrant du Vietnam, grosse frustration de ne l'avoir pas terminé... Il faudrait que je le retrouve.
 
2011 fut celle des larmes. Parce que je n'ai pas su faire autrement quand je me suis trouvée au pied du mur monumental que représentait mon nouveau travail. La pression que je me suis mise toute seule et puis celle induite par les missions et les attentes de mes responsables et de mes collègues devait sortir. Les larmes furent cette soupape.
Celles de mon père en sanglots au téléphone m'annonçant l'hospitalisation de sa maman.
Des larmes de joie aussi, beaucoup. Souvent contenues mais quand même au coin des yeux.

2011 fut aussi celle de la respiration profonde et sereine de celle qui ne renonce pas mais accepte qu'elle ne sait pas dire non, ou du moins pas toujours de façon intelligible pour ses interlocuteurs. On va continuer à me marcher dessus, je vais en réponse souvent râler mais faire. Et puis parfois, tant pis, je claquerai la porte, fort ou non, mais pour toujours. Les signaux avant-coureurs auront souvent été imperceptibles, c'est égal.
Je vous écoute. Tous. Même à mon corps défendant parfois.
Je veux désormais de la réciprocité. Y compris, et c'est un paradoxe que j'assume, quand je refuse de parler.

En 2011, j'ai posé le pied en Asie pour la première fois et j'ai pris conscience de ma force parfois et de mon adaptabilité toujours.
J'ai peur souvent mais j'essaie encore plus souvent.

En 2011, il y eut aussi une demande de témoignage, un pied hésitant puis ravi dans les rizières, The twin, aller voir Donna chez elle, presque aux antipodes, l'approfondissement de mon histoire avec poussin,  l'évolution professionnelle fulgurante, les premières vacances idylliques avec "mon épouse" et ses enfants, la rencontre IRL avec tic & tac que j'ai aimés instantanément et qui m'emmènent toujours bien loin de moi.

En 2011 il y a eu Evie.

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13:34 Publié dans Intibacy | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 21 octobre 2012

Fables

 
Fables.png
 
Pour une fille comme moi qui collectionne les livres de contes (enfin, collectionnais plutôt vu la place que ça prend) tomber sur un livre qui s'appelle Fables, c'est quasi irrésistible. Quand en plus tu t'aperçois que ça mélange Blanche-Neige, la Bête, Barbe-Bleue...

J'ai acheté direct 4 tomes. Il fallait que je sache de quoi il allait retourner.

Fables est donc une BD de Bill Willingham et James Jean.

Plantons le décor : À New-York de nos jours, certains des héros de nos contes de fées vivent parmi les humains. Ils ont un gouvernement et un mode fonctionnement parallèle à celui des humains mais doivent tous être capables de s'insérer dans la société dans laquelle ils vivent désormais.
Blanche-Neige est l'assistante personnelle de leur dirigeant. Elle et le prince charmant ont fini par divorcer.

Tout commence lorsque Jack (sans son haricot magique) déboule dans le bureau de blanche-neige : sa sœur Rose-Rouge a disparu et son appartement a été mis à sac. L'enquête, menée par le grand méchant loup, commence alors.

Ce livre est tout simplement magique : dès les premières cases j'ai voulu en savoir plus. Plus sur les personnages, plus sur l'enquête, plus sur les raisons de leur présence à New-York. De nombreuses informations sont données et d'autres complètement éludées. Les personnages et leur mode de fonctionnement sont vraiment travaillés, on a l'impression que, comme pour des grandes sagas, l'auteur a déjà imaginé des milliards de détails qu'il ne nous livre pas mais qui donnent de la profondeur aux situations.

Et chacun des pans est réellement traité : quel personnage devient quoi dans la vie de humains, quelles relations sont les leurs ? Pourquoi des personnages de contes de fée doivent-ils se réfugier à New-York alors qu'ils étaient censés vivre heureux, s'être mariés et avoir beaucoup d'enfants ? Mais bon sang de bois, qu'est-il arrivé à Rose-Rouge ?

fables jack.jpg

La façon dont c'est mis en image, aussi, est vraiment chouette. Sur certaines pages on se retrouve avec une seule case qui fourmille de détails, sur d'autres chaque case apporte du ressort au déroulement de l'enquête. Il y a aussi cette façon de colorer différemment les souvenirs, les descriptions de l'autre monde et le moment présent, ce qui permet de toujours garder le fil.

J'ai enchaîné les tomes qui forment la première histoire en un dimanche matin, pas possible de me lever tant que je ne savais pas la suite. C'est typiquement le style de lecture jouissive d'un aprèm automnal de glandouille. On n'a pas eu le temps de déprimer sur le temps, trop occupé à découvrir et on est tellement content d'avoir lu un tel bijou...

 

22:14 Publié dans Ba lit | Lien permanent | Commentaires (3)

jeudi, 11 octobre 2012

#blissfulness


Even in the quietest moments par Airun16

 

"Tu as fait quoi, aujourd'hui ?" question devenue rituel, posée 8 fois avec le même air d'avoir envie de savoir.

Quitter le boulot après tout le monde, quand la nuit est tombée. Chantonner dans les couloirs en partant et papoter un moment avec monsieur aspirateur qui commence, lui. Sortir de l'immeuble et s'émerveiller de la beauté du site dans la nuit, peu éclairé, rassurant comme un paquebot et mystérieux comme un nouveau voyage.

Des sms qui parlent de chatoyance, de "autant que faire se peut" et de plante verte.

La marmelade rhubarbe/aubergine. Il y a des dîners qui tombent sous le sens : on parle, on sourit, on se raconte. On s'émerveille de ce qu'il y a dans son assiette, de cette découverte fabuleuse des magies culinaires qui peuvent sortir de la casserole des cuisiniers passionnés.

Rentrer dans mon jean pour homme parce qu'il se ferme avec des boutons.

Tu es là, tu fais un détour pour marcher plus longtemps avant d'arriver au boulot, et aussi parce que tu veux chanter un peu sans croiser les collègues. Il pleut et c'est chouette même si j'ai les pieds tout mouillés. J'adore l'odeur de la pluie sur les feuilles d'automne. Et soudain, une chanson commence ; de ces titres que j'entends très rarement et que j'aime sans en connaître le titre ou l'interprête : "ooooh, mais j'ai cette chanson dans mon iPod ?"

Tu les avais un peu perdus début 2012 et voilà que les coloc sont de retour force 8.

Le plancher vernis parce que le plaid rouge tient bien trop chaud, écouter des trucs qu'on n'aurait pas choisi soi-même, tourner des pages qu'on n'aurait pas imaginé trouver passionnantes, recevoir la souris sur la tête. S'apercevoir qu'on a cessé de se parler pour de vrai depuis un moment, juste une sorte de dialogue intermittent. Pas comme l'addition de deux solitudes, comme l'association de deux autonomies.

Je sais fabriquer 84 en chinois. Et le dire aussi. Et l'écrire en pīn yīn. Et en idéogramme.

Il y a 19 mots gentils sur moi écrits sur une feuille, tapie dans un coin de mon bureau en désordre. Un doudou au cas où. Des mots gratuits, écrits pour moi par pure bienveillance par 19 personnes dont j'ignorais tout la semaine dernière et avec qui je vais partager l'année à venir.

Me sentir vivante de nouveau. Même si ça fait drôlement mal, si vous saviez...

 

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jeudi, 04 octobre 2012

(ré)formation

Ce moment où tu expliques au chef de projet et à son chef la même chose pour la 290eme fois en 18 mois.

Ce moment où tu te rends compte qu'en fait, ils sont presque en train de découvrir la question.

Ce moment où tu te dis que c'est con, la pédagogie, la seule chose que tu pensais maîtriser au boulot ben en fait, non...

Ce moment où tu te retiens tout juste de sangloter.

Ce moment où tu te dis que c'est pas des vacances qu'il te faut, c'est démissionner.

Ce moment où tu tentes de rationaliser, vu que tu sais que le chef a une grosse présentation l'aprem-midi, tu supposes que tu sers d'exutoire.

Ce moment où on te reproche de prendre les choses trop à cœur et où t'oses pas répondre que c'est inversement proportionnel à son propre investissement professionnel.

Ce moment où tu pars te réfugier dans ton bureau.

Ce moment où tu te dis que c'est pas eux, c'est toi et juste toi.

Ce moment où tu aimerais que les gens respectent ce que tu es au lieu d'utiliser chacune des failles qu'ils parviennent à mettre au jour malgré tes efforts constants de contrôle de soi.

Ce moment où tu te sens désarmée et incapable de penser à un moyen de changer cette situation.


Ce moment, c'était il y a quelques semaines.
À l'époque, je savais très bien que le moyen de changer va m'être donné très bientôt. Je pars en formation et parmi les outils qui vont m'être donnés, il y aura ceux du discours, de la négociation et de la gestion des divers profils communicants.
En gros, bientôt, je saurai comment -en fonction de ce que je suis- manipuler un émotif, un rationnel, un autoritaire... Par extension, je saurai aussi comment me protéger de ces gens si je parviens à les profiler.

Paradoxe.

Certains cherchent à montrer au monde et aux leurs qu'ils sont capables de se prendre charge, seuls. Ils sont prêts pour ça à faire des milliers de kilomètres et à changer complètement leurs perspectives de vie sociale et professionnelle. D'autres ont toujours été l'exemple donné pour montrer comment être autonome et responsable alors ils aimeraient apprendre à ne plus être dans la gestion perpétuelle, le raisonnable... lâcher prise un peu, quitte à se faire prendre en charge pour les détails les plus inutiles du quotidien.

Alors que depuis quelques mois j'essaie de montrer ce que je suis et ce que je ressens (enfin, toutes proportions gardées) et de laisser la place aux autres, on va me donner les outils pour contrôler le tout encore mieux.

Paradoxe.